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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 20, 2010 14:36
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La soirée vient de commencer et ce poème est particulièrement évocateur.;
L'étrange douceur.
Comme un oiseau dans la tête Le sang s'est mis à chanter Des fleurs naissent c'est peut-être Que mon corps est enchanté
Que suis-je lumière et feuilles Le dormeur des porches bleus L'églantine que l'on cueille Les soirs de juin quand il pleut
Dans la chambre un ruisseau coule Horloge aux caillous d'argent On entend le blé qui roule Vers les meules du couchant
L'air est plein de pailles fraîches De houblons et de sommeils Dans le ciel un enfant pêche Les ablettes du soleil
C'est le toit qui se soulève Semant d'astres la maison Je me penche sur tes lèvres Premiers fruits de la saison.
René Guy Cadou. "Hélène ou le règne végétal".
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 21, 2010 03:57
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la lecture de ce poème m'aurait aussi nfait passer une douce soirée...Mais un joli matin...ce n'est pas mal non plus. Merci Marie-Elisabeth pour tes choix si sensibles et si bien adaptés à nos états d'âme.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 23, 2010 12:32
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oh ces jolies lettres!! " le coeur définitif " est un bien joli aspect de sa personnalité, cette sincère amitié pour ses amis, est communicative.. et nous donnerait envie d'aimer la terre entière.. ou pour le moins d'aimer davantage ses propres amis.. Lettre à Michel Manoll
Je ne veux plus croire un seul mot de ta lettre Qui m'a coûté assez de larmes ce matin Et si ton coeur s'arrête encore c'est pour permettre Au temps de te rejoindre au détour du chemin Bouillonnement du coeur Ô l'impatience D'un homme sur tous les autres en avance Compagnons de haut bord Thérèse Hélène et moi A ton cou la bouée de sauvetage de nos bras Choque ton coeur contre le nôtre Ecoute-le tinter Ecoute les sons de cloches de l'amitié Pas la moindre fêlure N'aie plus peur de la nuit N'aie plus peur de ton coeur Très loin nous sommes là Et ma main sur ta main tout mon sang passe en toi Le soleil va paraître Déjà les souvenirs entrent par la fenêtre Place Bretagne et Jack-Tina Amis les Anges les Lilas De la mer La Rustique Les paroles sur la même musique La poésie sur nos genoux fille publique O frère aimé des jours mauvais Solitaire de Saint-Calais J'entends ton coeur dans ma poitrine Au fond du miroir je me vois Et tu as toujours bonne mine.
René Guy Cadou "Le Coeur définitif"
extrait "Ma vie en jeu".
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 23, 2010 12:35
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Lettre à jules Supervielle.
Je pense à vous ce soir Jules Supervielle Je pense à vous et c'est l'automne en ce pays C'est toujours à tort que l'on parle l'amour en tête Mais je vous parle Jules Supervielle
Entre nous de longs enfants des filles de préférence Des grandes journées en Uruguay Les flammes de la pampa...
J'aime ces pays dont vous parlez et qui ont l'allure des femmes On dit que les chevaux s'emballent Comme un foulard à la portière du wagon
Pardonnez-moi Jules Supervielle je devais écrire un article Où j'aurais dit la grande la douce solitude de vos écrits Et je me laisse soudain aller à quelque chose d'informe comme un poème Simplement parce que j'ai vos livres sous les yeux et que je vous aime..
Je me suis dit ce soir après l'école ne tarde pas Il y a un ami qui t'attend Il est là-haut dans ta chambre avec toutes sortes d'animaux J'entendais un grand pas partout dans la maison Et vous marchiez peut-être à ce moment dans la rue Vital Ou dans un chemin creux de Saint-Gervais-la-Forêt Qui est sûrement un patelin merveilleux
J'ai dit parlant aux ombres qui voyagent Voici la pomme et la statue Et voici Jules Supervielle Ah vous voici cher Supervielle dans le miroir à peine éclos de la fenêtre Ecartelé avec ce monde qui bat en vous sur le côté...
Bien sur vous n'attendiez rien de moi Car l'on attend rien de personne Je vous écris depuis longtemps C'est un bonheur de vous écrire
Il semble un peu qu'on se rapproche de ces pays qui n'ont un sens qu'à travers vous On marche aux pas des animaux faciles Parmi tous les amis connus et inconnus
il y a celui-là si grand qui nous rassemble L'homme pareil à l'homme La troublante effigie
Et malgré tout je n'ai rien dit de mon amour Jules Supervielle.
René Guy Cadou "Le Coeur définitif"
extrait "L'Aventure n'attend pas le destin" 1947-1948
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 23, 2010 12:45
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de très beaux poèmes, Marie-Elisabeth tu as le chic pour la "déniche"...
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 27, 2010 12:50
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Je voudrais je ne pourrai pas..
