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Marie-elisabeth 
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Date du message :
février 3, 2012 11:56
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Sur l'éternel féminin...(joie bonheur tristesse larmes...)
L'Éternel féminin, désigne l'attrait qui guide le désir de l'homme vers une transcendance. Le féminin représente alors le désir sublimé. Dans Faust de Goethe Marguerite s'entend dire: Viens, prends ton vol vers les hautes sphères. S'il te devine, il te suivra. Et le chœur mystique proclame : L'Éternel Féminin nous attire vers en Haut. La Béatrice de Dante est un exemple de ce rôle de guide. Dans une de ses pages prophétiques, Nicolas Berdiaeff prévoit que, dans la société à venir, la femme jouera un grand rôle. .. Elle est plus liée que l'homme à l'âme du monde, aux premières forces élémentales et c'est à travers elle que l'homme communie avec elles... Les femmes sont prédestinées à être, comme dans l'Évangile, les porteuses d'aromates...
Naissance à la femme.
Elle est venue de l'extérieur, elle est venue d'ailleurs, Et cependant elle était déjà en moi, Où l'ai-je vue apparaître? Elles s'est levée comme l'étoile du soir, comme l'étoile du matin Elle annonçait la nuit, elle annonçait le jour, Elle annonçait la vie et portait le sourire de son visage comme un flambeau, Comme la lumière du printemps qui tombe sur les amandiers, Comme la clarté des astres nocturnes qui veille sur le lit pâle Ouvert pour celle qui viendra, Elle est venue, elle est entrée par la fenêtre ouverte, Elle était déjà en moi, et c'est pour elle que les oiseaux chantaient. Elle était en moi, pourquoi regarderai-je du côté de l'horizon ? Elle avait toujours été en moi, mais je ne savais pas encore son nom. Elle m'a dit : Je m'appelle Pandora.
Sans doute dit-elle son nom, celle qu'on aime. Et c'est le plus beau du monde, Il est la clé des forêts où bondissent les faons, Des jardins où tombent chaudes les mirabelles Ou des sombres boudoirs semés d'arts et d'artifices. Il évoque des tropiques ou des étoiles, Il est doux comme un sein, comme un duvet, Mystérieux comme le regard de l'animal qui vient boire dans la main. Sans doute le dit-elle, son nom, et vous l'apprivoisez entre vos lèvres...
Georges Ribemont-Dessaignes ."Ecce homo, 1945 (extrait )
« Pandore », il peut y avoir plusieurs significations : panta dôra, (celle qui a tous les dons) ou pantôn dôra (celle qui est le don de tous les dieux) dans la mythologie grecque. Quoi qu'il en soit elle est le concept d'Eve, elle incarne l'éternel féminin..
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Marie-elisabeth 
Modérateur
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Date du message :
février 4, 2012 09:54
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Comme un fleuve..
Comme un fleuve s’est mis A aimer son voyage Un jour tu t’es trouvée Dévêtue dans mes bras Et je n’ai plus songé Qu’à te couvrir de feuilles De mains nues et de feuilles Pour que tu n’aies point froid Car t’aimais-je autrement Qu’à travers tes eaux vives Corps de femme un instant Suspendu à mes doigts Et pouvais-je poser Sur tant de pierres chaudes Un regard qui n’aurait Eté que du désir ? Vierge tu réponds mieux A l’obscure sentence Que mon coeur fait peser Doucement sur ton coeur Et si j’ai le tourment De ta métamorphose C’est qu’il me faut aimer Ton amour avant toi.
René-Guy Cadou. "Hélène ou le règne végétal"
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Yaelle- 
France
Messages : 322 
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Date du message :
février 4, 2012 12:01
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Pablo Neruda reste mon port d'attache....regulièrement, très souvent, j'ai envie de le relire...
C'est un poème écrit à sa dernière femme, son grand amour, Matilde Urrutia
Matin
J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche, sans manger je vais par les rues, et je me tais, sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi je cherche dans le jour la bruit d'eau de tes pas.
Je suis affamé de ton rire de cascade, et de tes mains couleur de grenier furieux, oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles, je veux manger ta peau comme une amande intacte,
et le rayon détruit au feu de ta beauté, je veux manger le nez maître du fier visage, Je veux manger l'ombre fugace de tes cils,
J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule et je te cherche, et je cherche ton coeur brûlant comme un puma dans le désert de Quitratùe.
