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Auteur
Sujet : Viêt nam du nord ouest et nord.
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moa |
Date du message : octobre 6, 2011 07:10 |
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C'est notre sixième voyage des deux semaines au Viêt Nam! Je vais ici vous le raconter, jour après jour . Les mots qui nous sont utiles à savoir: Xing Chào : bonjour. Le X se prononce comme un S Chào, au revoir Ya, oui, mais avec des différence au Nord et au Sud ! Không : non. Cam one : merci Bành, ou bùn : pain. Ou encore Ban, comme dans « Ban Bao » ce petit pain rond cuit à la vapeur, fourré de viande hachée et d’œuf de caille Chà : thé vert. Nù : (prononcer nous) sur les WC publics, le côté « femmes » Phap : Français. Minh, communiste. (Comme dans Viêt Minh) Co’m : Riz. Duong : rue. Pho : prononcer « feu » soupe, surtout celle faite d’un bouillon et de nouilles, mot hérité du colonial « pot-au-feu »! Phö : avenue ou boulevard ne pas confondre à l’écrit avec la soupe! Beaucoup de mots hérités du colonialisme français et « vietnamisés » : Ga Tô : gâteau. Ca Fé ou Ca Phé ; café. Ga : gare. Bia : Bière. Marques Ha Noï ou Larue sont les plus présentes au nord. Attisso : artichaut ! Utilisé en décoction comme plante médicinale. Sans perdre de vue que l’orthographe et la prononciation changent, selon que c’est le Sud, le Centre, le Nord… et les usages locaux ! A suivre
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moa |
Date du message : mai 2, 2011 13:53 |
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Savoir dire Bonjour, au revoir, et merci, sont des bases intéressantes pour se concilier le sourire des gens qui, on le voit à leur rencontre, ont plaisir à voir qu’on fait l’effort de quelques mots. Même si notre prononciation n’est bien sûr pas parfaite ! De même, bien des jeunes, au passage des occidentaux lancent un « hello », pas toujours dépourvu d’un ton moqueur, voire assortis d’autres mots que nous ne comprenons pas forcément. Leur répondre bien fort et sans attendre la suite Xin Chào, avec un signe amical de la main, met fin aux railleries… pour le cas où on comprendrait aussi le reste de leurs moqueries ! Nous comprenons par exemple le « Hello nam do ! » de gamins nous poursuivants, lancé à répétition sur un ton moqueur. C’est l’équivalent de « Touriste donne moi des sous ! » Nous répondons par « Khong » avec une grimace et le geste de la main qui montre va- t’en ! Cela fait cesser les rires et la poursuite ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 3, 2011 14:21 |
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Les ethnies minoritaires du Viêt Nam sont au nombre de 54 ! Les Viêts ou Kinh sont majoritaires avec 86% de la population, mais les 14% de minorités représentent tout de même 13 millions de personnes ! Dans les régions du Nord Ouest et Nord, proches du Laos et de la Chine, on rencontre des Hmong, ou H’mong, ou Méo, de « couleurs » variées, des Muong, des Dzao ou Dao avec variantes, dit aussi Yao ou Man, des Taïs, ou Tay, des Giây, des Xa Pho, des Lun, des Kho, des ha Nhi .. liste non exhaustive ! A part les Mongs fleurs et les Dzao noir, j’avoue m’y perdre pour savoir parfois à quelle ethnie particulière appartiennent les femmes que nous voyons. Cela d’autant que de nos jours elles sacrifient de plus en plus certains éléments de leurs costume au profit de tissus synthétiques imprimés, importés de la Chine toute proche. En tout premier les écharpes de tête, portées nouées différemment selon les ethnies, étaient autrefois diverses. Les Hmong fleurs par exemple, portent à présent toutes ces carrés chinois, en faux lainage coloré très vif, unis ou à carreaux, achetés à bas prix sur le marché. Et ces fichus de têtes sont de même manière portés par d’autres ethnies. Les femmes prennent goût aussi pour des chapeaux modernes issus de l’industrie chinoise. Ces coiffures à larges bords, de couleur rose bonbon ou orange vif à gros pois ou grandes fleurs et fanfreluches les ravissent ! Elles leur donnent un sentiment d’élégance moderne, qui tranche de façon amusante avec le reste du costume traditionnel ! Nous avons découvert cette fois, le long de la frontière chinoise, une région et des paysages sauvages, encore différents de ceux déjà connus de nous. Mais changement d'hébergement chaque jour et plus de 200 km par jour, le plus souvent sur des pistes de terre boueuse, dans une voiture conduite par un très mauvais chauffeur, lequel ne sait pas prendre les nombreux virages ni se servir de la boîte de vitesse, a été pénible pour nos carcasses! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 4, 2011 14:24 |
