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Elocina 
France
Messages : 1310
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Date du message :
janvier 8, 2012 11:32
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Alphonse de LAMARTINE (1790-1869) (Recueil : Méditations poétiques) L'automne Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire, J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits, C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature, Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ; L'air est si parfumé ! la lumière est si pure ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel ! Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel ?
Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ? Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ; Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
septembre 22, 2007 03:56
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poème de circonstance, Elocina...puissions-nous vivre un aussi bel automne que Lamartine !
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Bilba 
Modérateur
France
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Date du message :
septembre 22, 2007 04:11
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Elocina, bien contente de trouver ce poème ici... figure-toi qu'il aurait été inspiré au cher Alphonse par le parc d'un château tout près de chez moi et où il venait en visite, car il était ami avec les propriétaires... De ce fait, mon village s'est un peu approprié Lamartine comme si c'était un poète du coin...!!!

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Elocina 
France
Messages : 1310
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Date du message :
septembre 22, 2007 04:26
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Cela me fait très plaisir Bilba! C' est peut-être ce fait qui t'a poussé à cet amour de la poésie, nous sommes toujours influencé par des circonstances apparemment banales... Comment mets-tu tes étoiles et correspondent-elles à ton appréciation du poème? elocina
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
septembre 22, 2007 15:43
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Alphonse de LAMARTINE (1790-1869) (Recueil : Nouvelles méditations poétiques)
Chant d'amour  Naples, 1822.
Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre, Le doux frémissement des ailes du zéphyre À travers les rameaux, Ou l'onde qui murmure en caressant ces rives, Ou le roucoulement des colombes plaintives, Jouant aux bords des eaux ;
Si, comme ce roseau qu'un souffle heureux anime, Tes cordes exhalaient ce langage sublime, Divin secret des cieux, Que, dans le pur séjour où l'esprit seul s'envole, Les anges amoureux se parlent sans parole, Comme les yeux aux yeux ;
Si de ta douce voix la flexible harmonie, Caressant doucement une âme épanouie Au souffle de l'amour, La berçait mollement sur de vagues images, Comme le vent du ciel fait flotter les nuages Dans la pourpre du jour :
Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille, Ma voix murmurerait tout bas à son oreille Des soupirs, des accords, Aussi purs que l'extase où son regard me plonge, Aussi doux que le son que nous apporte un songe Des ineffables bords !
Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière ! Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière Ma vie et ton amour ! Ton regard languissant est plus cher à mon âme Que le premier rayon de la céleste flamme Aux yeux privés du jour. ........................ Chant d'amour (II)
Un de ses bras fléchit sous son cou qui le presse, L'autre sur son beau front retombe avec mollesse, Et le couvre à demi : Telle, pour sommeiller, la blanche tourterelle Courbe son cou d'albâtre et ramène son aile Sur son oeil endormi !
Le doux gémissement de son sein qui respire Se mêle au bruit plaintif de l'onde qui soupire À flots harmonieux ; Et l'ombre de ses cils, que le zéphyr soulève, Flotte légèrement comme l'ombre d'un rêve Qui passe sur ses yeux !
.................................................
Que ton sommeil est doux, ô vierge ! ô ma colombe ! Comme d'un cours égal ton sein monte et retombe Avec un long soupir ! Deux vagues que blanchit le rayon de la lune, D'un mouvement moins doux viennent l'une après l'une Murmurer et mourir !
Laisse-moi respirer sur ces lèvres vermeilles Ce souffle parfumé !...Qu'ai-je fait ? Tu t'éveilles : L'azur voilé des cieux Vient chercher doucement ta timide paupière ; Mais toi, ton doux regard, en voyant la lumière, N'a cherché que mes yeux !
Ah ! que nos longs regards se suivent, se prolongent, Comme deux purs rayons l'un dans l'autre se plongent, Et portent tour à tour Dans le coeur l'un de l'autre une tremblante flamme, Ce jour intérieur que donne seul à l'âme Le regard de l'amour !
Jusqu'à ce qu'une larme aux bords de ta paupière, De son nuage errant te cachant la lumière, Vienne baigner tes yeux, Comme on voit, au réveil d'une charmante aurore, Les larmes du matin, qu'elle attire et colore, L'ombrager dans les cieux.
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Elocina 
France
Messages : 1310
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Date du message :
septembre 22, 2007 16:54
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Magnifiques chants d'amour! J'ai trouvé sur internet la totalité de ces chants si beaux et, je dois dire que, s'il fait moins rêver, je chant d'amour VI est rempli d'émotion aussi.
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Bilba 
Modérateur
France
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Date du message :
septembre 23, 2007 05:29
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Non Elocina, ce ne sont pas des étoiles Gault et Millau...!!!
C'est plutôt une sorte de signature que j'ai adoptée depuis quelque temps, une sorte d'équivalent d'un sourire... en tout cas dans mon esprit!!!
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Elocina 
France
Messages : 1310
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Date du message :
septembre 23, 2007 05:37
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Mais c'est de très jolis sourires...et qui font infiniment plus plaisir que des étoiles style "Gault et Millaut". Merci
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
janvier 22, 2008 12:07
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quelles devaient être douces et belles ces dames du temps jadis...
