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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 1, 2012 03:43
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Soleil cousu d'eau limpide. Le petit parfum des tempes laisse le cœur en alerte. Et la maison cache la chaleur du jour bleu qui succombe. En ce jour bleu qui meurt, les paupières sont si fines qu'un doigt d'enfant les brise. L'aveugle étau du sang serre la morte hébétude.
Le père plie la jambe, et cloue. Le mur humide près du lit. Garçons avaleurs de jurons. Vif délit des empoignades. Le bus bleu des familles n'amasse que poussière et pitié. Le petit enfant malade, la mère le touche et le nourrit. Rêve - t - il de girafe ou de course? Et, dans l'usine, la machine tranche la main d'un ouvrier qui rêve.
Jacques IZOARD
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Epsilon 
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Date du message :
juin 13, 2008 08:32
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Christian POSLANIEC
LES MOTS DU CATALOGUE TRIBAL SONT LES AIGUILLAGES AVEUGLANTS DES DÉSIRS
Vêtue de plumetis, d'un zeste de citron, Elle dit : « Tu m'obnibules.,. de savon... » à voix si légère qu'il s'envola par la lumière.
Tu mas tissé le cœur en bleu en trame de femme câline Depuis s'ébattent en moi, Moites, deux gros émois et des mouettes dodues qui s'entrebattent déchaînées dedans la trame écrue que tu m'as tissé nue
Elle avait dans ses yeux deux frelons endormis Mes doux baisers marchaient sur la pointe des rêves
Peur de les éveiller Crainte d'être piqué Un peu plus que folie
Ne mangeait que du miel et des monceaux de fruits Moi je me gavais d'elle me gourmandait, très tendre, en m'offrant son regard : deux frelons endormis câlinant mes envies. Dérives du regard en quête de promesses. Il neige Je me glisse sans bruits sur tes chemins d'été : ça chante à chaque pas mais des frissons aussi. Ne pas oublier l'avocat qui de ses feuilles me surveille...
....
11 NOVEMBRE Dis donc, l'arbre sans nom Pas la peine de t'hausser la cime Ni de te monter trop le tronc En m'regardant ramper au pied De ton vieux sourire d'ajoncs.
Ben quoi c'est le printemps Et moi je m'enracine Dans les premiers frissons Qui courent sur les collines De bruyère et de vent
Dis donc, l'arbre sans nom, T'as vu un peu ta frime Parsemée de bourgeons I On dirait qu't'as la printanniole, Et quand ça fera éruption Moi, je te le dis, vieille écorce, Plein de gendarmes grimaçants En sortiront en ricanant.
Ah ces arbres précoces Qui ne respectent pas Les vieux enracinés Et qui se figurent inventer Des bourgeonn'ments de liberté.
Christian POSLANIEC
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juin 13, 2008 09:52
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AVEC LECOIN
Voilà que les poissons grimpent aux arbres, à présent ?
Voilà que les oiseaux se cachent sous la terre ?
Voilà que la tortue se gourre et va crever loin de la mer ?
Dites, ça ne vous fait pas chier, ce monde-à-chien ?
Tout le monde fout le camp: Marilyn Monroe dans la mort, le puma dans les marais salants, le capitaine Nemo dans Vénus.
Nous, on reste. Avec Lecoin. Crosse en l'air. Comme les fougères.
Parce que, ce monde-là, c'est le seul, et qu'on y tient.
Même si Marilyn pue de la bouche au réveil.
Même si l'on peut manger des cailles en gémissant sur un pigeon blessé,
Même s'il y a de la balle dum-dum dans le référendum.
Ce sale vieux con de monde bien-aimé, on le sauvera malgré lui, vous verrez !
On remettra les poissons dans l'eau, les oiseaux dans les arbres, la tortue dans le bon sens...
Enfin, j'y crois.