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Dimanche 3 avril. Tôt le matin nous arrivons à Ha Noï. Le guide et le chauffeur qui vont nous accompagner durant tout notre périple, nous accueillent. Le guide se nomme Ha, et le chauffeur Ho, « comme Ho Chi Minh » nous précise-t-il. La voiture sent le tabac. Je demande donc, pour les jours à venir, à ce que personne ne fume dans la voiture, ce qui sera respecté. A notre demande, une chambre est réservée depuis la veille dans un hôtel, et nous pouvons donc prendre un petit déjeuner, une douche, nous installer et nous reposer après les nombreuse heures de vol. Bien que cet établissement soit théoriquement de catégorie supérieure, et la chambre de type « Innova de luxe » la moquette est maculée de grosses taches et la chambre sent très mauvais. On ne s’étonne pas, nous sommes habitués ; nous ouvrons simplement la fenêtre… Nous n’avons pas demandé d’accompagnement par le guide ce premier jour ; c’est donc seuls que nous organisons notre temps. Promenade dans la vieille ville, toujours intéressante pour nous, avec ses maisons tubes et rues classées par type de commerce spécifique: par exemple une rue des marchands de chaussures. Nous mangeons notre première soupe de nouilles au poulet , prise sur le trottoir d’un restau populaire. Après un nouveau temps de repos nous repartons arpenter la ville. Le soir le guide vient nous prendre pour nous emmener au restaurant prévu. C’est une boîte à « Tours Opérators », la cuisine y est bonne, mais on n’y est dans une décor raffiné et très artificiel, en accès aux seuls touristes occidentaux. Ce n’est pas ce que nous venons chercher au Viêt Nam ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 5, 2011 14:22 |
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Lundi 4 avril. Départ de Ha Noï pour Hoa Binh et Moc Chau. L’étape du jour est très longue en kilomètres. Avant de partir pour la promenade en barque sur le lac Song Da, nous devons prendre le déjeuner, car ensuite nous serons au moins trois heures sans trouver un endroit où manger précise le guide, lequel ne sait pas encore que nous pouvons manger n'importe où ! C’est donc à 10h 45 que nous attaquons préventivement une soupe de nouilles aux herbes et au « poulet de montagne » c'est-à-dire à chair coriace comme une vieille poule ! Le lac de barrage est calme et superbe. Les populations d’ethnies minoritaires qui vivaient sur les terres à présent inondées par la montée des eaux, se trouvent de fait réfugiées sur les îles émergées. Celles-ci sont en fait le haut des montagnes, dont la base et les anciens villages sont de nos jours sous les eaux. Nous visitons ainsi d’abord un village Muong. En reprenant la barque nous allons voir ensuite un village Dao. Les gens accueillent volontiers les passants. Dans toutes les familles le thé vert est toujours sur la table et les visiteurs sont invités à s’asseoir sur de petits tabourets bas, voire sur une natte jetée rapidement au sol. La prise de photos est rarement refusée. Mais le plus souvent les femmes, et surtout les jeunes filles scolarisées, demandent à voir ensuite la photo sur l‘appareil. Cette vision déclenche généralement des rires communicatifs. Lorsqu’il y a des hommes, l’alcool de riz ou de maïs est aussi offert en partage. Les petits verres troubles ont déjà servis pour de multiples usages sans être lavés, mais l’alcool tue les microbes ! On boit donc avec le sourire, sans sourciller ! Lorsque les gens sont en train de manger, ils nous proposent spontanément de nous joindre à leur repas ! Il m’arrive de ce fait de goûter à des choses que je ne peux définir… J'ai un naturel curieux! Nous mangeons ainsi une friandise faite d’une boulette de pâte de riz fourrée avec un peu de sucre de canne caramélisé, et cuite à la vapeur ; c’est délicieux. Les maisons de bois, de plus en plus couvertes de fibrociment ondulé en lieu et place de toiture végétale, n’ont pas l’eau potable courante, mais possèdent souvent l’électricité ! C’est principalement pour alimenter une ampoule de 15 watts et surtout LE téléviseur ! Elément indispensable à tous les habitants du pays. Même dans bien des villages les plus reculés il est présent, pourvu qu’il y ait un peu d’électricité. Le courant est ainsi parfois obtenu au moyen d’un petit générateur installé sur un cours d’eau. Chez certaines ethnies, les maisons sont de plain pied, au sol de terre battue, d’autres sur pilotis avec un plancher de bois ou de bambous fendus en deux sur la longueur, et on voit au travers! Le dessous sert alors à mettre à l’abri la réserve de bois, ou des outils agricoles, voire des animaux lors des grosses pluies. Les buffles, animaux nobles, ont souvent une situation privilégiée, ils ont un abri pour eux. Pour plaisanter entre nous nous appelons ça un "abri-buffles" (en référence à abri-bus!) Entre deux village nous avons parfois l’occasion