Chant d'amour (VI)
Un jour, le temps jaloux, d'une haleine glacée, Fanera tes couleurs comme une fleur passée Sur ces lits de gazon ; Et sa main flétrira sur tes charmantes lèvres Ces rapides baisers, hélas ! dont tu me sèvres Dans leur fraîche saison.
Mais quand tes yeux, voilés d'un nuage de larmes, De ces jours écoulés qui t'ont ravi tes charmes Pleureront la rigueur ; Quand dans ton souvenir, dans l'onde du rivage Tu chercheras en vain ta ravissante image, Regarde dans mon coeur !
Là ta beauté fleurit pour des siècles sans nombre ; Là ton doux souvenir veille à jamais à l'ombre De ma fidélité, Comme une lampe d'or dont une vierge sainte Protège avec la main, en traversant l'enceinte, La tremblante clarté.
Et quand la mort viendra, d'un autre amour suivie, Éteindre en souriant de notre double vie L'un et l'autre flambeau, Qu'elle étende ma couche à côté de la tienne, Et que ta main fidèle embrasse encor la mienne Dans le lit du tombeau.
Ou plutôt puissions-nous passer sur cette terre, Comme on voit en automne un couple solitaire De cygnes amoureux Partir, en s'embrassant, du nid qui les rassemble, Et vers les doux climats qu'ils vont chercher ensemble S'envoler deux à deux.
nouvelles méditations poétiques
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
octobre 13, 2009 04:55
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La branche d'amandier
De l'amandier tige fleurie, Symbole, hélas! de la beauté, Comme toi, la fleur de la vie Fleurit et tombe avant l'été.
Qu'on la néglige ou qu'on la cueille, De nos fronts, des mains de l'Amour, Elle s'échappe feuille à feuille, Comme nos plaisirs jour à jour!
Savourons ces courtes délices; Disputons-les même au zéphyr, Epuisons les riants calices De ces parfums qui vont mourir.
Souvent la beauté fugitive Ressemble à la fleur du matin, Qui, du front glacé du convive, Tombe avant l'heure du festin.
Un jour tombe, un autre se lève; Le printemps va s'évanouir; Chaque fleur que le vent enlève Nous dit : Hâtez-vous de jouir.
Et, puisqu'il faut qu'elles périssent, Qu'elles périssent sans retour! Que ces roses ne se flétrissent Que sous les lèvres de l'amour!
La branche d'amandier De l'amandier tige fleurie, Symbole, hélas! de la beauté, Comme toi, la fleur de la vie Fleurit et tombe avant l'été.
Qu'on la néglige ou qu'on la cueille, De nos fronts, des mains de l'Amour, Elle s'échappe feuille à feuille, Comme nos plaisirs jour à jour!
Savourons ces courtes délices; Disputons-les même au zéphyr, Epuisons les riants calices De ces parfums qui vont mourir.
Souvent la beauté fugitive Ressemble à la fleur du matin, Qui, du front glacé du convive, Tombe avant l'heure du festin.
Un jour tombe, un autre se lève; Le printemps va s'évanouir; Chaque fleur que le vent enlève Nous dit : Hâtez-vous de jouir.
Et, puisqu'il faut qu'elles périssent, Qu'elles périssent sans retour! Que ces roses ne se flétrissent Que sous les lèvres de l'amour!
Alphonse de Lamartine
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doublesix 
Modérateur
France 
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Date du message :
octobre 14, 2009 23:58
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Alphonse de Lamartine
Premières méditations poétiques
A ELVIRE
Oui, l'Anio murmure encore Le doux nom de Cynthie aux rochers de Tibur; Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure; Et Ferrare au siècle futur Murmurera toujours celui d'Éléonore. Heureuse la beauté que le poëte adore! Heureux le nom qu'il a chanté! Toi qu'en secret son culte honore, Tu peux, tu peux mourir! dans la postérité Il lègue à ce qu'il aime une éternelle vie; Et l'amante et l'amant, sur l'aile du génie, Montent d'un vol égal à l'immortalité. Ah! si mon frêle esquif, battu par la tempête, Grâce à des vents plus doux, pouvait surgir au port; Si des soleils plus beaux se levaient sur ma tête; Si les pleurs d'une amante, attendrissant le sort, Écartaient de mon front les ombres de la mort: Peut-être..., oui, pardonne, ô maître de la lyre! Peut-être j'oserais (et que n'ose un amant?) Égaler mon audace à l'amour qui m'inspire, Et, dans des chants rivaux célébrant mon délire, De notre amour aussi laisser un monument! Ainsi le voyageur qui, dans son court passage, Se repose un moment à l'abri du vallon, Sur l'arbre hospitalier dont il goûta l'ombrage, Avant que de partir, aime à graver son nom. Vois-tu comme tout change ou meurt dans la nature? La terre perd ses fruits, les forêts leur parure; Le fleuve perd son onde au vaste sein des mers; Par un souffle des vents la prairie est fanée; Et le char de l'automne au penchant de l'année Roule, déjà poussé par la main des hivers! Comme un géant armé d'un glaive inévitable, Atteignant au hasard tous les êtres divers, Le Temps avec la Mort, d'un vol infatigable, Renouvelle en fuyant ce mobile univers! Dans l'éternel oubli tombe ce qu'il moissonne: Tel un rapide été voit tomber sa couronne Dans la corbeille des glaneurs; Tel un pampre jauni voit la féconde automne Livrer ses fruits dorés au char des vendangeurs. Vous tomberez ainsi, courtes fleurs de la vie, Jeunesse, amour, plaisir, fugitive beauté; Beauté, présent d'un jour que le ciel nous envie, Ainsi vous tomberez, si la main du génie Ne vous rend l'immortalité! Vois d'un oeil de pitié la vulgaire jeunesse, Brillante de beauté, s'enivrant de plaisir: Quand elle aura tari sa coupe enchanteresse, Que restera-t-il d'elle? à peine un souvenir: Le tombeau qui l'attend l'engloutit tout entière, Un silence éternel succède à ses amours; Mais les siècles auront passé sur ta poussière, Elvire, et tu vivras toujours!
