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Catal-liseur 
Canada
Messages : 1116 
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Date du message :
janvier 28, 2012 09:19
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 29, 2012 05:32
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Saisons.
Le temps a dissipé la blonde silhouette De mes châteaux de sable aux créneaux sans danger. De ces châteaux d'enfant j'étais la girouette Quand je ne savais pas que le temps peut changer. Mais s'il peut te changer, me changer et me prendre Ma jeunesse d'hier et notre heure aujourd'hui, Il n'empêchera pas les saisons de nous rendre L'iris et l'anémone et le mille-pertuis, La jonquille au printemps, l'automne en chrysanthème, La rose de toujours, la tubéreuse blême, La sauge en plein été, l'ellébore en hiver, L'étoile clématite en la nuit qui se sauve, La glycine de mai dont les larmes sont mauves Et ce qui se défeuille et ce qui reste vert.
Louise de Vilmorin. "Solitude, ô mon éléphant".
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Yaelle- 
France
Messages : 322 
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Date du message :
janvier 30, 2012 15:04
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J'ai aimé ce poème....je l'ai relu...et encore. S'imprégner des mots, laisser venir à soi des ressentis ....comme on regarde un tableau, un paysage...
Le fantôme
D’un souffle printanier l’air tout à coup s’embaume. Dans notre obscur lointain un spectre s’est dressé, Et nous reconnaissons notre propre fantôme Dans cette ombre qui sort des brumes du passé.
Nous le suivons de loin, entraînés par un charme A travers les débris, à travers les détours, Retrouvant un sourire et souvent une larme Sur ce chemin semé de rêves et d’amours.
Par quels champs oubliés et déjà voilés d’ombre Cette poursuite vaine un moment nous conduit Vers plus d’un mont désert, dans plus d’un vallon sombre, Le fantôme léger nous égare après lui.
Les souvenirs dormants de la jeunesse éteinte S’éveillent sous ses pas d’un sommeil calme et doux ; Ils murmurent ensemble ou leur chant ou leur plainte. Dont les échos mourants arrivent jusqu’à nous.
Et ces accents connus nous émeuvent encore. Mais à nos yeux bientôt la vision décroît ; Comme l’ombre d’Hamlet qui fuit et s’évapore, Le spectre disparaît en criant : Souviens-toi !
Louise Ackermann, Contes et poésies (1863)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 1, 2012 11:25
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Prière à la vie.
Certes, comme on aime un ami Je t’aime, vie énigmatique – Que tu m’aies fait exulter ou pleurer, Que tu m’aies apporté bonheur ou souffrance. Je t’aime avec toute ta cruauté, Et si tu dois m’anéantir, Je m’arracherai de tes bras Comme on s’arrache au sein d’un ami. De toutes mes forces je t’étreins Que tes flammes me dévorent, Dans le feu du combat permets-moi De sonder plus loin ton mystère. Être, penser durant des millénaires! Enserre-moi dans tes deux bras : Si tu n’as plus de bonheur à m’offrir – Eh bien – il te reste tes tourments. Lou Andreas-Salomé (1861-1937)
femme de lettre allemande..
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G-mate 
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Canada 
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Date du message :
février 1, 2012 19:02
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POUR LE MEILLEUR
Aujourd’hui est un jour particulier Vous allez l’un à l’autre vous «attacher» Pour le meilleur et pour le rire Un voyage au cœur du plaisir
Que le soleil soit votre destin Et vous inonde de joie dès le matin Que votre jardin secret Soit la plus belle forêt
Pour accueillir bientôt la rose Qui remplira les jours moroses De candeur et d’amour Jusqu’au dernier jour de vos jours
Que ce oui remplisse votre âme Que brûle éternellement la flamme Du désir d’aimer et d’être aimé Et ainsi, de toujours tout donner
Chantal
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 3, 2012 10:52
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Le pays Le pays que je préfère Est à l'intérieur de moi La montagne des chimères Plantée d'arbres à pourquoi. Il faut tracer un chemin Dans un bois impénétrable Sous l'écorce du destin Chercher le sens de la fable. Trouver l'harmonie du Temps Dans les branches du mélèze Pour que la peine d'antan Au vif du printemps se taise. Découvrir sous la fougère La pervenche aux yeux d'enfant Qui dans le feu de la guerre Gardait son contentement. Aboutir dans la clairière Où dort l'étang du futur Tandis que la pensée mère Monte sans frein vers l'Azur. Christine Clairmont. "Sur un air d'éternité" 1986
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G-mate 
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Date du message :
février 7, 2012 18:37
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Foi
Il y a du rêve dans tes yeux Quand tu regardes le ciel Il y a des chants dans tes soupirs Si loin du chagrin
Il y a de l’apaisement dans ta voix Une consolation que rarement j’ai trouvée Dans des mots qui jaillissent D’une bouche humaine
Il y a de l’allégresse dans ta joie Et si de temps en temps tu sanglotes Alors rigole à travers tes larmes Tant d’abnégations
Ô Amour, dis-moi de ta voix douce N’est-ce point, peut-être, un lointain mirage De l’infinie volupté D’être si près de Lui ?
