Bon l'attentat pâtissier je suis pas trop pour car c'est vraiment gâcher la marchandise pour moi, mais bon, c'est marrant quand même quand on voit un petit prétentieux et gonflé de lui-même qui reçoit une tarte en pleine poire,non? .....
ODE À L'ATTENTAT PATISSIER
de Georges le Gloupier
Il paraît que, c'est sûr, le ridicule tue. Tuons donc sans pitié, du premier au dernier, Les emmerdeurs fliqueux, les gagneurs de deniers, les intellos foireux aux théories obtuses. Tuons sans plus tarder les sales moucherons Qui voudraient de l'ennui être les chaperons. Tuons les empêcheurs de rigoler en rond, En carré, en ovale, en ce qu'il vous plaira. Tuons tous ces salauds, ces castrateurs, ces rats, Tuons dès à présent tous ces vils scélérats. Tuons les cons, les flics, les collecteurs d'impôts, Les juges, les bourreaux, les suiveurs de troupeaux, De tous ces cancrelats trouons vite la peau.
Tuons également des patrons les suppôts Qui se font, pour trahir, délégués syndicaux. Tuons les militants, des fachos aux cocos, Qui prônent pauvrement de pauvres idéaux Et freinent nos désirs qui montent vite et haut. Envoyons en passant la calotte au poteau: Curés, rabbins, pasteurs, tuons ces zigotos Ainsi que leurs alliés soi-disant marginaux Dont la stupide foi d'esclaves paranos Insulte nos raisons de seigneurs surpuissants, Nous qui sommes tous dieux dans notre propre sang. Tuons évidemment les gardiens de prisons, Tous les politiciens, tous ceux dont l'horizon Est de borner le nôtre à de strictes limites Qui donnent à bouffer la liberté aux mites.
N'épargnons point, non plus, messieurs les militaires; Immolons ces guignols et faisons-les se taire. N'oublions pas, mourdious! de tuer les psychiatres Qui de nos subconscients se déclarent les pâtres. Tuons tous ceux qui croient qu'un bulletin dans une urne Changera le merdier qui nous casse les burnes. Tuons qui se complaît, pourvu que l'on surnage, Dans un monde vaseux qu'en vain l'on aménage Tuons ce qui concourt par de pâles réformes A garder nos vécus vassaux des vieilles formes.
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Il faut, pour réussir, donner à not' révolt' Une force d'impact de cent milliards de volts. Libérons nos passions! Soyons paroxystiques! Exigeons des plaisirs hautement frénétiques! Détruisons et brûlons tout ce qui nous empêche, De quelconque façon, d'avoir toujours la pêche! (...)
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Le travail est un mal, cultivons la paresse: Au lieu de travailler, couvrons-nous de caresses! A bas le dévouement, le goût du sacrifice, A bas la modestie sur laquelle je pisse! Rions, baisons, vivons, et à bas l'ascétisme Qui mène tant de gens tout droit au crétinisme! Mort aux institutions! Redevenons sauvages! De tous les pisse-froid décidons le carnage!
Apprenons aux enfants à brûler leurs écoles, A copuler entre eux, à boire de l'alcool! Allons d'un pas coquin faire mille conquêtes Chez les vieux occupants des maisons de retraite: Avec eux nous ferons de folles bacchanales, Mettant la joie au coeur, ainsi qu'au trou de balle, De ces aïeux chenus qui si près de la tombe Rigoleront enfin tout en faisant la bombe. Pour combattre l'ennui soyons des flibustiers: A son abolition donnons-nous tout entier! Avec acharnement, ruons dans les brancards: La guerre est déclarée contre tous les tocards! Mais n'acceptons jamais de marcher au martyre: Zut à tous les héros qui rêvent de souffrir!
N'omettons point, crénom! de jeter bas les grilles Qui depuis deux mille ans constituent la famille, Non plus que les ghettos de rigueur carcérale Que sont les prétendues communautés tribales! Proclamons qu'à tout coup la femme devient moche Quand elle est transformée en pondeuse de mioches! (...) Il arrive parfois que lors de quelque crime De son propre bourreau complice est la victime; N'ayons donc en ces cas nulle pitié pour elle, Qui n'est à ses dépens qu'une bête cruelle. Nous n'avons pas en nous les élans masochistes Des libéraux tarés et des sots humanistes: Soyons intolérants! Vive le terrorisme!