(1962)
Jean Rousselot
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juin 13, 2008 13:52
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bob dylan
ces deux jeunes dans l'impasse en face de chez moi ils passent Bob Dylan jour et nuit sur leur stéréo
ils montent le son de leur stéréo au maximum et c'est une très bonne stéréo
tout le voisinage entend Bob Dylan gratuitement
et c’est moi qui l’entends le plus gratuitement de tous parce que j'habite dans l’impasse juste en face de chez eux
j'entends Dylan quand je chie j'entends Dylan quand je baise et même quand j’essaie de m’endormir
quelquefois je les vois dehors sur le trottoir très jeunes bien soignés quand ils sortent pour aller s’acheter de la bouffe et du papier hygiénique
ils forment un des couples les plus charmants du voisinage.
Charles Bukowski.1978
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juin 14, 2008 11:29
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à Francis Bacchelli
Je n’ai personne à qui dire que le ciel est bleu
la concierge est malade le vendeur de journeaux triste
A 7h30 je me mets en route sur les bas-côté
Marylin Monroe aurait fait étape à Dieulefit, mais ce n’est pas sûr
Toujours des histoires se racontent
Je n’ai personne à qui dire que le ciel est bleu que le temps je l’oublie sans ne jamais savoir que faire pour que cesse la nuit
En des rues que j’invente je roule si lentement que je roule pour rien
Je n’ai personne à qui dire que le ciel est bleu aucune femme ne m’attend aucune étoile ne me fait signe même si je roule jusqu’à la porte du ciel où sur une plaque de cuivre bien astiquée s’affiche le nom de Dieu
PAUL MARI
***
à Edmée Morand
La vie, c’est des platanes des filles sur des chaises et la sempiternelle attente de la noce
La vie, c’est de ne rien avoir à dire d’essentiel et tout ce temps perdu à regarder la lune en redoutant ce temps noir qui, en nous, est de garde
La vie, c’est la chanson que murmure la brise lorsque le vent se tait une ville du soir au lendemain ce seul brin d’herbe qui suffit à définir l’été
La vie, c’est des oiseaux qui se posent Comme des oiseaux sur la branche la naissance des fleurs
Les enfants qui annonent l’alphabet des pierres et des dieux
La vie, c’est le mystère qui veille sur tout ce qui se tait et chaque jour la création du monde
RAUL MARI
***
à Françoise Delignères
Les soirs d’envie de rien de chaises et de bâtons rompus
Les soirs de vent, soupe de poissons et verveine
Les soirs de carreaux cassés
Les soirs où l’on s’en revient pas à pas où tout lentement s’écoule les soirs où la vie devient triste
Les soirs des boulevards du rire et de l’insulte Les soirs où les lumières du bal éclairent en nous un lupanar au rabais
Les soirs d’accordéon pour faire danser Margot à l’autre bout de cette terre idiote
PAUL MARI
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 14, 2008 14:20
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. JEAN BOUHIER. né en 1912
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L'HORLOGE DU COEUR
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Quand chaque jour un mot
est le début d'une légende
si un sourire anéantit le temps
tout tourne dans le ciel
les oiseaux les nuages les étoiles
c'est la fête joyeuse de l'espoir
l'envol vers l'avenir des rêves
que scande l'horloge du coeur .
.
.
L'ENSORCELANT VISAGE
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Pas de mystère
dans les silences du coeur
Un seul être peut les comprendre
tandis que de tourbillon en tourbillon
la mer balise un itinéraire
qu'une sterne empruntera
pour tracer sur un nuage
l'ensorcelant visage .
.
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LE DOUBLE INVENTÉ
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Avancer pas à pas mains tendues
bras ouverts pour l'accueil
les yeux fixés sur le mirage
et les scintillements d'une vision
surgie de la mer
Répondre au regard
d'un double inventé
pour oublier la solitude .
.
LES LARMES DU CIEL
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Faut-il refuser le silence
pour mieux dompter la solitude ?
Les mots d'amour n'ont plus d'échos
Les goélands n'apportent plus de messages
Les nuages ont confisqué le soleil
Les larmes du ciel trouvent passage
sans choisir entre peine et bonheur
Tristes sont les jours d'attente et d'angoisse .
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LES YEUX FERMÉS
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Fermer les yeux pour mieux voir
les mirages venus du coeur
ces messages clandestins qui répondent aux rêves
Fermer les yeux et voir une femme
belle, élégante, élancée telle une liane
à l'assaut des sommets de la Poésie
Écouter les oiseaux dire aux fleurs
les secrets d'un Amour.