Pablo Neruda
" La centaine d'amour"
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G-mate 
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Date du message :
février 5, 2012 18:44
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Victor Hugo, lettre à Léonie Biard :
» Samedi -- trois heures du matin.
Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s’épanouissent comme tu es reine dans mon coeur.
Oui, j’avais lu dans tes yeux ravissants cette lettre exquise, délicate et tendre que je relis ce soir avec tant de bonheur, ce que ta plume écrit si bien, ton regard adorable le dit avec un charme qui m’enivre. Comme j’étais fier en te voyant si belle! Comme j’étais heureux en te voyant si tendre!
Voici une fleur que j’ai cueillie pour toi. Elle t’arrivera fanée, mais parfumée encore; doux emblème de l’amour dans la vieillesse. Garde-la; tu me la montreras dans trente ans.
Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n’est-ce pas, mon ange, comme aujourd’hui, et nous remercierons Dieu à genoux.
Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d’ici là ? Penser à toi, t’aimer, t’envoyer mon coeur et mon âme. Oh! de ton côté sois à moi! à lundi! — à toujours !
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Marie-elisabeth 
Modérateur
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Date du message :
février 6, 2012 05:42
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Celle que j'aime.
Ton coeur est frais comme tes bras Ta bouche est fraîche comme l'ombre Ton ombre est fraîche comme une eau Qui s'écoulerait de ton coeur
Beau corps violoncelle d'amour Les cheveux ont les harpes Au ruisseau d'ombre et d'herbes longues Etincelle le saut des carpes
Celle que j'aime est un ruisseau Qui me caresse de sa course Celle que j'aime est un berceau Où je m'endors au bruit des sources
Celle que j'aime est un rosier Dont je voudrais cueillir la rose Celle que j'aime est un brasier Qui me purifie toute chose
Celle que j'aime est un roseau Qui me courbe sous ses bras frêles celle que j'aime est un oiseau Sa voix c'est du soleil qui grêle
Celle que j'aime est une aurore Qui me sépare de la mort Mais la mort qu'elle porte en elle Est un mystère de lumière.
Maurice Fombeure. "Une forêt de charme"
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G-mate 
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Date du message :
février 6, 2012 18:59
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&Juliette DROUET (1806-1883), maîtresse de Victor Hugo :
» Je fais tout ce que je peux pour que mon amour ne te dérange pas. Je te regarde à la dérobée. Je te souris quand tu ne me vois pas. Je mets mon regard et mon âme partout où je voudrais mettre mes baisers : dans tes cheveux, sur ton front, sur tes yeux, sur tes lèvres, partout où les caresses ont un libre accès… «
« … Bonjour, mon Toto chéri, mon cher bien aimé, bonjour de tous mes veux, de toutes mes pensées, de toutes mes lèvres et de tout mon cœur. Comment vas-tu ce matin mon petit homme ravissant ? Moi je vais très bien. J’ai dormi comme un sabot et maintenant je suis éveillée comme une portée de souris… »
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Marie-elisabeth 
Modérateur
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Date du message :
février 7, 2012 09:11
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Chanson. (L'Ame en fleur)
Si vous n'avez rien à me dire, Pourquoi venir auprès de moi ? Pourquoi me faire ce sourire Qui tournerait la tête au roi ? Si vous n'avez rien à me dire, Pourquoi venir auprès de moi ?
Si vous n'avez rien à m'apprendre, Pourquoi me pressez-vous la main ? Sur le rêve angélique et tendre, Auquel vous songez en chemin, Si vous n'avez rien à m'apprendre, Pourquoi me pressez-vous la main ?
Si vous voulez que je m'en aille, Pourquoi passez-vous par ici ? Lorsque je vous vois, je tressaille : C'est ma joie et c'est mon souci. Si vous voulez que je m'en aille, Pourquoi passez-vous par ici ?
Victor Hugo. "Les Contemplations".
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 7, 2012 09:16
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J'ai beau faire tu es en moi Battante Comme un autre cœur que j'aurais. J'ai beau faire tu viens tu vas Dans les couloirs feutrés où mon sang parle bas. J'ai beau faire je te sais là Toujours Caillot qui rôde A la recherche du jour Et mes mains malgré moi me prennent à la gorge Pour te saisir et pour te tordre Pour t'arracher de moi comme un clou, comme un cri Pavot éclaboussant les murs blancs de ma vie.
