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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 24, 2012 09:23
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C'est pour toi ;
C'est pour toi que j'aime la lumière Les hommes les arbres qui te ressemblent Tout ce qui bouge et respire et la pierre éternelle Et le flot partageant tes espaces Et l'eau chantant l'amour
C'est pour toi et c'est toi Qui marches dans les miroirs Et partout dans les choses Mes sœurs si proches
Et cette table tendre qui voit Dans son sommeil les deux ailes de tes mains Et cette table tendre qui entend Ton écho secret dans son épais silence
C'est mon coeur qui te soutient comme un drapeau C'est mon cœur qui t'accueille comme un ciel.
Yorgos Thémélis.(1900-1976) poète grec..poète du sacré , du symbole, des rites byzantins, et du temps suspendu Poésie que l'on dit limpide et mystique, ce qui n'empêche pas la sensualité..
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 24, 2012 09:46
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Maisons blanches, toutes blanches..
Maisons blanches, toutes blanches, les tuiles abricot, les volets bleus, les chevaux cannelle dans la cour les blancs dans le champ vert les balcons d'or et la mer.
Les mûles sur la pente dans les pierres et les petits ânes dans les épines, natte de paille, couteaux et panières, et rires dans les vignes.
Doigts et genoux poitrines et mentons ensanglantés dans le raisin, cris rouges et sueurs, dans les descentes le gloussement doré de la poule.
Et comme bleuit le soir petit à petit, mauve et puis violet, voilà aussi la Sainte Vierge sur la grand-route â côté des charrettes, des clochettes, des cruches et des mouchoirs brodés la voilà la Sainte Vierge et dans son tablier d'argent dix livres de raisin rouge.
Et toi seul, fier comme un cyprès, seigneur des sombres palais des eaux, tu t'assieds à l'écart, face aux clochers, sur la crête de la compassion et de la solitude, et tu égrènes sur tes genoux les grosses grappes des étoiles.
Yannis Ritsos "Jeux du ciel et de l'eau." (1909-1990)
le poète grec le plus célèbre de son vivant, le plus traduit en toutes langues, il a tout chanté, on le nomme le Victor Hugo grec..
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 24, 2012 10:00
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Chanson d'hiver et d'été.
Quand c'est l'hiver dans la mer du Nord c'est l'été à Valparaiso Les navires font sonner leurs sirènes en entrant dans le port de Brême avec des lambeaux de brouillard et de glace sur leurs bouts, tandis que les voiliers étincelants traînent sur la surface du Pacifique Sud de jolies baigneuses.
Cela se passe au même moment, mais jamais le même jour.
Car quand il fait jour dans la mer du Nord - brumes et ombres absorbant des restes de lumière sale - il fait nuit à Valparaiso - rutilantes étoiles lançant des dards aigus aux vagues endormies.
Comment douter que nous nous sommes aimés, que ton souvenir me poursuivait et que ma voix te cherchait - derrière, très près, se trouvait ma bouche.
Nous nous sommes aimés, c'est vrai, et je sais combien : printemps, étés, soleils, lunes.
Mais jamais le même jour.
Angel Gonzalez. poète espagnol.
*Ce message a été édité le 24-Jan-2012 10:37 AM par Marie-elisabeth*
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
janvier 24, 2012 15:14
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Je ne connais beaucoup de poètes de la Méditerranée, mais je vous lirrez avec un grand intéret.
Voici j'ai trouvé sur internet cet auteurÈ ARCHOUR FENNI
Ma langue maternelle
Photo : Karolis Zukauskas Ma langue maternelle est l'amour Le silence est mon chant éternel Si les mots sont de simples détours Mes poèmes sont mes bras fraternels
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 25, 2012 05:54
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un poète algérien..
Bonjour ma vie.
Bonjour ma vie Et vous mes désespoirs. Me revoici aux fossés Où naquit ma misère ! Toi, mon vieux guignon, Je te rapporte un peu de coeur.
Bonjour, bonjour à tous, Bonjour mes vieux copains ; Je vous reviens avec ma gueule De paladin solitaire, Et je sais que ce soir Monteront des chants infernaux... Voici le coin de boue Où dormait mon front fier, Aux hurlements des vents, Par les cris de décembre; Voici ma vie à moi, Rassemblée en poussière...
