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  Famille : L'art des mots


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Auteur

Sujet : Poèmes de femmes.

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 22, 2012  11:59


   Fluidité.

Quand je ne serai plus là
qui vous aimera,
qui vous bercera,
qui vous dira la couleur
des heures,
le vol de l'oiseau
sur le miroir de l'étang,
le nuage qui s'y pose,
si mollement indécis
que ces floconneux contours
dissous
dessinent,
en image ralentie,
l'apparence même
du pur devenir ?

Qui vous dira le soleil
dansant en farandoles de ronds
sur l'herbe
au pied du tilleul,
et dont les vents dans les feuilles,
en mille figures faites,
défaites
nouées,
rompues, en cadence agile,
fou, mène le branle ?

Qui vous dira les senteurs ?
Le parfum de lune
du jasmin d'Espagne,
l'odeur d'aisselles poivrée
de l'oeillet grenat,
la mielleuse haleine
de la giroflée,
la fine amertume
du laurier fleuri
à point
pour le grand jour des Rameaux,
avec son tourteau
tout clouté d'anis ?

Qui vous dira, ma douceur,
ce qui ne peut être
qu'évaporement ?
Qui le bâtira,
le pont de fluidité,
le seul pont solide
entre vous et moi ?
Ce qui vit encore un peu,
ce qui tout à fait ne vit.

Mathilde Pomès.    "Ferveur" 1928.




..






Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 22, 2012  12:03

Je t'apporte ce soir...

Je t'apporte ce soir ma natte plus lustrée
Que l'herbe qui miroite aux collines de juin ;
Mon âme d'aujourd'hui fidèle à toi rentrée
Odore de tilleul, de verveine et de foin ;
Je t'apporte cette âme à robe campagnarde.
Tout le jour j'ai couru dans la fleur des moissons
Comme une chevrière innocente qui garde
Ses troupeaux clochetant des refrains aux buissons.
Je fis tout bas ta part de pain et de fromage ;
J'ai bu dans mes doigts joints l'eau rose du ruisseau
Et dans le frais miroir j'ai cru voir ton image.

Je t'apporte un glaïeul couché sur des roseaux.
Comme un cabri de lait je suis alerte et gaie ;
Mes sonores sabots de hêtre sont ailés
Et mon visage a la rondeur pourpre des baies
Que donne l'aubépine quand les mois sont voilés.
Lorsque je m'en revins, dans les ombres pressées
Le soc bleu du croissant ouvrait un sillon d'or ;
Les étoiles dansaient cornues et lactées ;
Des flûtes de bergers essayaient un accord.
Je t'offre la fraîcheur dont ma bouche était pleine,
Le duvet mauve encor suspendu dans les cieux,
L'émoi qui fit monter ma gorge sous la laine
Et la douceur lunaire empreinte dans mes yeux.

Cécile Sauvage. "Tandis que la terre tourne"


Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 22, 2012  12:18

   La feuille flétrie

Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie ?
J'aimais ton doux aspect dans ce triste vallon.
Un printemps, un été furent toute ta vie,
Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon.

Pauvre feuille ! il n'est plus, le temps où ta verdure
Ombrageait le rameau dépouillé maintenant.
Si fraîche au mois de mai, faut-il que la froidure
Te laisse à peine encore un incertain moment !

L'hiver, saison des nuits, s'avance et décolore
Ce qui servait d'asile aux habitants des cieux.
Tu meurs ! un vent du soir vient t'embrasser encore,
Mais ces baisers glacés pour toi sont des adieux.

Elisa Mercoeur " Oeuvres complètes"



G-mate
Admin famille
Canada

Date du message : janvier 22, 2012  13:14


Faire..et laisser fuir

mamida
PACA, FR
Poétesse créative

Sur la frêle planète du gazon
Courir sur l'herbe folle
Jeter son cœur sous un buisson
Dans un éclat de rire qui console
.
Vous verrez briller une lumière
Poussée par un vent vigoureux
Pareille à certaines étoiles
qui virevoltent dans les cieux.

Laisser les âmes tordues et sales
Rouler sur les chemin du feux
S'occuper seulement du brin d'herbe
qui se cache, sur l'heure, à nos yeux.

Laisser fuir et disparaitre
ce qui nous paraît odieux
Vers la pauvre et vilaine comète
"sur la terre et dans les cieux"

Chercher dans une goutte de rosée
Ce qui donne à la vie le bonheur
Trouver l'astre bienfaiteur
En chassant loin" la froidure"
Pour dorer un champ de fleurs
Et habiller la forêt de verdure.