Jean Rousselot . "Refaire la nuit"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 8, 2012 05:45
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Sed non satiata Bizarre déité, brune comme les nuits, Au parfum mélangé de musc et de havane, Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane, Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits, Je préfère au constance, à l'opium, aux nuits, L'élixir de ta bouche où l'amour se pavane ; Quand vers toi mes désirs partent en caravane Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis. Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme, Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme ; Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois, Hélas ! et je ne puis, Mégère libertine, Pour briser ton courage et te mettre aux abois, Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine ! Charles Baudelaire. "Les fleurs du mal"
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G-mate 
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Date du message :
février 8, 2012 18:36
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Lettres d’amour de Manon Balletti
Mon cher Casanova Ah ! que M. mon frère m’ennuie ! Il est excédant et l’on ne peut pas être plus gauche qu’il ne l’est, à sa garde ; mais ne parlons pas de lui, car il m’a cosi mis de mauvaise humeur, que je ne veux point du tout l’être avec vous.
Je vais répondre exactement à votre dernière lettre. Vous commencez par m’exagérer beaucoup votre amour, je le crois sincère, il me flatte, et je ne désire autre chose que de le voir durer toujours. Durera-t-il ? Je sais bien que vous allez vous révolter contre mon doute ; mais enfin, mon cher ami, dépend-il de vous de cesser de m’aimer ? ou de m’aimer toujours ?
Mais, passons, car je crois que ces craintes ne vous plaisent pas beaucoup. La crainte que vous me marquez sur l’incertitude et la réussite de vos projets me flatte, parce qu’elle me prouve votre amour, et l’envie que vous auriez de me rendre heureuse en tout point. Je vous assure que je me le trouverai si je puis être à vous et si vous me conservez toujours cette tendresse que vous me devez pour accompagner la mienne. Mais je ne veux point que vos craintes vous fassent me dire de tâcher de vous oublier.
Moi, vous oublier ! moi, cesser de vous aimer, quand j’ai osé vous le dire ! Ah ! vous ne me connaissez pas ! Si vous saviez les efforts que j’ai faits pour vaincre le penchant que je me sentais pour vous quand j’ai commencé à l’apercevoir ! A présent je puis vous le dire, puisque heureusement ou malheureusement je n’y ai pas réussi.
Mais cela m’a donné bien de la peine inutile. J’ai commencé par croire que la complaisance que je m’apercevais avoir pour vous, n’était qu’une simple amitié, mais des plus simples ; je m’amusais avec vous plus qu’avec qui que ce soit, mais je me disais : «Il est gai, il a de l’esprit, cela n’est pas étonnant» ; mais enfin je me trouvais inquiète ; quand vous passiez un jour sans venir au logis, j’étais triste, sérieuse, et je trouvais qu’en rêvant, je ne pensais qu’à vous. Ah ! j’ai frémi, je me suis aperçue du penchant que je prenais pour vous, et l’épouvante s’est emparée de moi. «Que fais-je ? me disais-je ; sur le point d’épouser un homme à qui l’on m’a promise, auquel je me suis aussi promise moi-même, je vais prendre de l’inclination pour un homme que je ne verrai peut-être bientôt plus, qui ne m’aime pas» ; car alors je croyais de bonne foi que vous ne m’aimiez pas ; «que deviendrais-je ? Que je suis imprudente, ridicule ! aimer quelqu’un qui n’a que de l’indifférence, c’est se rendre malheureuse». Mais quelquefois je me figurais que vous pourriez peut-être m’aimer aussi, que vous n’osiez me donner des marques de votre amour à cause des circonstances qui ne vous le permettaient pas.
Les choses sont changées ; il y a eu un disgracié qui vous a fait tout à fait connaître ; je vous ai démasqué et cela ne vous a pas fait du tort dans mon coeur ! Puisse cette tendre amitié que nous avons l’un pour l’autre être heureuse ! Elle peut faire notre bonheur ou notre malheur ; quelle dure alternative ! Il est cosi fâcheux d’aimer !
Mais bonsoir, mon cher ami, je me meurs de sommeil ; ma plume tombe de mes mains, mes yeux se ferment ; mais comme ce n’est point tout cela qui vous écrit, je vais toujours ; mais il n’y a pas moyen, je dors tout de bon.
Bonsoir, bonsoir, mon bon ami, aimez-moi toujours bien. Si vous vouliez me rendre bien contente, vous brûleriez mes lettres ! Je rêve que je vous dis que je vous aime !
avril 1757
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 9, 2012 06:02
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Femme.
Ton regard était une route blanche Qui toucha mon front. Puis je me détachai D'elle, comme on délaisse les vrais chemins trops beaux Tendus au fond des heures et de la forêt.
