Amicalien - Pour créer des liens et des amitiés

Présentement sur Amicalien
Les membres en ligne : 94
Les nouveaux membres : 13
Anniversaires aujourd'hui : 29


Le forum des familles Amicaliennes



  Famille : Délire poètique


Ce sujet fait partie de la famille Délire poètique. Cette famille est semi-privée. Vous pouvez lire le contenu de cette famille mais vous devez vous y inscrire pour échanger.



Auteur

Sujet : La grande tricherie

Felipe
Admin famille
France

Date du message : novembre 4, 2011  02:06

RETRAITES : LA GRANDE TRICHERIE
Par Pierre Mascomère, actuaire consultant.
dimanche 25 juillet 2010
par Solidaires 06
popularité : 7%

RETRAITES : LA GRANDE TRICHERIE

Le gouvernement a présenté son projet de « réforme » des retraites. Des quatre-pages
publicitaires dans toute la presse en vantent à profusion les mérites.

Le quotidien Les Échos du 10 juillet présente cette réforme comme le souhaite le
gouvernement. Mais ce journal, peu suspect de critiquer cette réforme, la présente aussi,
dans la même page, selon sa propre vue(1).

Se plaçant en 2020, il détaille en effet « l’effort de redressement » de 30 Md€ prévu.

Cet « effort » est supporté par les salariés, les entreprises, et des recettes nouvelles ne
touchant pas les entreprises. Les salariés, du fait du report de l’âge légal de la retraite,
participent pour 20,2 Md€, et, du fait de la hausse des cotisations salariales des
fonctionnaires, pour 4,9 Md€. Les entreprises, notamment du fait de minorations
d’allégements de charges, participeront pour 2,2Md€. Le solde est constitué de diverses
recettes nouvelles, hors entreprises, dont 1 Md € de taxes supplémentaires sur les
revenus du capital.

L’effort supporté par les salariés est donc de près de 84%, celui supporté par les
entreprises de 7%.

Le gouvernement triche
Que disait le gouvernement, repris et martelé par les médias :

« le problème est démographique, la solution doit être démographique » ;
« l’espérance de vie augmente donc il faut reculer l’âge légal de la retraite et/ou
augmenter le nombre d’années de cotisations » ;
sans oublier, bien sûr, qu’« il ne faut pas obérer la compétitivité des entreprises
françaises ».
Mais le problème est-il réellement démographique ?

Le titre des Échos du 16 juin 2010 : « Les besoins de financement du système de retraite
ont triplé avec la crise » résume bien la situation. Situation d’ailleurs décrite dans le
rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) et même dans le document
d’orientation du gouvernement.

Que les besoins de financement triplent avec la crise signifie que la crise représente
66% des besoins de financement et la démographie 33%.

Même si on acceptait le slogan du gouvernement, « le problème est démographique la
solution doit être démographique », cette solution ne devrait pas excéder 33% du
financement. Or les salariés à eux seuls supportent 84% ! Les salariés supportent donc
à plein l’impact de la crise sur les retraites. Ce serait plutôt aux financiers et aux banques
de supporter le poids de leurs erreurs.

En plus, il y a arnaque
Revenons à la « démographie ».

L’espérance de vie a augmenté et notamment l’espérance de vie à partir de 60 ans, ce
qui majore notablement la charge des régimes de retraite, c’est certain. Mais les effets
du « papy-boom » sont encore plus importants. Or, ce « papy boom » vient directement
du « baby boom » des années 1946 à 1970. Il y aurait eu largement le temps d’anticiper
ses effets !

Justement l’ARRCO (2), qui avant la crise ne présentait pas de déficit notable à l’horizon
2020/2030 avait en partie intégré depuis longtemps ses effets.

L’ARRCO, du fait de la réforme, va donc devenir excédentaire… et déjà le patronat
réclame une baisse de ses cotisations...

Le gouvernement Jospin, constatant que rien ou presque n’avait été fait pour ce
papyboom a alors créé le Fonds de Réserves des Retraites (FRR) pour alléger une
partie de la charge des régimes. C’était une bonne ou une mauvaise idée, mais elle a eu
le mérite d’exister. Les gouvernements de droite qui ont suivi se sont empressés de
mettre fin à la grande majorité du financement de ce FRR. Sans le remplacer par quoi
que ce soit. Et maintenant, alors qu’il y avait de nombreuses années pour faire face à ce
problème, le gouvernement présente la facture, en urgence !