Je voudrais je ne pourrai pas M'habituer aux chevaux et aux fleurs du lilas
Le train qui passe à l'horizon est très ancien Sa mécanique très moderne n'y fait rien
Il est graissé et sans défaut comme un poème Mais ce sont les chants du Gaélique que j'aime
Je voudrais je ne pourrai pas M'absenter des chevaux et des fleurs du lilas
L'aéroplane est vieux l'automobile est vieille Seul le vrombissement mélodieux d'une abeille
Est jeune et jeune aussi ce vieillard attardé Dans sa marche par la marche d'un scarabée
Je voudrais je ne pourrai pas M'habituer aux chevaux et aux fleurs du lilas
Car j'ai peur de ne plus savoir mourir comme on s'aligne Côte à côte pour un concours de pêche à la ligne
J'ai peur de n'être pas à la hauteur de mes voisins Qui conduisent des automobiles et prennent le train
Et meurent dans leur lit sans souci des campagnes Où l'amour tue comme un éclatement de châtaigne
Je mourrai mais ne pourrai pas M'absenter des chevaux et des fleurs du lilas.
René Guy Cadou. "Le diable et son train " 1947-1948.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 27, 2010 12:56
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L'amitié.
- Qu'est-ce qui passe ici si tard ? Un chemin creux n'est pas un boulevard !
- C'est un ami des temps anciens Voyageur seul et sans bagage
- Femme prépare les vins fins Les liqueurs des chaussons de feutre
- Ne viens pas boire ni manger Mais pour parler des années douces
Max Jacob retour de Quimper Le chat roux le quai de la Fosse
Fosse au passé fosse au remords Ne te dérange pas si tu dors !
- Et pour qui me dérangerais-je Sinon pour vous Amis les Anges ?
Les salles tristes du collège Mais les dimanches sous les pins !
Je te retrouve après quinze ans Mon lointain parent trop rare
Faut-il que tu passes si tard Dans le corridor du destin !
René Guy Cadou "Les sept péchés capitaux" 1949.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 27, 2010 12:58
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Petites rues.
Il est d'anciennes rues douces comme des jupes Qu'on aime à retrouver dans le fond de sa vie Ainsi le miséreux en retournant ses poches Y découvre une parcelle de tabac gris
Et c'est une émotion toujours plus merveilleuse Comme une amicale bourrade qu'on reçoit D'un vieux copain qu'on croyait mort et que ranime Une odeur ou un pas qui flotte dans la rue
Il m'arrive souvent d'accueillir ma jeunesse Au moment de ma vie où j'y pense le moins Parce que tout à coup se glisse entre mes jambes Une ruelle crottée et triste comm un chien
Elle venait m'attendre au sortir du collège Et nous passions tous deux parmi les chiffonniers Evitant d'éveiller par nos bruits de galoches Les vieilles qui dormaient sur les seuils
Nous ne nous parlions pas mais pour nous bien comprendre Nous allions regarder jusques au fond des cours Il y avait toujours une forme bizarre De monstre ou bien d'enfant accroupi près d'un mur.
René Guy Cadou "Les visages de solitude".
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 27, 2010 13:16
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Le temps des villas vides.
Autour de la maison il n'y a que du sable Des paupières de sable un silence de sable
Le souvenir d'un pas qui traîne dans l'allée Un pas tremblant comme une anémone de mer
Et malgré les sapins c'est comme au bord des villes La nuit venue un cimetière d'automobiles
Le coeur monte une carrosserie démodée C'est aujourd'hui et c'est une autre année
Un temps trop court un temps mouillé de brumes douces Une horloge qui bat à petites secousses
Comme un chat maigre boit une tasse de lait Une vague soudain fait sauter les volets
Les jette sur les flots, gonflés comme des barques Dans chacune il y a un enfant qui me nargue.
René Guy Cadou "Les visages de solitude" in "Poèmes inédits"
Ce poème me touche vraiment, j'ai dans le coeur une maison, la maison de mon enfance elle est entourée de grands murs, la préservant et le long de ces murs des croisées d'hortensias.. elle est vide et sans bruit depuis si longtemps, personne ne l'habite..
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 28, 2010 04:12
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oui, Marie-Elisabeth, nous avons tous une maison du passé dans le coeur . Et R.G. Cadou l'exprime si bien !
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
avril 24, 2011 06:06
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et j'ai relu avec vous ces merveilleux poèmes...j'aurais aimé en éditer un de plus mais...
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mai 1, 2011 09:32
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Dans la nuit du dix-sept novembre.
La nuit dans une automobile arrêtée Toute seule dans une automobile Sur une longue route la nuit Sous les arbres
Il y avait une femme Dans la fourrure et dans la nuit Une femme Et la seule lanterne éteinte
Soudain quelqu'un qu'on n'avait pas vu Se mit à chanter doucement Et des enfants sur la route passèrent Avec un chien
Une feuille tomba sur le siège avant Un bonheur nouveau se fit jour Avec des feux de boiseries Avec une table de chêne Et dans le cadre rajeuni Le visage d'un homme qu'elle aime
Au jour levant Elle arriva en vue d'un parc Dans l'aube seule Elle arriva
" Je reconnais l'orangerie Le perron les dahlias brûlés Tu vis là-haut dans une chambre Au bord d'un lit où je mourrai
Tes mains sont blanches comme marbre Tu écris des mots défendus Et la branche haute d'un arbre Relance au ciel ton front têtu
Tu m'arrives de mon enfance Sans ne m'avoir jamais quittée Il pleut des siècles je te cherche Dans les corridors du passé
Jusqu'au fond de l'orangerie Dans les greniers dans la resserre Tu me sais faible et tu te sers De mon amour à l'infini.