Au souffle mourant du vent
La fleur un jour se fanera
Puis tombera pour disparaitre
Vers le printemps qui l' a vu naitre.

Ainsi se mêleront aux étoiles des cieux
Les Etoiles de notre vie...

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 23, 2012  06:48

   Ce par quoi je succombe et ce par quoi je vis..   (autre titre Rozven)

Ce par quoi je succombe et ce par quoi je vis,
Indestructiblement et doucement mêlés,
Et l'élément qui dure, et l'élément ailé,
L'un tantôt triomphant et tantôt asservi


Sont là comme ce roc enfoncé dans ce sable ...
Tandis que la mer monte et que le jour descend,
Sont là comme en moi la course de mon san
Et je suis pour toujours ce rocher et ce sable.


Une éternelle mer absorbant mes absences
S'accroît subtilement de mon passage vain,
Prend ma chair négligeable et l'intègre au divin,
Et mon souffle perdu concourt à ses essences.


Seul endroit de la terre où mon cœur se retrouve,
Seul endroit où mon cœur s'est pour toujours fixé,
Il n'est pas d'avenir, il n'est pas de passé,
Sur la plage qu'un flot et découvre et recouvre.


Tout un destin se noue en sa seule journée,
Un amour s'abolit, complet en un moment,
Ici je sais, ô mon bonheur, ô mon tourment,
Pourquoi je suis venue et pourquoi je suis née.


Avant que de partir je me lègue à moi-même
Pour faire de ce site un asile hanté.
Heureux qui, comme moi, pressent dans ce qu'il aime
La forme et la couleur de son éternité.

Germaine Beaumont (1890-1983)    "Disques"










Yaelle-
France
Messages : 322

Date du message : janvier 23, 2012  12:41





J'ai découvert ses poèmes il y a quelques années...sa culture...ses cultures sont très présentes
dans ses textes, dans une ouverture sur de nouveaux horizons....ses mots me touchent...


Andrée Chedid, née le 20 mars 1920 au Caire (Égypte) et morte de la maladie d’Alzheimer[1] le 6
février 2011 à Paris], est une femme de lettres et poète française d’origine libanaise. Elle est
la mère du chanteur Louis Chedid, de la peintre Michèle Chedid-Koltz et la grand-mère du chanteur
Matthieu Chedid.



    ))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))



Toi-Moi

Par l'univers-planète
un univers à toute bride
Par l'univers-bourdon
dans chaque cellule du corps

Par les mots qui s'engendrent
Par cette parole étranglée
Par l'avant-scène du présent
Par vents d'éternité

Par cette naissance qui nous décerne le monde
Par cette mort qui l'escamote

Par cette vie
Plus bruissante que tout l'imaginé

TOI

Qui que tu sois

Je te suis bien plus proche qu'étranger.

Andrée Chedid ("Contre Chant" )




G-mate
Admin famille
Canada

Date du message : janvier 23, 2012  13:03


BÉATRICE DE DIE
                                    (écrivait vers 1170)
                                    
                                    
                                    CHANSON
                                    
                                    Grande peine m'est advenue
                                    Pour un chevalier que j'ai eu,
                                    Je veux qu'en tous les temps l'on sache
                                    Comment moi, je l'ai tant aimé;
                                    Et maintenant je suis trahie,
                                    Car je lui refusais l'amour.
                                    J'étais pourtant en grand'folie
                                    Au lit comme toute vêtue.
                                    
                                    Combien voudrais mon chevalier
                                    Tenir un soir dans mes bras nus,
                                    Pour lui seul, il serait comblé,
                                    Je ferais coussin de mes hanches;
                                    Car je m'en suis bien plus éprise
                                    Que ne fut FLore de Blanchefleur.
                                    Mon amour et mon coeur lui donne,
                                    Mon âme, mes yeux, et ma vie.
                                    
                                    Bel ami, si plaisant et bon,
                                    Si vous retrouve en mon pouvoir
                                    Et me couche avec vous un soir
                                    Et d'amour vous donne un baiser,
                                    Nul plaisir ne sera meilleur
                                    Que vous, en place de mari,
                                    Sachez-le, si vous promettez
                                    De faire tout ce que je voudrai.
                                    

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 24, 2012  05:44

L’Autre.

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dé n u d e un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

Andrée Chedid. "Poèmes inédits" au "Printemps des Poètes" 2008.



*Ce message a été édité le 24-Jan-2012 5:45 AM par Marie-elisabeth*

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 24, 2012  05:53

Saison des hommes.