de passer sur un petit pont suspendu aux planches largement disjointes, branlant et balançant sous notre simple passage ! La terre, souvent boueuse, est partout dans les villages. Pourtant les gens circulent en tongs, parfois pieds nus dans des bottes de plastique en provenance de Chine, apparues ces dernières années un peu partout sur les marchés. C’est pourquoi dans les maisons au sol de planches ou de bambou, il est habituel de laisser ses chaussures à l’entrée, ce que nous faisons aussi. Nous rencontrons une vieille femme, assise sur un petit banc dans son jardin à biner la terre. Elle s’approche de nous avec son sourire édenté et nous regarde au travers de la haie. Elle annonce 103 ans, son visage est extraordinaire! Je lui fais un petit cadeau et notre guide lui glisse un billet de quelques Dongs. Elle accepte les présents avec reconnaissance et aussi que je la photographie. Partout les rizières en eau sont magnifiques ! C’est un spectacle merveilleux que ces terres plates et vertes, le ciel se reflétant dedans, avec en fond des montagnes semblant sorties, elles aussi, des rizières. Dans l’une d’elles, des femmes pêchent à mains nues dans la boue, de petits crustacés, lesquels une fois pilés, serviront de base à des soupes, leur donnant une saveur particulière et un peu de protéines. Les jeunes femmes se laissent photographier avec le sourire après nous avoir montré les bestioles pêchées. Je demande si elles ont des enfants pour offrir des petites peluches, en me demandant comment elles vont pouvoir les prendre, leurs mains étant boueuses ! Mais elles sont pleines de ressources, et devant mes présents elles tendent tout simplement leur chapeau conique en riant ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 6, 2011 12:04 |
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Continuation vers Moc Chau. La route est longue. Le brouillard froid et humide est présent dès la fin de journée. Le chauffeur montre vite ses limites sur la route non goudronnée. C’est un mauvais conducteur qui va malheureusement le prouver tout au long de ce voyage, en nous mettant en danger plus d’une fois ! L’hôtel est en fait une immense « Maison d’hôtes » pour les fonctionnaires en déplacement, avec une cantine géante. Le menu servi est très « local ». Heureusement qu’on peut toujours se rabattre au moins sur la gamelle de riz ! Tout à coup, un gros groupe de membres du parti, (précision de notre guide) visiblement d’origine ouvrière et en goguette, s’installe bruyamment pour dîner. Il y a une trentaine d’homme et seulement deux femmes ! Les plus hauts gradés sont en uniforme les autres pas. La chambre glacée est d’un confort plus que modeste. On y retrouve le type de « salle d’eau » qui mérite bien son nom. Le lavabo se vide directement par terre, on met une cuvette dessous ! D’ailleurs on sait que lorsqu’on trouve une cuvette ou un seau, ce n’est pas par hasard, mais parce que l’utilité s’en fait obligatoirement sentir ! Les tongs en plastique jaunis ne sont pas là non plus pour la déco !La douche est une simple robinetterie murale avec un tuyeau, et le fait de se doucher inonde tout. Il faut penser avant à enlever ce qui crains, y compris les serviettes. A chaque fois qu’on entre dans cette pièce simplement pour aller aux toilettes, on doit donc barboter avec, ou non, les tongs en plastique ! Comme toujours dans ce cas, je sacrifie le T-shirt que j’ai porté depuis la veille, pour faire un tapis sec au sortir de la salle d’eau. Je vide peu à peu ma valise en semant ainsi mon linge de façon originale au fil des jours… Par contre, l’environnement de pleine campagne fait que la nuit est calme. Pas de bruits de moteurs dehors ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 8, 2011 08:15 |
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Mardi 5 avril. Départ de Moc Chau, vers Son La et Tuan Giao. Avant le départ pour Son La, nous allons nous promener dans Moc Chau. Comme partout, les femmes installées sur le bord de la route proposent leurs légumes à la vente. Souvent les mêmes légumes ou fruits, le lieu de culture et la saison faisant sans doute loi pour ce qui est récolté. Au marché j’achète une lampe de poche rechargeable sur le secteur, car la nôtre donne des signes de faiblesse et on ne trouve pas, ici, de piles de ce modèle. Nous avons l’occasion en cours de route, de visiter plusieurs villages aux ethnies différentes et nous sommes très souvent invités à entrer, avec le thé vert ou l’alcool de riz offert. A Son La, nous déjeunons dans un restau populaire, de riz, viande et légumes divers. La visite à pied du village est intéressante. Les femmes y filent et tissent pour vendre ensuite au marché. Devant l'entrée d'une maison, la grand-mère file et prépare les bobines qui vont ensuite aller