Et tu me jettes dans les feuilles Dans la nuit longue dans les feuilles Dans une vieille automobile Cependant que sur la route noire des enfants passent Et qu'on entend dans la nuit seule un cor de chasse "
René-Guy Cadou. "Les visages de solitude" (poème du 17 novembre 1948)
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
janvier 14, 2012 11:59
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La soirée de décembre
Amis pleins de rumeurs où êtes-vous ce soir
Dans quel coin de ma vie longtemps désaffecté ?
Oh ! je voudrais pouvoir sans bruit vous faire entendre
Ce minutieux mouvement d'herbe de mes mains
Cherchant vos mains parmi l'opaque sous l'eau plate
D'une journée, le long des rives du destin !
Qu'ai-je fait pour vous retenir quand vous étiez
Dans les mornes eaux de ma tristesse, ensablés
Dans ce bief de douceur où rien ne compte plus
Que quelques gouttes d'une pluie très pure comme les larmes ?
Pardonnez-moi de vous aimer à travers moi
De vous perdre sans cesse dans la foule
O crieurs de journaux intimes seuls prophètes
Seuls amis en ce monde et ailleurs !
***
Aller simple
Ce sera comme un arrêt brutal du train
Au beau milieu de la campagne un jour d'été
Des jeunes filles dans le wagon crieront
Des femmes éveilleront en hâte les enfants
La carte jouée restera tournée sur le journal
Et puis le train repartira
Et le souvenir de cet arrêt s'effacera
Dans la mémoire de chacun
Mais ce soir-là
Ce sera comme un arrêt brutal du train
Dans la petite chambre qui n'est pas encore située
Derrière la lampe qui est une colonne de fumée
Et peut-être aussi dans le parage de ces mains
Qui ne sont pas déshabituées de ma présence
Rien ne subsistera du voyageur
Dans le filet troué des ultimes voyages
Pas la moindre allusion
Pas le moindre bagage
Le vent de la déroute aura tout emporté.
René Guy Cadou,( 'Esprits Nomades)
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
janvier 15, 2012 04:29
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Le chant de solitude
Laissez venir à moi tous les chevaux toutes les femmes et les bêtes
bannies
Et que les graminées se poussent jusqu'à la margelle de mon établi
Je veux chanter la joie étonnamment lucide
D'un pays plat barricadé d'étranges pommiers à cidre
Voici que je dispose ma lyre comme une échelle à poules contre le ciel
Et que tous les paysans viennent voir ce miracle d'un homme qui
grimpe après les voyelles
Étonnez-vous braves gens ! car celui qui compose ainsi avec la Fable
N'est pas loin de trouver place près du Divin dans une certaine
Étable !
Et dites-vous le soir quand vous rentrez de la foire aux conscrits ou
bien des noces
Que la lampe qui brûle à l'avant du pays très tard est comme la
lanterne d'un carrosse
Ou d'un navire bohémien qui déambule
Tout seul dans les eaux profondes du crépuscule
Que mon Chant vous atteigne ou non ce n'est pas tant ce qui
importe
Mais la grande ruée des terres qui sont vôtres entre le soleil et ma
porte
Les fumures du Temps sur le ciel répandues
Et le dernier dahlia dans un jardin perdu !
Dédaignez ce parent bénin et maudissez son Lied !
Peut-être qu'un cheval à l'humeur insolite
Un soir qu'il fera gris ou qu'il aura neigé
Posera son museau de soleil dans mes vitres.
René Guy Cadou
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
janvier 17, 2012 11:51
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Destin du poète
Le soir qui bouge son oreille
Comme un vieil âne abandonné
Le dernier corset d'une abeille
Oublié sur la cheminée
La cloche triste de l'asile
Et le pas qui répond au pas
Dans la mesure où ce qui veille
Encourage ce qui n'est pas
L'oiseau qui tombe sur la pierre
Le sang qui tombe sur le cœur
La bonne pluie des réverbères
Qui donne à boire au malfaiteur
Le trou d'aiguille par où passe
Le fil ténu de la clarté
La bobine du temps qui roule
Sous les lauriers sous les sommiers
Mais se savoir parmi les hommes
En un présent aventureux
Une petite lampe à huile
Qui peut encor mettre le feu.
Un homme
***
Un homme
Un seul un homme
Et rien que lui
Sans pipe sans rien
Un homme
Dans la nuit un homme sans rien
Quelque chose comme une âme sans son chien
La pluie
La pluie et l’homme
La nuit un homme qui va
Et pas un chien
Pas une carriole
Une flaque
Une flaque de nuit
Un homme.
René -Guy Cadou Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)
(j'aime ce poète...trouver encore ces poèmes sur Esprits Nomades)
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