..
L'ANONYME SPECTATEUR
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Pouvoir s'identifier au monde
et se croire un oiseau
ou un insecte porteur de pollen
allant féconder quelque fleur
que le printemps a fait surgir
Voir sans être vu
et devenir le témoin
ou l'anonyme spectateur de soi-même.
.
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PROPOS CAPTIEUX
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Parfois la vérité devient mensonge
quand dans la nuit
les mots sont invisibles
Alors les gestes n'ont plus d'ombre
et la parole trahit le regard
Les rêves ont double face
La perfidie se pare d'innocence
et le Poète se prend pour un ange.
.
LE PRISME.
°°°°°°°°°°°°°°°
Le prisme qui tronçonne la lumière
et jette sur les murs
des profils enluminés
a le pouvoir de recréer
l'image imaginée d'un monde
.
Alors on tente en tâtonnant
de trouver un passage
dans les coulisses d'un théâtre
où des acteurs aphones
gesticulent.
.
.
LA MORSURE DU MÉTAL
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le métal entame la pierre
avec le cri du stercoraire
pendu entre deux bourrasques
aux guipures des nuages
De bulles éclatées
la métamorphose de l'eau
illustre les ratures
de copistes hérétiques.
.
L'ENIGME.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le nom tu
mais pensé à longueur de temps
jamais dit
mais toujours perçu
dans le silence des secrets
Images superposées
quand le regard s'égare
à déchiffrer l'énigme
d'une nature vernale
L'espoir niche dans l'avenir.
..
Extraits de DU HAUT DES CIMES (Edit.Assoc.Clapas )
.
Ces poèmes ont pu être reproduits grâce à l'aimable autorisation conjointe des
Editions Associatives Clapas et de l'auteur . MERCI A EUX!
.
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*Ce message a été édité le Jun 14, 2008 2:42 PM par Epsilon*
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 18, 2008 14:21
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Bernard JOURDAN
Le moissonneur ronge un pain noir...
Le moissonneur ronge un pain noir le cordonnier marche nu-pieds l'orfèvre mange aux écuelles et vous allez dans les savanes quérir de case en case une idole à main noire pour redonner un coup de pouce au moulin épuisé qui ne sait plus tourner ah! mieux vaudrait changer d'étoile et semer dans les glèbes du ciel les coquelicots meurtris par nos lèvres.
Midi à mes portes, Éd. Seghers.
.....
Bernard JOURDAN
La nuit je marche dans moi-même...
La nuit je marche dans moi-même comme un sablier je me retourne et je suis nu comme du sel
Pour la pépite à couronner ma tête pour le rubis de mon sang maladroit je passe au crible un sable inépuisable et l'ange aux yeux chagrins qui me regarde croise les mains sur sa poitrine et ne prie pas.
Midi à mes portes, Éd. Seghers.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 18, 2008 15:07
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BALATILA BLUES (extrait) Ce siècle est si lent, si lent, si lent, please, Un chant, Monsieur Coeur, On a ri sur vous, mais la nuit est pire, Un chant malgré l'heure, Aurore en direct, vent, forêts, fenêtres, Et foule en fraîcheur, Multiplex géant du ça va sur terre, Futur à l'honneur, Coeur, si c'est mentir, mens que tout demeure Aussi vrai qu'on meurt, Vrai que dans cette ombre une voix qui brûle, C'est même un bonheur, Ce siècle est si lent, Big Monsieur Coeur, please ! .......