(Alice Nahon, in Vondelingskens, 1920)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 8, 2012 05:20
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Mon amour Parce que j'avais senti la première odeur de l'été j'avais cru que je vivrais mille ans auprès de toi mais j'étais en retard il aurait fallu prendre le train tes yeux puis descendre à contre-voie parmi les bardanes et les orties violettes battre les buissons tambouriner dessus avec des paumes de laine cardée par les ronciers l'avenir se chargea de me détromper vira au bleu-silence tandis que les gousses des genêts-à-balai percutaient sec sur le ciel plié à gauche dans l'odeur de tes doigts.
Thérèse Plantier. "Chemins d'eau"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 11, 2012 12:19
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N’envoyez plus de lettres N’envoyez plus de lettres, seulement des feuilles D’arbres, que le soleil détache ou le vent cueille Ou l’automne abat et dépose entre vos mains. Je ne les recevrai jamais le lendemain, Mais j’ai depuis toujours l’habitude d’attendre Et mon cœur, de veiller, n’en sera pas moins tendre. Vous ne pourrez, c’est vrai, rien écrire dessus, Cependant je lirai comme si j’avais su Les paroles que vous formulez dans votre âme Tant vos rêves pour moi ont l’éclat de la flamme. Choisissez les couleurs suivant le ton des jours ; Que la feuille soit fraîche si le ciel est lourd, Et d’un vert bien profond si le ciel est trop pâle. Qu’elle soit de chêne et blonde comme le hâle Au front d’un bel enfant, quand s’achève l’été, Et lorsque vient Novembre, afin de refléter Ce qu’il ensevelit et ce qu’il remémore Veuillez me cueillir une feuille au sycomore. (Mais qu’elle soit de hêtre, d’aulne ou d’olivier, que m’importe après tout pourvu que vous viviez !) Et si, dans le futur, un jour Dieu vous propose Par hasard le bonheur, pour me dire la chose Envoyez simplement une feuille de rose. Aliette Audra "Poèmes choisis" 1964.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 12, 2012 05:52
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Vous parler ?
Vous parler ? Non. Je ne peux pas. Je préfère souffrir comme une plante, Comme l'oiseau qui ne dit rien sur le tilleul. Ils attendent. C'est bien. Puisqu'ils ne sont pas las D'attendre, j'attendrai, de cette même attente.
Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul. Je ne veux pas d'indifférents prêts à sourire Ni d'amis gémissants. Que nul ne vienne.
La plante ne dit rien. L'oiseau se tait. Que dire ? Cette douleur est seule au monde, quoi qu'on veuille. Elle n'est pas celle des autres, c'est la mienne.
Une feuille a son mal qu'ignore l'autre feuille. Et le mal de l'oiseau, l'autre oiseau n'en sait rien.
On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ? Et se ressemblât-on, qu'importe. Il me convient De n'entendre ce soir nulle parole vaine.
J'attends - comme le font derrière la fenêtre Le vieil arbre sans geste et le pinson muet... Une goutte d'eau pure, un peu de vent, qui sait ? Qu'attendent-ils ? Nous l'attendrons ensemble. Le soleil leur a dit qu'il reviendrait, peut-être...