Sachant qu’elle nous sera ôtée,
Je m’émerveille de croire en notre saison,
Et que nos cœurs chaque fois
Refusent l’ultime naufrage.
Que demain puisse compter,
Quand tout est abandon
Que nous soyons ensemble
Égarés et lucides,
Ardents et quotidiens,
Et que l’amour demeure après le discrédit.

Je m’émerveille du rêve qui sonde l’avenir,
Des soifs que rien ne désaltère.
Que nous soyons chasseurs et gibiers à la fois,
Gladiateurs d’infini et captifs d’un mirage.
Les dés étant formels et la mort souveraine,
Je m’émerveille de croire en notre saison.

Andrée Chédid. "Double pays" 1965.


G-mate
Admin famille
Canada

Date du message : janvier 24, 2012  18:47


TU ME MANQUES
Je suis assise ici, seule, si triste et solitaire. Je pense à toi souvent -- chaque minute du
jour, me demandant comment tu vas, ce que tu fais, souhaitant te serrer dans mes bras.

Je suis assise, me souvenant de tout ce que nous avons partagé, rêvant à tout ce qui
sera, et je verse une larme pour chaque minute sans toi.

Parfois, je crois en ma force et que le temps qui nous sépare s'écoulera vite, et puis
parfois, je m'assieds et pleure et me demande pourquoi faut-il que l'amour fasse ainsi
mal...

Bien que parfois dans la solitude... quelque part dans le vide je me sente pourtant très
aimée, et je réalise que ce n'est pas l'amour qui fait si mal... c'est d'être sans toi.

(Cathy Lynn Oaks)

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 25, 2012  09:34

Une femme poète née en Syrie, et résidant en France...
...

Maram al-Masri.



Je voudrais être une femme...

Je voudrais être une femme.
Signe distinctif
un sourire éternel sur les lèvres,
des baisers
profonds comme le miel.

Je voudrais être une femme
qu'on ne peut ni additionner
ni soustraire
ni multiplier
ni diviser
ni gommer
ni sommer
ni assommer.

    ....

Je pleure pour toi...

Je pleure pour toi
Femme pleine de lune
Pleine de rivières
Pleine d'arbres

Je pleure l'eau qui te remplit
la tempête qui souffle dans ta poitrine
le feu qui attise ton imagination

Je pleure ta tendresse
ta compassion
ta naïveté
et ta folie
de la liberté.


    ....

Je les ai vues
Elles,
leurs visages aux bleux camouflés
Elles,
leurs meurtrissures cachées entre les cuisses,
Elles,
Leurs rêves capturés, leurs mots muets
Elles,
leurs sourires fatigués

Je les ai vues
toutes
passer dans la rue
âmes aux pieds nus,
regardant derrière elles,
inquiètes d'être suivies
par les pieds de la tempête,
voleuses de lune
elles traversent,
déguisées en femmes normales.
Personne ne peut les reconnaître
sauf celles
qui leur ressemblent.

Maram al-Masri. "Les Âmes aux pieds nus".

G-mate
Admin famille
Canada

Date du message : janvier 26, 2012  19:02


Musique espagnol

merdesiles3
Poétesse prolifique

L'Espagne chantait ce jour là.
Le jour ou j'ai retrouvé ton coeur enfoui sous la tendresse.
J'ai fait celle qui ne voyait pas
Pourtant je me suis réchauffer à quelques pas
A cette chaleur,à ta voix.

les violons m'ont chanté la tristesse d'amour
les sourires fragiles que nos lèvres ont su un jour.
S'offrent et se donnent en un poème ou en un mot.
M'attendais tu?

Espagne...
Tu étais parti comme ça.
Sans bruits,sans éclats.
M'aimais tu déjà?
Je ne sais pas.

Ce soir la mer est pur et le soleil ironise sur le sable.
Dessine sur la dune un coeur de lune.
Dans l'eau et dans la lumière éternel
Je vois tes yeux et les fils barbelés, sur ton front le reflet.

L'océan bleu.
Ou sont tes yeux?
Ou sont tes mains?
Reviens m'emmener au soleil d'Espagne.

Je fermes les yeux.
Mon coeur contre ton coeur
Je nous sens frisonnés.
Quand la musique des violons mélange les sons pour nous deux.

Catal-liseur
Canada
Messages : 1116

Date du message : janvier 27, 2012  13:30

Je n'ai le temps de ces belles lectures que chez-vous aussi je vais manifester le plus souvent
mon appréciation par des binettes discrètes pour ne pas vous interrompes car l'orthographe
et moi n'avons pas de fréquentations heureuses.

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 28, 2012  05:33

A la vie.