HLM BLUES (extrait) C'était un soir de brume, un soir fantôme, et face à moi, Seul au bout du parking, je cherchais des yeux cet immeuble, Et face à moi en un instant se dresse à travers l'ombre Un grand rectangle à carreaux partout bleu pâle et rouge ocre, Un quadrillage étrange en vain tendu droit sur le vide, Tenant en vain lieu de beauté. C'était au même instant, C'était en moi la toujours là, c'était, éclatant toute, Infini gouffre où tout ce qui est vu devient vision, Devient présence à reconnaître et formuler sous peine De folie ou de mort, tout-puissamment c'était l'angoisse, Il me fallait, sur ce damier vertical, face à moi, Sur cette image, et vite, il me fallait mettre des mots, Parler, c'est tout, parler n'importe, il me fallait d'urgence Exorciser la solitude en moi épouvantée, Tout n'est-il pas toujours signe pour nous, jamais vers nous ? Et c'est aussi au même instant, là-haut, qu'une fenêtre En grand s'est ouverte, a surgi une ombre aux cheveux clairs, En robe orange, et la voilà qui tousse et tousse et puis Qui tend les bras : plus rien, délire, effroi, en moi plus rien, Plus rien soudain de cet immense avortement d'extase, Tout n'était plus en moi que paix soudaine et que silence, Et sous mes yeux, bloc droit dans l'ombre, étage après étage, Intérieurs éclairés, stores baissés un peu partout, On y mange, on y bouge, on y vit, beauté toute humaine, Oui, cet immeuble que je cherche, il est là, face à moi. Et c'est ainsi pour toi que je l'écrirai, ce poème, Pour toi en robe orange, aux cheveux clairs, soudain surgie Presque tout en haut de ton H L M, toi te penchant A ta fenêtre ouverte et toussant fort, les bras tendus, Toi plus que simplement qui m'as sauvé de ma panique, Un soir de brume, un soir fantôme, en battant tes pantoufles. MAURICE REGNAUT.LBLBL( Extraits) (1928-2006)
http://www.maurice-regnaut.com
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Tinourson- 
Canada
Messages : 1121
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Date du message :
juin 24, 2008 10:19
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IL EST UNE FORET
Il est une forêt où les feuilles des arbres Sont des bouches Parlant au promeneur Disant leur histoire de cendres Où les troncs gris sont des corps de mères Et les branches, leurs enfants Ou le vent, tourbillonnant, Entraîne les feuilles, eu une folle danse Où la joie manque Il est une forêt où mon âme peine Et se perd Pour la raison, nul repère Où les ronces, aux épines cruelles, Accrochent le vêtement de mon cœur Où mes pas s’alourdissent Où le soleil jamais ne brille Où le silence se glace Et nul oiseau de roucouler Nulle silhouette amie pour m’accompagner Et la forêt de frissonner Six millions de feuilles grelottant sous le vent méchant
Ilan Braun
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juin 24, 2008 11:06
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Tinourson, dis-moi si je me trompe : c'est bien extrait du recueil "Labyrinthes. De la Terre au Ciel. Poèmes évoquant la déportation. Il y en a d'autres fort beaux. Aurait mérité un post spécial.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 24, 2008 13:10
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Le beau destin de Max *****rell
S’assemble seul de nuit secret
Marine nuit fétide étroite et sombre close
Au plus épais de ses murailles
Les communiants insomniaques déambulent
Voici tombée.
L’élastique nuit pénitentiaire
L’opulence des sphères d’ombre
Molles rebondissant les rebonds mous
D’ombre massive et la silhouette
Pierre et brume amalgamées
Se heurte au détour d’angles brusques
À d’étranges cubes de ténèbres
*****rell en nuit antidatée
D’autant moins disposée à finir
Qu’elle n’a jamais commencé
Ou serait-ce que la mémoire du couchant
L’aurait fui le maudissant?
*****rell marche d’humeur sacricide
Christian MISTRAL .Fatalis.(Poète québecois)
*Ce message a été édité le Jun 24, 2008 1:15 PM par Epsilon*
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 24, 2008 14:36
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DEVANT SA MEMOIRE (Extraits)
Une femme debout devant sa mémoire debout devant sa mélancolie.
Près d'elle tout près d'elle une forme rectangulaire avec du vide à l'intérieur
Quelques mètres carrés de silence et d'écho forme sournoise qui s'alourdit sous son regard.
C'est l'avenir l'avenir, dit-elle l'avenir
Aiguisée par la nuit par tout ce temps devant par tout ce temps derrière cette multitude de chants humains
Rassemblés là à bout de souffle rassemblés là dans les replis du rectangle rassemblés là.
Or, les continents défilent de plus en plus ordonnés de plus en plus durs, ils passent. Or, l'avenir s'arrête là où son oeil tombe.