Sabine Sicaud . Recueil: " Douleur, je vous déteste"
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G-mate 
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Canada 
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Date du message :
février 12, 2012 19:09
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Moments nostalgiques
Quelques notes de musique
Ambiance sur fond nostalgique
Dans mes pensées perdues
Au gré du vent mes idées farfelues
Me transportent dans mes souvenirs
Ou naguère ma vie était pleine de rires
Que faire dans ce monde de misère
Ici et là bas, elle continue la galère
Projets non menés à terme
Vides de tout espoir
Au bout du tunnel… que du noir
Mais où se cache la vraie vie
Celle des épreuves celle des joies aussi
Mes questions restent posées
Sur cette page la plume transcrit mon âme tourmentée…
Kalima
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 14, 2012 10:00
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La bonne joie Souvent, je m'attendris, vraiment, jusqu'à pleurer En m'imaginant nue et dans sa stricte vie, Votre chair jeune et douce et j'éprouve l'envie, Les sens calmes et purs, d'aller la respirer. C'est puissant, c'est divin, c'est neuf... Je m'extasie... Quoi! vous avez un coeur dans votre cher côté, Un coeur de tiède sang, de force et de santé, Un coeur qui bat, profond, à la place choisie? J'adore votre forme exacte et son contour, L'éclat matériel de votre belle lèvre, Votre vigueur qui monte et vous fait de la fièvre Et précipite en vous le besoin de l'amour. Combien c'est net et bon, combien cela m'enchante!... Je pense à votre faim, à votre beau sommeil, Je me dis: "il est plein de sève et de soleil, Et la joie est sur lui comme l'eau sur la plante." Vous avez mon amour, la poigante douceur De l'animal qui boit, qui marche et qui désire Et même, sans vos pleurs, vos rêves, votre rire, Vous avez, par le sang, une haute splendeur. Je vous loue, éblouie et grave, car vous Etes... J'écoute votre pas, j'entends votre soupir... "Ah! comme il est vivant!" me dis-je... "Il doit mourir..." Mon adoration fond en larmes secrètes... Et c'est un plaisir sain, vrai, robuste, émouvant, Je n'y mets pas d'ardeur cache et sensuelle, Et je ris tendrement lorsque je me rappelle Vos cheveux, une fois, emmêlés par le vent...
Hélène Picard. L'instant éternel" 1907.
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
février 19, 2012 16:59
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Curieuse
Tes cheveux sont des araignées noires et griffues
ton front un désert de sable blond
ton nez une vague de son
tes dents ont faim
ta bouche est fine
ton menton
une colline aiguë
mais tes yeux sont deux cratères
de lave et de gouffres ouverts
semés d'étincelles et de feu
Tes yeux sont deux mondes perdus
Lise Deharme
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
février 22, 2012 18:49
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Pour un peu de ta douceur
Pour un peu de ta douceur J’apprendrai ton langage Comme une consœur docteur Je parlerai courage
Mes cordes vibrent et brûlent Tant de mots se bousculent Réclamant un seul calmant Un baiser de mon amant
Saoulée par tes essences Qui paralysent mes doigts Ma force et ma confiance En les recouvrant d’effrois
Pour un peu de ta douceur J’ignorerai les heures Qui assomment tour à tour Mes nuits de rêves d’amour
Je nourrirai ces songes Qui m’empêchent de dormir Et qui parfois me hantent Jusqu’à me faire souffrir
Pour un peu de ta douceur Je me ferai malade Je me ferai balade Au gré de tes chers heurs
Poumon privé de plèvre Lentement tu dégrades Mon cœur lui bradicarde En carence de tes lèvres
Nul choix de sonder les cieux L’iris de tes tendres yeux Pour évaluer mon corps Encore et puis encore
Pour un peu de ma douceur Te feras-tu malade Te feras-tu balade Au gré de mes chers heurs
Synthia Ngoma
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 24, 2012 09:57
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La rose à la mer
Ce n'est point une bague, ô mer, c'est une rose Que c o ndamne et livre à ton immensité : Veuille, en ta tombe éternellement entreclose, Bercer ce peu de grâce et de suavité.
Certes je ne viens pas, consacrant mon offrande, En ma faveur, capter les dons irrévolus D'un destin que mon coeur n'invoque ou n'appréhende, Ni supplier des dieux auxquels je ne crois plus.
Le geste dont je lance, épanouie encore, Cette pulpe florale et son pollen pourpré Au gouffre dont aucun rameau ne peut éclore, Symbolise un refus libre et désespéré.
Car la fleur dont le baume eût enivré ma veille Et l'amour qui voulait exalter mon destin, Je les anéantis d'une chute pareille : Grande marée, à toi cet infime butin !..
C'est fait. A peine un choc éclabousse la lame Qui reforme et poursuit son rythme souverain : Un cadavre de fleur, une douleur de femme, Que pèse cette écume à l'infini marin ?
Amélie Murat. "Le Sanglot d'Eve" 1923,
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