dans les navettes pour tisser. Dans la maison où nous sommes invités à entrer, la mère et la fille sont aux métiers à tisser. L’adolescente ne porte pas encore le costume traditionnel car elle va à l’école, et n’est pas encore promise à un fiancé. Elle doit en plus apprendre à bien tisser, car c’est une qualité que regardera de près la famille d’un prétendant ! Notre guide, Ha, répète toujours d’une façon amusante et à tout venant : « c’est typique » Dans une autre maison nous entrons aussi; deux berceaux sont suspendus aux poutres. J’obtiens sans peine l’autorisation de photographier celui où le bébé, assis dedans, nous regarde avec étonnement. La peluche que je lui offre lui permet d’accepter ma présence avec étonnement mais sans pleurer. Comme dans toutes les maisons de Minorités, le foyer alimenté en bois est à même le sol. C’est un grand rectangle délimité par quatre poutres et sans doute isolé du plancher par une plaque de métal. Trois briques placées au milieu servent à rehausser et poser la marmite pour faire cuire la nourriture ou chauffer l’eau pour le thé. Dans certaines maison il y a un second foyer à côté du premier, réservé à la cuisson de la pâtée des cochons. Lorsque nous revenons sur la route, Ho le chauffeur a commis une première grave erreur, il en fera d’autres. Il est entré dans la voiture pour y prendre un journal, a laissé la clé à l’intérieur et refermé la portière ! Il ne peut plus accéder à l’intérieur ! Il nous faut donc attendre, assis en bord de route qu’il trouve un motard acceptant de l’emmener dans un garage à la ville la plus proche. Je m’assoie à l’ombre sur une diguette de rizière au bord d’un ruisselet courant. Je regarde longuement une femme qui s’approche, et déverse un sac de végétaux boueux, genre algues, vraisemblablement récoltés dans la rizière. Elles les met par poignées dans un linge à mailles de filet fin et les rince par paquets dans la rigole qui coule devant sa maison. Ma présence intéressée à son travail ne la dérange manifestement pas. Ho revient , enfin, avec un pro de l’ouverture de voiture… muni d'un kit de cambriolage ! La voiture est enfin ouverte mais il se montre mécontent de devoir payer 20 dollars au dépanneur ! A suivre. *Ce message a été édité le 8-May-2011 8:16 AM par moa*
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moa |
Date du message : mai 10, 2011 12:09 |
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Continuation vers Tuan Giao. Arrivés à l’hôtel de type chambre d’hôtes, nous profitons qu’il fait encore jour pour aller nous promener seuls sur le marché avant de nous installer. Les lits sont équipés d’un couchage de type confort "bloc de bois", recouvert d’un coutils imitation matelas! C’est aussi dur que si nous devions coucher sur des nattes. C’est exprès, car le confort est adapté aux besoins locaux, pas au tourisme occidental ! Le coutil étant à fermeture éclair je l’ouvre pour regarder de quoi c’est fait. Cela ressemble à un bloc de polystyrène expansé très dense ! Nous demandons des couvertures en plus, afin de nous faire une espèce de matelas en les pliant en trois sur le lit … Là encore, la salle d’eau mérite son nom, on y patauge dès qu’on ouvre le moindre robinet car toute l’eau finit immanquablement par terre, et y reste ! Le restaurant est, comme souvent en ces contrées, une cantine. Nous sont servis une soupe de légumes, du riz, de la viande indéfinissable coupée finement, et des liserons d’eau. J'aime les liserons d'eau. Certains de ces restaurants populaires, reçoivent aussi le soir des « routiers » qui après le repas peuvent passer la nuit sur un couchage collectif, fait d’une espèce de large table basse en bois couverte de nattes. Une pile de couvertures pour les nuits fraîches est a disposition des dormeurs éventuels. Dans ce genre d’établissement, les toilettes sont « typiques » comme dirait notre guide, quand ce n’est pas carrément « sauvages » ! J’ai pris quelques clichés très parlants ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 11, 2011 13:57 |
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Mercredi 6 avril. Tuan Giao, Lai Chau. Le matin avant de partir nous retournons faire un tour dans la ville et sur le petit marché d’intérêt local. Comme souvent des femmes vendent de la viande de buffle séchée. On la reconnaît à l’aspect marron foncé ou noir et souvent boucané des morceaux roulés pendus aux étals. Des brochettes de viande rose, couvertes d’épices, sont prêtes à être cuites sur un brasero fait d’un demi bidon coupé en travers. J'ai déjà eu l'occasion de goûter une autre année, je sais que c'est bon. Nous assistons à une transaction pour la vente d’une poule vivante, ficelée par les pattes. Comme le prix varie en fonction de son poids, nous voyons la balance à crochets