Bonjour, toutes mes choses, J'ai suivi l'oiseau des tropiques Aux randonnées sublimes, Et me voici sanglant Avec des meurtrissures Dans mon coeur en rictus !...
Bonjour mes horizons lourds, Mes vieilles vaches de chimères : Ainsi fleurit l'espoir En mon jardin pourri ! - Ridicule tortue, J'ai ouvert le bec Pour tomber sur des ronces.
Bonjour mes poèmes sans raison...
Kateb Yacine. "L'Oeuvre en fragments" 1986.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 3, 2012 10:39
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poètes marocain..
Quel oiseau ivre naîtra de ton absence toi la main du couchant mêlée à mon rire et la larme devenue diamant monte sur la paupière du jour c’est ton front que je dessine dans le vol de la lumière et ton regard s’en va sur la vague retournée un soir de sable mon corps n’est plus ce miroir qui danse alors je me souviens
tu te rappelles toi l’enfant née d’une gazelle le rêve balbutiait en nous son chant éphémère le vent et l’automne dans une petite solitude je te disais laisse tes pieds nus sur la terre mouillée une rue blanche et un arbre seront ma mémoire donne tes yeux à l’horizon qui chante
ma main suspend la chevelure de la mer et frôle ta nuque mais tu trembles dans le miroir de mon corps nuage ma voix te porte vers le jardin d’arbres argentés
c’était un printemps ouvert sur le ciel il m’a donné une enfant une enfant qui pleure une étoile scindée et mon désir se sépare du jour je le ramasse dans une feuille de papier et m’en vais cacher la folie dans un roc de solitude
Tahar Ben Jelloun, " Les amandiers sont morts de leurs blessures," 1976.
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Marie-elisabeth 
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France 
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Date du message :
mars 13, 2012 11:57
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Les poèmes de l'Orient avec..
Nadia Tueni.
Femmes de mon pays.
Femmes de mon pays, une même lumière durcit vos corps, une même ombre le repose; doucement élégiaques en vos métamorphoses. Une même souffrance gerce vos lèvres, et vos yeux sont sertis par un unique orfèvre. Vous, qui rassurez la montagne, qui faites croire à l'homme qu'il est homme, à la cendre qu'elle est fertile, au paysage qu'il est immuable. Femmes de mon pays, vous, qui dans le chaos retrouvez le durable.
Nadia Tueni. (Liban).
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 13, 2012 11:59
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Hommes de mon pays.
Dans nos montagnes il y a des hommes, ce sont des amis de la nuit; leurs yeux brillent du noir des chèvres, leurs gestes raides comme la pluie. Ils ont pour maître l'olivier, simple vieillard aux bras croisés. Eux, leurs mains sont de chardons, leurs poitrines sanctuaires, "le ciel tourne autour de leurs fronts, comme un insecte lourd à la chaude saison". Dans nos montagnes il y a des hommes, qui ressemblent au tonnerre, et savent que le monde est gros comme une pomme.
Nadia Tuéni.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 13, 2012 12:03
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Promenade.
Montagne ô bête magnifique, nos racines dans ta crinière,
quatre saisons bien algébriques, un cèdre bleu pour l'inventaire. Lisse et royale la mer sans âge, le vent doux comme un sacrement, Dieu a troqué ses équipages contre les cimes du Liban.
Montagnes ô Montagnes, laissez-moi vous aimer comme ceux qui n'ont pas d'âge sûr; comme on égrène un chapelet de légendes et de murmures. Laissez-moi vous aimer, à genoux comme le paysan et sa terre. Doucement la lune sur le soir de vos chevelures. Laissez-moi vous bercer dans les muscles du vent chaud. Alors la vaste paix, mobile comme un scherzo. Il fut un Liban des jardins Comme il est une saison douce. .
Nadia Tueni.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 13, 2012 12:05
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Ecoute, toi dont la voix fait de grands gestes et dont les bras sont chant d'oiseau, écoute: la ville blanche est un tombeau. Ne crains ni le soir ni l'ennui, tous deux ouvrent sur un jardin. Ne crains ni l'amour ni la nuit, la mort est un chariot faisant route vers l'est, la vie n'est que la vie, simple abri du regard. Ecoute. Il y a sur ton ombre des chemins de quiétude. Absolue. . Nadia Tueni.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 13, 2012 12:14
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En dépit de mes cheveux blonds.