Ta voix venait de l'ombre la plus charnelle, Ton regard : La plus grave des ombres autour du sang.
Parler t'ouvrait plus loin que l'amour, Plus loin qu'un fruit dévoré. Ton regard était par-delà Plaisir Ou pensée Même on sentait glisser et fuir et reculer Tes souvenirs, Reculer ton destin. Chaque mot de lumière m'arrachait à une halte Pour m'engloutir.
Ta voix venait ainsi, Ton regard, Me dénuder jusqu'à la douleur. Il faut finir ce jour sans rien à finir. J'ai choisi le silence. Mes matelots sourds ont ramé, Mes matelots aveugles, Sans le savoir, au rythme de ta voix.
Georges-Emmanuel Clancier. "Le Paysan céleste" 1956
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
février 12, 2012 19:18
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J’ai rêvé de toi…
Pourrait-il être celui dont mon coeur soupire, amant promis depuis la nuit des temps. Tourmentée, déchirée de désir, rêvant, mourant de lui chaque heure, chaque instant. Invisible à mes yeux, prêt à me séduire, comme l’ombre glissant doucement, doucement, quand donc cessera ce long martyre…
Les yeux emplis de fièvres, regards brûlants, et sachant nos corps se comprendre, tout se dire. Caresses enivrantes, plaisir grandissant, incessant, lancinante, amère et douce envie de mourir, étreinte éternelle, Oh! doux moments. Rêvant sans cesse à ce profond délire. C’est lui, maintenant je le sais , c’est lui que j`attends ….
Anonyme
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 14, 2012 10:04
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L'amour sans trève.
Ce triangle d’eau qui a soif cette route sans écriture Madame, et le signe de vos mâtures sur cette mer où je me noie
Les messages de vos cheveux le coup de fusil de vos lèvres cet orage qui m’enlève dans le sillage de vos yeux. Cette ombre enfin, sur le rivage où la vie fait trêve, et le vent, et l’horrible piétinement de la foule sur mon passage.
Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble, et les feux de l’amour ressemblent aux caresses de votre époux.
Antonin Artaud. "L'ombilic des limbes"
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
février 14, 2012 20:11
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... Un soir favorisé de colombes sublimes, La pucelle doucement se peigne au soleil. Aux nénuphars de l’onde elle donne un orteil Ultime, et pour tiédir ses froides mains errantes Parfois trempe au couchant leurs roses transparentes. Tantôt, si d’une ondée innocente, sa peau Frissonne, c’est le dire absurde d’un pipeau, Flûte dont le coupable aux dents de pierrerie Tire un futile vent d’ombre et de rêverie Par l’occulte baiser qu’il risque sous les fleurs.
Mais presque indifférente aux feintes de ces pleurs, Ni se se divinisant par aucune parole De rose, elle démêle une lourde auréole ; Et tirant de sa nuque un plaisir qui la tord, Ses poings délicieux pressent la touffe d’or Dont la lumière coule entre ses doigts limpides ! ... Une feuille meurt sur ses épaules humides, Une goutte tombe de la flûte sur l’eau, Et le pied pur s’épeure comme un bel oiseau Ivre d’ombre... Paul Valéry (Album de vers anciens
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 15, 2012 11:45
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Laisse-moi !
Non, laisse-moi, je t'en supplie ; En vain, si jeune et si jolie, Tu voudrais ranimer mon coeur : Ne vois-tu pas, à ma tristesse, Que mon front pâle et sans jeunesse Ne doit plus sourire au bonheur ?
Quand l'hiver aux froides haleines Des fleurs qui brillent dans nos plaines Glace le sein épanoui, Qui peut rendre à la feuille morte Ses parfums que la brise emporte Et son éclat évanoui !
Oh ! si je t'avais rencontrée Alors que mon âme enivrée Palpitait de vie et d'amours, Avec quel transport, quel délire J'aurais accueilli ton sourire Dont le charme eût nourri mes jours.
Mais à présent, Ô jeune fille ! Ton regard, c'est l'astre qui brille Aux yeux troublés des matelots, Dont la barque en proie au naufrage, A l'instant où cesse l'orage Se brise et s'enfuit sous les flots.
Non, laisse-moi, je t'en supplie ; En vain, si jeune et si jolie, Tu voudrais ranimer mon coeur : Sur ce front pâle et sans jeunesse Ne vois-tu pas que la tristesse A banni l'espoir du bonheur ?
Gérard de Nerval. "Poésies diverses"
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