en action. La poule vivante suspendue se débat un peu, cela ne facilite pas les choses ! Sur le marché j’achète une cartouche de cigarettes d’une marque pas chère parce que courante. C’est pour des amis à qui je les ai promises ! Visite de villages d’ethnies Thaï Noir et Thaï Blanc. J’achète un joli tabouret local en bambou à des gens qui, en principe, ne vendent pas ce type d’objets mais sont prêts à me le vendre. Je le savais mais le guide le précise, il suffit de demander, les gens sont toujours prêts à vendre tout , le prix pour le touriste étant forcément plus élevé que pour un vietnamien, tout est bon à vendre. Les stands des marchés ne présentent que des tabourets en plastique de fabrication chinoise. Dans un village le guide nous montre qu’un restaurant local propose de la viande de chien. J'avais dit n'avoir jamais eu l’occasion d’y goûter et c’est donc à cet endroit que nous entrons pour le déjeuner. La viande de chien est servie sous trois ou quatre formes : le foie et une espèce de boudin de petite section, qui sont présentés froids. Des rognons dont nous avons décliné l'offre. La viande elle-même, coupée finement avec la peau les os et le gras, est servie tiède. Il y a aussi des feuilles de cucurbitacées cuites et du riz. Je mange le foie. Je goûte le boudin aussi, mais froid ce n’est pas fameux. La viande tiède, servie avec la peau n’est pas non plus vraiment à notre goût. Il me semble que c’est surtout la façon dont c’est cuisiné qui fait défaut pour nos palais. En effet, si on ne sait pas que c’est du chien on peut croire à du porc, il n’y a pas de goût spécifique. Les chiens sont nourris comme les porcs de ce qu’ils trouvent par terre. Les seules protéines que mangent les chiens sont les os, que les mangeurs jettent par habitude sous les tables au cours des repas. Heureusement pour nous qu’il y a toujours le riz ! Des fonctionnaires entrent dans la maison et s’étonnent que des français mangent du chien! Ils demandent si nous savons ce que nous mangeons! Notre guide traduit de part et d’autre. Les hommes ne veulent pas croire que Daniel a 73 ans. Pour le leur prouver, il sort son passeport que les hommes regardent avec étonnement ! Les toilettes « typiques » sont à cendres dans cette maison… Un petit balais permet de pousser délicatement un peu de cendre après usage. Les écolos chez nous croient avoir inventé les "toilettes sèches" Il faudra les faire venir ici! Plus écolo tu meurs! A suivre
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moa |
Date du message : mai 12, 2011 12:37 |
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Dans une maison du village où nous sommes invités à monter, vivent ensemble comme souvent, trois générations. Des jeunes filles, ravies, me demandent à voir les photos que je fais d’elles. Elle rient beaucoup ! Elles sont en train de manger de curieux tubes d’un beau blanc immaculé et m’en donnent pour y goûter. C’est sec et légèrement sucré. Il m’est expliqué que c’est de la pâte de maïs blanc, moulée et séchée en fin de cuisson en forme de tube au moyen d’une petite machine. (Que je n’ai pas pensé à demander à voir, hélas !) Voyant que je trouve cela bon elles m’en donnent toutes chacune un morceau pour emporter ! Je sors un sac en plastique de mon sac à dos pour les y ranger, ce qui amuse. Le guide dit devant mon geste : « Vous êtes bien organisée ! » Je sors aussi mes « petit trésors » à distribuer pour remercier. Cela met la maisonnée en joie, et l’alcool de maïs sort aussi ! J’ai donné à la maman un tablier sur lequel figurent un couple d’alsaciens en costume, ainsi qu’une maison alsacienne et un plat de choucroute. Il m’est demandé par notre guide si c’est « une ethnie de France » ! Il faut donc expliquer qu’il n’y a pas d’ethnies en France, mais par contre que chaque région a ses spécificités en matière d’architecture traditionnelle, et aussi de plats cuisinés. Qu’il y a aussi parfois des costumes, lesquels ne sont portés que pour les grandes fêtes. Les hommes sont attablés devant des bols de nourriture et nous proposent de nous servir. Nous remercions en affirmant que nous sortons de table. On nous reverse donc une rasade d’alcool ! La télé est allumée et les hommes se passionnent pour un match de foot. Nous auront l’occasion de voir que ce sport est très prisé , même par les guides et chauffeurs le soir dans la salle des restaurants. La route, de style piste, qui reste à parcourir est encore longue, ponctuée de nombreux endroits défoncés par des détériorations et travaux en cours. Arrivés à Lai Chau, que nous ne reconnaissons pas , nous apprenons que ce lieu a changé de nom, et le Lai Chau d’il y a sept ans n’existe plus, à présent noyé sous les eux d’un nouveau barrage ! ! C’est ici à présent , à cette ville, que le nom de