Je suis digne de toi et digne de tes dons
Amers ou doucereux: plaisirs, douleurs et joies;
Avec la même force et de fiers abandons,
Je les étreindrai tous comme de belles proies.


Car pour moi tu es Une: harmonie et beauté.
Je veux vibrer à tout: au léger vent qui passe,
A l'eau qui coule et bruit, et à la cruauté
Lâche de l'ouragan qui ravage et trépasse.


Je veux mordre aux fruits mûrs, me griser de soleil,
De clartés, m'alanguir dans toutes les ivresses:
Corps à corps douloureux, parfums lourds, sang vermeil;
Amasser tes trésors, épuiser tes richesses.


Oui, je voudrais tout voir, tout goûter, tout sentir;
Souffrir jusqu'au dégoût, jouir jusqu'à l'extase;
Sangloter, haleter, hurler, m'anéantir;
Boire à ta coupe d'or la pourpre qui m'embrase.


Inconsciente et veule, en gémissant un jour,
Je t'ai haïe, alors, mais jamais méprisée,
Et mon cri de révolte était un cri d'amour.
Pour toi, je n'aurai plus insulte ni risée.


Car de tous les plaisirs, de toutes les douleurs,
Mon être jaillira, renouvelé sans cesse.
Tout éclatant de force et de jeunes chaleurs.
Et d'une inextinguible et ardente allégresse.


Car sur mon âme vaste, en un rythme angoissant,
Toute sensation semblable au flot immense.
Hardi, tumultueux, passe l'élargissant
Et la laissant toujours plus avide et intense.


Mon corps ardent frissonne et tremble de désir,
S'arque vers l'inconnu, arde, de toutes fièvres!
Exalté, fier, superbe, il est prêt à saisir
Les bonheurs irrêvés ou les brefs plaisirs mièvres...


En une exaltation splendide je te veux.
Car je t'aime et te hais, harmonieuse orgiophante
De la mort, donne-toi dans des spasmes nerveux,
O sublime ennemie! force triomphante!


Quels que soient tes présents je te dirai: merci!
Pesante de chagrin et de morne souffrance,
Ou légère de joie et libre de souci.
Pleurant ou délirant, j'irai sans défaillance


La bouche douloureuse ou les lèvres inertes,
Jusques à la mort, Vie, emplis mon emop*****;
Et moi, ivre d'amour,les narines ouvertes.
Les seins dressés vers toi, je te crierai: Encore!

Valentine de Saint-Point . (1875-1953) extrait "Poèmes à la mer et au soleil"

Valentine de Sain-Point est bourguignonne, petite nièce de Lamartine.
Coeur moderne tourné vers la satisfaction du désir, individualiste plus
préoccupée de cri que de mesure, elle a laissé des poèmes de violence, colorés
et parfois anarchiques..

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : janvier 28, 2012  05:44

Au soleil.



Soleil, se peut-il donc que je ne sois pour Toi
Qu'une corolle que tu éclos et déflores,
Qu'une feuille tremblante, un fruit que tu colores,
Qu'un être inconscient qui te voit sans émoi?

Est-il possible que le parfum que tu mets
Sur ma peau en moiteur ne te soit davantage
Que l'odeur du lilas et celle de l'ombrage
Que pour toi ma chair soit la neige des sommets?

Le bruissement de l'herbe et le cri des oiseaux
Autant que ma pensée ardente et créatrice
Te seraient chers! Ma voix ne serait que complice
Des rumeurs de l'insecte et des clameurs des eaux?

Soleil, se peut-il que tu n'aimes pas plus qu'eux
Mes chants harmonisés et qui rythment ta gloire,
Et que mes consciences, intuition, mémoire,
Ne t'émeuvent pas plus que leur instinct oiseux?

Est-il possible enfin que ton rayon vermeil
Ne s'attarde jamais sur ma chair désireuse
Avec plus d'amour et d'ardeur dévotieuse
Que sur le marbre froid et l'éternel sommeil?

Qu'un être s'offre à Toi, t'apportant avec lui
Fleurs, fruits, chants, toute la nature qu'il résume,
Que loin de t'accueillir comme tout a coutume
Avec insouciance ou sacrilège ennui,

Il voit ta beauté, l'adore et connaît tes dons;
Que pour mieux se donner il reste solitaire,
T'aime sans inconstance et sans yeux pour la Terre;
Que tant d'ardeur, d'amour et d'exaltation
                                          
                                          Te laisssent insensible,
                                           Soleil, est-ce possible ?


Valentine de Saint-Point .    "Les poèmes de la mer et du soleil"



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