Commentaire de l'auteur. Citation :
" Cette méditation n'est qu'un fragment d'un morceau de poésie beaucoup plus étendu que j'avais écrit bien avant l'époque où je composai les Méditations véritables. C'étaient des vers d'amour adressés au souvenir d'une jeune fille napolitaine dont j'ai raconté la mort dans les Confidences. Elle s'appelait Graziella. Ces vers faisaient partie d'un recueil en deux volumes de poésies de ma première jeunesse, que je brûlai en 1820. Mes amis avaient conservé quelques-unes de ces pièces: ils mes rendirent celles-ci quand j'imprimai les Méditations. J'en détachai ces vers, et j'écrivis le nom d'Elvire, à la place du nom de Graziella. On sent assez que ce n'est pas la même inspiration ".
Fin de citation.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 23, 2010 13:44
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Village des Alpes.
......Ma maison isolée Par l'ombre de l'église est au midi voilée, Et les troncs des noyers qui la couvrent du nord Aux regards des passants en dérobent l'abord. Des quartiers de granit que nul ciseau ne taille, Tels que l'onde les roule, en forment la muraille ; Ces blocs irréguliers, noircis par les hivers, De leur mousse natale y sont encor couverts ; La joubarbe, la menthe, et ces fleurs parasites Que la pluie enracine aux parois décrépites, Y suspendent partout leurs panaches flottants, Et les font, comme un pré, reverdir au printemps... Le toit, qui sur les murs déborde d'une toise, A pour tuiles des blocs et des pavés d'ardoise, Que d'un rebord vivant le pigeon bleu garnit, Et sous les soliveaux l'hirondelle a son nid. Pour défendre ce toit des coups de la tempête, Des quartiers de granit sont posés sur le faîte ; Et, faisant ondoyer les tuiles et les bois, Au vol de l'ouragan ils opposent leurs poids... Les troncs noirs des noyers, un pan de roche grise, L'herbe de mon verger, les murs nus de l'église, Le cimetiere avec ses sillons et ses croix, Et pui un peu de ciel, c'est tout ce que je vois. Mais combien, aux regards du peintre et du poète, En vie, en mouvement, la nature rachète Ce qu'elle a refusé d'espace à l'horizon ! Une cascade tombe au pied de la maison, Et le long d'une roche, en nappe blanche et fine, Y joue avec le vent dont un souffle l'incline ; Y joue avec le jour dont le rayon changeant Semble s'y dérouler dans ses réseaux d'argent, Et, par des rocs aigus dans sa chute brisée, Aus feuilles du jardin se suspend en rosée. Légère, elle n'a pas ce bruit tonnant et sourd Qu'en se précipitant roule un torrent plus lourd ; Elle n'a qu'une plainte intermittente et douce, Selon qu'elle rencontre ou la pierre ou la mousse... Harpe toujours tendue, où le vent et les eaux Rendent dans leurs accords des chants toujours nouveaux Et qui semblent la nuit, en ces notes étranges, L'air sonore des cieux froissé du vol des anges.
Alphonse de Lamartine "Nouvelles Méditatiions poétiques" 1823.
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doublesix 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 21, 2011 00:21
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Lettres exsangues
L’automne mange le temps comme un insecte sec avale le néant.
Un reflet de ciel flou drape le soir naissant d’une toile mignarde, empruntant à Boucher des dentelles de touches diluées dans l’encens.
Un feu crépite, l’horloge tinte, aigrelette, à l’étage, s’endort un jour, calme et nourri de ces longues pensées au parfum de l’amour.
Ecrire délie mes doigts dont les gammes aiguisent la virtuosité des mots.
Francis Etienne Sicard, 2010
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
avril 21, 2011 06:25
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merci doublesix pour ta précieuse "collaboration"...Le site Poetica est mis dans mes favoris et j'aime ce poète.
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