Lai Chau est donné!!! Durant tout le trajet, comme nous étions déjà allés à Lai Chau il y a sept ans, mais n’avions pas connaissance de ce « détail », que le guide ne savait pas nous l'expliquer, nous nous demandions donc où le chauffeur nous menait ! Avant la nuit, nous arpentons, seuls et à pied cette petite ville. Sur les trottoirs qui ont, durant un temps, dus être vaguement pavés sans être jointés ; des carrés de terre délimités par du ciment ont été aménagés, aussi à l’origine, pour planter des arbres. Mais comme les arbres n’ont jamais été plantés… les gens ont chacun colonisé un ou deux de ces carrés de terre pour en faire un mini potager devant leur porte! C’est d’un effet très original ! L’hôtel Lan Anh est de type Maison d’hôtes . Lorsqu’on entre dans la chambre étroite, l’aspect est assez sympathique, mais l’odeur forte de moisissure est incommodante, on aère. Cet établissement est construit en bois à la manière des maisons de la région sur des pilotis. Des chambres ont été aménagées en dessous. Notre chambre se trouve donc faite entre quatre de ces piliers de bois… dont un est si pourri que des quantités de champignons blancs poussent dessus ! Ce qui explique la forte odeur de moisi ! Le dîner est pris dans une salle où nous sommes seuls, le chauffeur et le guide se trouvant dans une partie à côté, dont la séparation n’est matérialisée que par deux piliers de bois. Ce qui est servi est bon : crevettes frites, morceaux de poulet en beignets, porc en sauce, choux et espèce de colza en fleur ; et comme souvent le soir pour les occidentaux des pommes de terre frites ! Nous avons constaté que le chauffeur et le guide n’ont jamais ce légume à leur menu, et quand nous leur avons proposé de goûter ils refusent avec une grimace ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 15, 2011 13:05 |
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Jeudi 7 avril. Lai Chau, Sin Ho, Sapa. Au petit déjeuner, le guide et le chauffeur se passionnent pour un feuilleton japonais télévisé, et sous-titré en vietnamien ! Ha nous dit que tout le Viêt Nam suit ce feuilleton avant de partir travailler ! Nous aurons l’occasion de le constater, y compris sur les téléviseurs se trouvant dans le hall d’entrée de certains hôtels. Nous partons tôt pour la visite d’un village où il est habituel que les touristes le parcourent « à vélo ». Nous déclinons les vélos et faisons la visite à pied. Je remarque à l’entrée de certains jardins un assemblage de végétaux, genre paille, tressés et attaché bien en vue. Comme ce village est souvent visité par des touristes, c’est l’annonce que la famille ne veut pas recevoir de visite, ce n’est donc pas la peine de demander. A cette heure du matin, il n’y a que nous comme touristes et nous sommes donc tranquilles. Une famille par contre, nous fait entrer fièrement . La femme nous montre que des occidentaux sont déjà venus chez elle, photos affichées à l’appui. Elle montre aussi qu’elle a des nattes et des couvertures en plus de celles de la famille et peut donc garder pour la nuit des touristes, peu regardant sur le confort. Pour nous, le couchage sur natte posées sur le plancher serait trop rudimentaire ! Elle accepte donc sans problème les clichés, se montrant fière et habituées à cette demande. Nous partons vers un autre village, où je retrouve mon plaisir jamais lassé, des marchés locaux. Un des nombreux coiffeurs pour homme officie dans sa boutique où il vend aussi des vêtements . Il est très courant dans ce pays d’exercer deux métiers, ou deux commerces en même temps. Notre guide lui-même, a un autre métier lorsqu’il n’accompagne pas des touristes ! Au col de Deo Tram Ton, nous faisons un arrêt sur un terre-plein. Celui-ci est prévu par les petits marchands installés sur place. En effet lorsqu’il n’y a pas de brume on doit voir le sommet le plus haut de la région et du Viêt Nam, le Phan Si Pan, qui culmine à 3143 mètres. Mais le brouillard est en plus très mouillé et nous restons peu dehors, étant donné qu’il n’y a rien à voir ! Sous son abri de bâches clouées sur des bambous, la jeune marchande offre le thé vert, et les petits bancs de bois nous sont désignés pour nous y asseoir. Elle cuit sur un brasero du riz gluant au lait de coco, sucré au sucre de canne, à l’intérieur de morceaux de bambous. J’ai déjà mangé ça au Laos, et donc j’en achète un. Arrivés à Sa Pa, ville très connue par le tourisme et dont c’est à présent la ressource première, le guide nous amène d’office dans un restaurant qui fait chic, où il n’y a que des touristes occidentaux. C’est bon, mais nettement plus cher que les autres jours. Nous disons ensuite au guide que ce n’est pas là que nous voulons manger le lendemain et que nous trouverons nous- même un autre restau dans la ville. A suivre.