Mes frères En dépit de mes cheveux blonds Je suis Asiatique. En dépit de mes yeux bleus Je suis Africain. Chez moi, là-bas, les arbres n’ont pas d’ombre à leur pied Tout comme les vôtres, là-bas. Chez moi, là-bas, le pain quotidien est dans la gueule du lion. Et les dragons sont couchés devant les fontaines Et l’on meurt chez moi avant la cinquantaine Tout comme chez vous là-bas. En dépit de mes cheveux blonds Je suis Asiatique. En dépit de mes yeux bleus Je suis Africain. Quatre-vingts pour cent des miens ne savent ni lire ni écrire Et cheminant de bouche en bouche les poèmes deviennent chansons. Là-bas, chez moi, les poèmes deviennent drapeaux Tout comme chez vous, là-bas
Nazim Hikmet. (poète turque)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 13, 2012 12:17
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Aujourd'hui c'est dimanche..
Aujourd’hui c’est dimanche. Pour la première fois aujourd’hui ils m’ont laissé sortir au soleil, et moi, pour la première fois de ma vie, m’étonnant qu’il soit si loin de moi qu’il soit si bleu qu’il soit si vaste j’ai regardé le ciel sans bouger. Puis je me suis assis à même la terre, avec respect, je me suis adossé au mur blanc. En cet instant, pas question de gamberger. En cet instant, ni combat, ni liberté, ni femme. La terre, le soleil et moi. Je suis heureux.
Nazim Hikmet. "Il neige dans la nuit et autres poèmes". extrait.
. NAZIM HIKMET .
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
mars 29, 2012 18:39
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Mer Accueillante
Tu n’es pas la frontière entre la vie Et la mort, ô mer, tu es la mort et la vie, tout ensemble. Tu n’es pas l’eau seulement, Et le sel, et les herbes sous-marines, et le noyer qui flotte sur les ailes de ses poumons, message échoué sur le rivage. […] En émergeant de ton eau féconde, nous croyons tous – retrouver la paix dans l’eau natale, à notre dernière heure. Ce sable que tu donnes et reprends, sera à jamais ton nom, pas un seul grain, sans l’aide de ta main – ne pourra être séparé de la multitude. (trad. Mirjana Cerovic-Robin)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 1, 2012 09:24
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Le voyage d'hiver.
Surgisant sans prévenir devant moi dans un jardin enneigé Cette fleur d'un bleu tempête dont j'ignore le nom Il suffit de me pencher pour qu'elle réapparaisse
Allongée de tout mon long sur la steppe Dans le bleu du ciel Le monde, lui et moi, nous deux Nous sommes très jeunes encore plus jeunes Notre sourire A un goût d'école buissonnière
Est-ce le retour, un rêve ou avons-nous vieilli Cette fleur bleu tempête placée entre nous Nous deux le monde et moi Ne cessons de revenir
Gulten Akin ( poètesse turque).
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 1, 2012 09:27
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La passion est durable.
Je me suis perdue Comme un chien qui guette un enfant Le coeur éperdu d'attente
Je me suis perdue Des cris, bizarrement l'écho des voix ne revient pas
Je me suis perdue Ils composent comptent jusqu'au dernier Le dernier a filé de la mémoire, l'appel est interrompu
Je me suis perdue On lit le nom de tout le monde, le sien est tombé
Je me suis perdue Dormir et se réveiller côte à côte pendant des années Toujours ensemble tendre les bras vers l'eau et le pain Discuter, se disp u t er, s'aimer Mais où est la passion où est-elle donc
Je me suis perdue Pour certains c'était la tristesse pour d'autres la nostalgie Certains étaient fous d'amour d'autres oubliaient
Vous tous aimez les morts et les tombes Ca ne durera pas longtemps un jour moi aussi j'attendrai
Gulten Akin. (Turquie); poètesse de la contestation, avant tout sa poésie est synonyme d'engagement
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