Oui, l’espérance de vie à partir de 60 ans a progressé jusqu’à maintenant de 1,4 an par
dix ans. Mais les « réformes » de 1993 et de 2003 (Fillon) parlent explicitement de cet
allongement.

Sans succès apparemment !

Ces gouvernements de droite sont décidément très mauvais.

Il reste l’augmentation de l’espérance de vie entre 2003 et 2010. Et sur cet aspect il serait
effectivement légitime que les employeurs et, sous conditions, les salariés, financent ce
coût supplémentaire.

Les salariés et les employeurs.

Car au nom de quoi les salariés devraient-ils toujours supporter – seuls - toutes les
augmentations de coûts ?

En 1993, comme en 2003. Il n’y a pas eu de majoration de cotisations patronales.
Pourquoi ? Pour ne pas obérer la compétitivité des entreprises ?

Là aussi il y a arnaque

Pour préparer cette « réforme », le gouvernement avait demandé au Directeur général de
l’Insee, Jean-Philippe Cotis, un rapport sur le partage salaire/profit de la « valeur
ajoutée » (VA) des entreprises françaises. Au grand dam du patronat qui y voyait la
possibilité d’ouverture d’une boîte de Pandore.

Mais la communication du gouvernement, les médias, et aussi la mauvaise foi manifeste
du rapport, ont fait qu’une seule idée a été retenue : « depuis 20 ans le partage de la
valeur ajoutée entre les salaires et les profits n’a pas varié ».

Le tableau ad hoc (fig. 2 page 10 du rapport ) du rapport le montre effectivement. Mais il
montre aussi qu’avant ces 20 dernières années, la part des salaires dans la valeur
ajoutée était largement plus élevée.

Beaucoup plus dans les années 80, mais aussi bien plus auparavant, et de façon
relativement stable. Et le « point » de valeur ajoutée représente approximativement 16
Md€ !

Mais si la part des salaires a baissé, où est donc passée la différence ?

Est-elle passée en investissements qui auraient eu le mérite de conforter ou de créer
des emplois et de la richesse réelle ?

Non, un coup d’œil sur le partage des profits, après impôts, suffit. Les investissements
(3) ont stagné, mais les profits distribués aux actionnaires ont, eux, largement augmenté.

Si l’espérance de vie à partir de 60 ans est passée entre 1981 et 2010 de 20 ans à plus
de 24 ans, les dividendes sont passés de 3,2% à 8,4% du PIB ! (sociétés non
financières, source : INSEE)

Il y a donc de quoi, entre taxes sur les fauteurs de la crise financière et cotisations des
entreprises, et voire - sous conditions - des salariés, financer largement les retraites.

Même si il faut tenir compte de la disparité des rentabilités des entreprises.

La « réforme » du gouvernement n’est ni juste ni équilibrée
Les salariés supportent 84%d’un coût global du pour 66%à la crise et à 33% à la
démographie. Les entreprises en supportent 7% et les fauteurs de la crise : rien !

Les petits salariés sont les plus touchés, à la différence des cadres du secteur privé
ayant fait quelques études supérieures qui ne le sont pratiquement pas. Alors ?

Au-delà du fait que rien ne figure quant à « l’emploi », élément essentiel pour les
retraites, et l’économie en général, il y a plus grave encore.

Le gouvernement et le Medef vont maintenant essayer de faire baisser les salaires,
comme cela a déjà commencé en Allemagne (4).

Cela creusera encore plus les déficits publics et nécessitera une nouvelle « réforme »
des retraites.

Les retraites générales seront ainsi progressivement réduites au niveau anglo-saxon. Un
espace sera enfin ouvert pour des systèmes facultatifs privés en capitalisation, pour le
plus grand profit des Assurances et Banques capitalistes, deux secteurs parmi les plus
grands pourvoyeurs de fonds du Medef et soutiens actifs, et pour cause, de la réforme !

sources sitées