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moa |
Date du message : mai 16, 2011 12:30 |
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Depuis une bonne dizaine d’années, Sa Pa est devenu très touristique. C’est peu de le dire, les femmes en majorité Dao et Hmong fleurs sautant sur l’occidental, dès qu’il apparaît dans la rue, pour lui vendre ce qu’elles portent sur les bras ! De l’artisanat local, mais hélas aussi des babioles et textiles, dont des sacs et des bonnets, importés tout faits de la Chine proche. Nous regardons les objets de près pour faire la différence. Ce n'est pas par hasard si les bonnets proposés à la vente ne sont pas ceux qu'on voit sur la tête des enfants du lieu! A cette heure de la journée on ne peut donc faire trois pas sans avoir une cohorte à nos trousses. Je prends en photo deux touristes assaillis par une grappe de femmes voulant toutes leur vendre leurs textiles, c’est très amusant à voir d’extérieur ! Nous n’avons pas le look de touristes riches, et savons par ailleurs nous défaire des femmes trop collantes ; il faut feindre l’indifférence et faire le geste vague de la main « reculez-vous ». Nous ne sommes donc pas trop empêchés de circuler. Nous nous promenons dans la rue principale et d’autres rues un peu moins fréquentées, ainsi qu’au petit marché où certains stands sont manifestement destinés avant tout au tourisme. Je marchande et achète à une toute jeune fille deux bracelets en métal argenté destinés à nos petites-filles Nelly et Lise. Là comme ailleurs, les bouteilles de toutes tailles ayant contenu de l’eau minérale sont recyclées en bouteilles pour vendre de l’alcool de riz ou de maïs. C’est pourquoi je sais depuis déjà plusieurs voyages, que hors des villes, je ne dois pas jeter mes bouteilles vides dans la poubelle de l’hôtel mais les laisser aux villageois qui en sont ravis ! Sa Pa est à 1650 mètres et il n’y fait pas chaud. Ce lieu fut une station climatique créée au tout début du XXème siècle par les colons français. Ils venaient s’y rafraîchir à la saison insupportablement trop chaude sur les côtes et dans les grandes villes. On supporte donc le petit pull de coton par-dessus la chemise. En fin de journée, la brume se fait très humide, les touristes sont réfugiés dans leurs hôtels. Je ressors, emmitouflée dans mon K way, faire un nouveau tour. Il n’y a plus cette insistance des marchandes. Je me sens plus libre. Je fais de belles photos de marché et de marchandes qui ne s’occupent plus de moi. A suivre.
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moa |
Date du message : mai 17, 2011 12:56 |
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Ce sont le plus souvent des femmes Hmong fleurs au costume très coloré ou des Dzao au petit chapeau en cylindre, aux vêtements à dominante noire et bandes molletières, mais aussi quelques Hmong rouge, dont le volume du turban rouge, semble augmenter avec l’âge et peut-être le statut social. Elles ont toutes aux poignets des bracelets, au cou des colliers ou chaînes, et aux oreilles des anneaux ou des pendeloques argentés. Aux pieds le plus souvent ce sont des tongs, mais les sandales chinoises en plastique marron font fureur, et cette année les bottes en plastique, qu’on ne voyait pas il y a sept ans, sont aux pieds de beaucoup de femmes. Le modèle le plus prisé est le style imité des tenues camouflées militaires ! Non seulement on en voit aux pieds des femmes, mais aussi sur les stands de tongs, sandales et marchandises leur étant destinées ! Les Hmong et les Dzao ont le plus souvent une hotte panier sur le dos. Y sont souvent plantés un outil, et toujours le parapluie! Celui-ci sert pour la pluie mais aussi de parasol, car la peau blanche est un standard de beauté chez toute vietnamienne, quelle que soit son ethnie. Une jeune femme flegmatique assise, me désigne, d’une main molle, sa marchandise posée à terre sur une bâche. Je lui fait signe avec la main et un sourire que je ne veux rien. Sans bouger de sa place, elle me rétorque d’un ton neutre de mécanique, appris pour le touriste français: « Soyez sympa ! » Je fais un joli cliché d’un enfant jouant dans un escalier de la place du petit marché. Il est habillé de vêtements souillés, de type occidental, mais porte le bonnet traditionnel brodé de perles brillantes et de pompons rouges des petits enfants. Il me regarde à peine étonné, il a l’habitude de voir des occidentaux, ne demande rien, mais se montre cependant ravi de la peluche que je lui tends. Sur cette place, dans la nuit du samedi au dimanche a lieu le « marché d’amour ». Les jeunes gens s’y retrouvent dans le but, prévu, de trouver une femme à épouser. Malheureusement, de nos jours, c’est une attraction qui fait que les cars de touristes vietnamiens et occidentaux arrivent en plus grand nombre le samedi. De ce fait il est de notoriété publique que des prostituées se mêlent aux gens du marché, et offrent à tous, y compris aux touristes, leurs services rémunérés ! Juste avant de rentrer, je remarque un groupe des bonzes femmes qui traversent dans le brouillard mouillé du soir… A suivre.