Nous irons jusqu'au bout de ce jusqu'au-boutisme, Balayant devant nous ceux qui n'ont d'autre envie Que de s'enquiquiner en disant: "C'est la vie!" Nous voulons que la vie, justement, soit la fête, Et pour y parvenir nous ferons place nette, Nous sommes impatients, il est urgent de vaincre: Nous n'avons pour l'instant pas le temps de convaincre. Haro sur l'ennemi! Sautons-lui sur le râble! Pas de juste milieu! Soyons déraisonnables!
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Je crains que sur ce ton je ne m'égare (de l'Est), Oubliant de lâcher, si je n'y prends garde, du lest. Il me semble évident, pour abattre la bête, Qu'il faut soigneusement la viser à la tête. Il est donc décisif que les prioritaires, Parmi tous les gredins qu'il faut jeter à terre, Soient ceux qui voudraient bien penser à notre place. De les tuer d'abord, ceux-là, ayons l'audace (...) En leur flanquant des coups plus forts que ceux d'Hercule, Des coups sans rémission: des coups de ridicule.
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A moi Pieds Nickelés, Abott et Costello, Et Laurel et Hardy, mes amis, mes poteaux! Placée entre vos mains toute tarte à la crême Se mue magiquement eu une arme suprême. Rondid'jiu! gloire à vous et gloire à Mack Sennett! Vous avez inventé, je l'affirme tout net, L'attentat culturel le plus croquignolet, Le plus tord-boyautant, le plus ollé-ollé, L'attentat le plus gai auquel on s'est hissé: C'est à vous que l'on doit l'attentat pâtissier, Cet attentat farceur, cet attentat de rêve, Cet attentat dont nul, jamais, ne se relève. N'importe quel crétin, lorsqu'il est entarté, Est comme mort, occis, à jamais écarté; Il est atteint, de fait, au point le plus sensible, A savoir son honneur, qui a servi de cible.
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J'ai pour ma part, ma foi, voici quelques années, Entrepris vaillament une ferme croisade D'attentats pâtissiers teintés de rigolade. Ceux qui furent visés reçurent sur le nez, En public, brusquement, une tarte à la crême Que j'ai tenu, bien sûr, à leur lancer moi-même. Aucun ne s'en remit: on chercherait en vain, Parmi ces entartés qui sont dix-huit ou vingt, Lequel a survécu à son entartement: Tous sont morts désormais, définitivement, Etouffés et broyés par tant de ridicule, Mieux enterrés sous lui que sous un monticule.
J'ai entarté d'abord Marguerit Duras, Dont les livres m'ennuient et les films m'agacent; Elle est vouée, depuis, pis qu'à l'anonymat, Momifiée par les pieux Cahiers du Cinéma. J'ai frappé peu après, pour me faire la main, Un prénommé Henri dont le nom est Guillemin: Ce radoteur savant, dans ses livres d'Histoire, Prenait trop, pour mon goût, ses lecteurs pour des poires: Depuis lors la télé ne le montre plus guère, C'est oublié qu'il gît ou que, spectral, il erre. Agissant une nuit au nom de Terpsichore, D'un chorégraphe odieux le bec j'ai voulu clore. C'était ce Stalinien de Maurice Béjart, Aux entrechats balourds autant que ceux d'un jars: Qui se soucie (ou là) que Béjart vive encor Ou que les asticots aient boulotté son corps? Autre exemple au hasard, sachez que j'ai bien ri En entartant le groin de Marco Ferreri. C'était sous le soleil, au festival de Cannes, Et mon courroux grondait, ouvrant toutes ses vannes, Contre le cinéaste ayant fait à l'esbrouffe un certain bruit bidon avec sa Grande Bouffe: Ferreri illico, malgré sa vaste panse, Sous l'outrage crémeux retomba en enfance. Il ne balbutie plus, conspué des badauds, Que ces séniles mots: "Pipi-caca-dodo..." Si vous les aviez vus, ces pantins culturels, Ces Duras étriquées, ces Guillemin solennels, Ces Béjart chichiteux, ces Ferreri ventrus, Plus grotesques encor que nul ne l'aurait cru, Si vous les aviez vus dégoulinants de crème, La pâte du gâteau souillant leurs faces blêmes, Si vous les aviez vus demeurer, ahuris, Bras ballants face à moi, oh! que vous auriez ri! Sachez-le, sacrebleu! c'est bien de ridicule Que sous mes coups tarteux sont mortes ces crapules.