Denise Desautels dans "Tout l'espoir n'est pas de trop, Cent un poèmes, Douze voix francophones", textes choisis et présentés par Bernard Ascal, éditions Le Temps des Cerises, page 53/54. Denise Desautels est née à Montréal en 1945. Depuis 1975, elle a publié une trentaine d'ouvrages poétiques et de livres d'artiste, tant au Québec qu'à l'étranger, et un récit.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 25, 2008 03:54
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Avec une rose au fond de la tête, quelle obscure façon de mort. Un parfum de sang flotte sur la chemise froide, la bouche remplie d’air, la mémoire faisant écho aux voix de maintenant. Assis là, le voici briller de tant de molécules vivantes, de tant d’hydrogène, de tant de soie qui s’affaisse des épaules. Il touche où point la rose. Un enfant luciférien. Sa mère fermait,ouvrait alentour un torrent d’atomes sur son visage. Ce qui l’étrangle des poumons à la gorge c’est la rose innée. Il porte un bras à son dos,tout en sueur, rayonnant à travers le sommeil. Brûlé où on le touche. Il parlerait fort si son poids l’enfonçait à hauteur de voix. Il voyait la matière radieuse dont le monde est fait. La langue douceur de lait, la main droite dans cette masse aigre, le sexe baignant dans la source secrète. Le don qui trouble l’enfant ardent est aussi léger que la respiration, aussi léger que l’agonie. Une rose au fond de la tête.
HERBERTO HELDER Ce poème sans titre est tiré du recueil Le Poème continu.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 26, 2008 11:22
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C'était une fois, c'était toujours. La poésie n'est pas une solution
Aucune solution n'est une poésie Une pierre n'est pas un phénomène optique Aucun phénomène optique n'est une pierre Une chaise n'est pas un homme assis Aucun homme assis n'est une chaise
Ce cerisier n'est pas un arbre Aucun arbre n'est un cerisier La neige n'est pas une lumière Aucune lumière n'est une neige
La poésie n'est pas une solution Aucune solution n'est une poésie En chantant on découpe sans bouger les lèvres de ce qui nous embrasse car nous avons faim d’avoir faim et nous vengeons notre bouche d’avoir été mangée
A force de regarder le ciel nous faisons boiter l'infini qui ne s’arrête pas de marcher comme un mendiant aveugle La nuit lui donne parfois sans nous la monnaie d’une étoile La beauté qui se perd nous aime toujours de nous avoir perdu
L'idéal d'une carte du monde est d'être sans le monde (Tout idéal d'une carte est d'être le contour d'une terre qui n'existe pas)
L'idéal d'une étoile dans le ciel est d'être sans la nuit (Tout idéal d'une étoile est d'être la lumière au centre de la lumière)
L'idéal d'un bâton dans le feu est d'être sans la main qui le tient (Tout idéal d'un bâton est d'être la main qui le brûle)
L'idéal d'une aile est d'être sans oiseau (Tout idéal d'une aile est d'être le ciel qu'elle vole)
L'idéal d'un soulier sur le chemin est d'être sans le chemin (Tout idéal d'un soulier est d'être le ciel qu'il ne chausse pas)
SERGE PEY
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 28, 2008 01:24
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Dernier orfèvre de la nuit Au matin nu des souvenances Espoir vaincu serrant l'oubli Dans le grain bleu de sa naissance
Au fer bleui de l'aventure J'ai mis le cri j'ai mille forges Le feu strident de sa blessure Cautérise toutes mes gorges
Un oeil ouvert face à la mort Cristal ennui gercé de peur Un oeil fermé devant l'amour Pétale rouge de sa fleur
Dernier coron des solitudes Dans la veine d'un grand charbon Frère d'éclipse ô négritude Quand vient gémir l'accordéon
Un acrostiche hume la fête Mentor de bruit coureur de jour Rosace-accord sacre de tête Mon initiale attend son tour
Sous le grand pin de nos aiguilles Revient l'écume y buissonner Et dans un verbe sans coquille Nous conjuguons le temps aimer
Dernier coron des solitudes Dernier orfèvre de la nuit
Bernard Flucha --------------
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