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moa |
Date du message : mai 19, 2011 14:16 |
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L’hôtel qui annonce trois étoiles est très correct, mais glacé et les matelas à peine moins durs qu’ailleurs ! Trois étoiles obligent, on nous met en route un petit radiateur ! Le restaurant appartenant à l’hôtel est à côté de celui-ci. Il faut sortir dans la rue est descendre pas mal de hautes marches pour y accéder. Il est presque désert, nous sommes les seuls à manger en plus d’une table tout au fond où les dîneurs groupés semblent des employés ou des membres de la famille des restaurateurs. La télé est en marche et nous nous amusons des publicités qui passent. Sunligt est préconisé pour laver la vaisselle ! Le menu prévu pour nous est malheureusement copié sur la cuisine occidentale, mal copié. Ce n’est donc franchement pas fameux ! Nous préférons la cuisine vietnamienne lorsqu’elle est bonne ! A suivre.
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moa |
Date du message : mai 25, 2011 14:27 |
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Vendredi 8 avril. Journée consacrée à Sa Pa et villages avoisinants. Dès le matin nous partons avec la voiture qui nous mène pour la visite à pied de deux villages proches de Sa Pa ; Lao Chai ethnies Thai, Hmong noirs, et Ta Vân ethnie Dzao qui se suivent dans la même visite, sur quatre kilomètres et demie. Le touriste n’a pas fini de sortir de la voiture que des femmes l’assaillent pour vendre d’une manière plus qu'insistante ! De nos jours ces femmes vivent principalement de la vente d’artisanat de textiles aux touristes. Mais aussi, là hélas comme à Sa Pa, de textiles achetés en Chine et revendus faussement comme des créations locales. Le phénomène s’est accentué depuis sept ans où nous étions déjà venus ! Elles ont appris quelques phrases toutes faites en anglais et français pour amadouer. Une des pratiques parmi les plus drôles est de tapoter sur le bras des femmes en disant : « Moi copine, toi copine, acheter à moi ! » Comme nous feignons le désintérêt pour les objets, en assurant « no, không » en faisant le geste de s’éloigner, au bout d’un moment elles se lassent et se reportent sur des groupes plus nombreux que nous. Toute la région est à flan de montagne, les paysages de rizières en terrasse, sont superbes. On nous mène visiter une école primaire dont il est écrit en anglais à l'entrée qu’elle a été financée par des capitaux anglais, et que 400 enfants y sont scolarisés. De très jeunes enfants sont docilement assis au sol de terre battue, et écoutent l’institutrice. Nos « escort’ girls » comme dit Daniel en souriant, se sont un peu lassées et nous arrivons près d’un champs en cours de travail. Des femmes surtout, et quelques hommes, travaillent la terre boueuse avec cet outil fait comme une petite pioche à large fer. Nous avons toujours vu partout cet outil dans les mains des paysannes, aussi en vente sur les marchés ou encore en réparation chez les forgerons. Les femmes qui ne piochent pas ont le plus souvent un bébé dans le dos, enfant dont le bonnet coloré est du plus bel effet. On nous fait entrer dans une maison Hmong. Mais ce n’est pas la spontanéité que nous avions eu dans les autres villages, d’autres femmes chargées de textiles s’engouffrent avec nous dans la maison. On nous laisse regarder, on nous fait certes asseoir, mais on ne nous offre rien; on nous tend seulement les tissus à vendre… Je regarde ce que propose la maîtresse de maison, mais les autres femmes s’interposent pour que je regarde leurs tissus ! J’achète un tissage à la femme chez qui nous sommes entrés; je précise que je ne veux rien d’autre, que j’ai acheté exprès par courtoisie, à la femme chez laquelle nous sommes entrés. Ces explications font cesser la pression. Au dehors, sous abri, des femmes d'ethnie Dzao Noir assises sur un métier, filent au moyen d’un système actionné avec les pieds autant que les mains. La visite terminée, la voiture nous ramène à Sa Pa. Rendez-vous nous est donné après le repas pour la visite d’un autre village. A suivre.
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