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Mais il ne faudrait point, car se serait dommage, Dormir sur ces lauriers: aussi, ferais-je un gage. Je vais non seulement repartir en croisade, Frappant ici et là au gré de mes balades, Provoquant la terreur très pâtissièrement En lançant mes gâteaux imperturbablement, Mais je vais de surcroît multiplier mes cibles Et m'en prendre à tous ceux que j'estime nuisibles. En toute heure, en tout lieu, je surgirai de l'ombre, Et jetterai, vengeur, des tartes en grand nombre. Je frapperai partout, nul ne m'échappera. Je serai sans pitié: on verra c'qu'on verra!
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Si ça ne suffit pas, ma patience a des bornes: Je prendrai aussitôt le taureau par les cornes, Et d'onctueux étrons seront bien plus utiles Que de la Chantilly sur mes chers projectiles.
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Mais si malgré cela quelques crétins s'avèrent De mériter encor châtiment plus sévère, Ma fureur désormais n'aura plus de limite: J'emploierai des gâteaux truffés de dynamite!
Georges Le Gloupier, 1981
............ On parle beaucoup et avec raison d'ailleurs,de Simone de Beauvoir ,en ce moment et de son combat pour le féminisme et les femmes mais n'oublions la grande Olympe de Gouges qui sous la Révolution déclarait! Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras du moins pas ce droit. Dis-moi : qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? ta force ? tes talents ? Observe la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique .
Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d’oeil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes de l’administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’oeuvre immortel.
L’homme s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles, qui prétend jouir de la révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus.
Olympe de GOUGES Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, préambule (1791)
......... Au même moment le Marquis de sade récemment liberé de La Bastille, s'attaquait à la proprièté!hum! Dans un pamphlet de 1795, le marquis de Sade s’adresse aux représentants du peuple qui viennent d’inscrire le droit de propriété (articles 2 et 17) dans la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789)…
A Dieu ne plaise que je veuille attaquer ou détruire ici le serment du respect des propriétés, que vient de prononcer la nation : mais me permettra-t-on quelques idées sur l’injustice de ce serment ? Quel est l’esprit d’un serment prononcé par tous les individus d’une nation ? N’est-il pas de maintenir une parfaite égalité parmi les citoyens, de les soumettre tous également à la loi protectrice des propriétés de tous ? Or, je vous demande maintenant si elle est bien juste, la loi qui ordonne à celui qui n’a rien de respecte celui qui a tout. Quels sont les éléments du pacte social ? Ne consiste-t-il pas à céder un peu de sa liberté et de ses propriétés pour assurer et maintenir ce que l’on conserve de l’un et de l’autre ?
Toutes les lois sont assises sur ces bases ; elles sont les motifs des punitions infligées à celui qui abuse de sa liberté. Elles autorisent de même les impositions ; ce qui fait qu’un citoyen ne se récrie pas lorsqu’on les exige de lui, c’est qu’il sait qu’au moyen de ce qu’il donne, on lui conserve ce qui lui reste ; mais, encore une fois, de quel droit celui qui n’a rien s’enchaînera-t-il sous un pacte qui ne protège que celui qui a tout ? Si vous faites un acte d’équité en conservant, par votre serment, les propriétés du riche, ne faites-vous pas une injustice en exigeant ce serment du « conservateur » qui n’a rien ? Quel intérêt celui-ci a-t-il à votre serment ? Et pourquoi voulez-vous qu’il promette une chose uniquement favorable à celui qui diffère autant de lui par ses richesses : un serment doit avoir un effet égal sur tous les individus qui le prononcent ; il est impossible qu’il puisse enchaîner celui qui n’a aucun intérêt à son maintien, parce qu’il ne serait plus alors le pacte d’un peuple libre : il serait l’arme du fort sur le faible, contre lequel celui-ci devrait se révolter sans cesse ; or c’est ce qui arrive dans le serment du respect des propriétés que vient d’exiger la nation ; le riche seul y enchaîne le pauvre, le riche seul a l’intérêt au serment que prononce le pauvre avec tant d’inconsidération qu’il ne voit pas qu’au moyen de ce serment, extorqué à sa bonne foi, il s’engage à faire une choses qu’on ne peut pas faire vis-à-vis de lui.
SADE Français, encore un effort si vous voulez être républicains, 1795
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