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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
mai 24, 2010 08:17
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E m o t i o n s
doucefee Que de ressemblance dans nos émotions Que de tristesse dans nos abandons Vie merveilleuse, sans trahison Vie mortelle, quand on n’est pas à l’unisson
Les oiseaux commencent à chanter dans ma chambre Les merles s’accrochent sur mon oreille pour t entendre Est ce bien toi, qui me fera oublié ce maudit destin Est ce bien toi, qui sera le révélateur de tous mes biens
Attendre avec tendresse notre redécouverte Nouveau monde, à la senteur des oranges vertes qui embellira la chaleur de mon cœur la tendresse de mes actes, avec bonheur
La marginalité est notre point fort Éternels enfants face à la mort Nous braverons les tempêtes sous un ciel bleu Et gravirons les échelons de ce monde hideux
J’aspire à te connaître du plus profond de mon âme Pour qu enfin, je puisse estomper mes larmes Perles de rosées, à la naissance du printemps Il ne nous reste que les plus beaux instants
D amour, de sourire, de vie, d espérance D amour, de joie, d ivresse , de tolérance D amour , de tendresse, de respect mutuel D amour, de poésie, de miel perpétuel
Peut être serons nous comblées demain Plus jamais d’orties, d’ épines sur notre chemin Que la vie soit enfin clémente et chérie Pour notre unique grain de folie
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mai 26, 2010 08:51
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La guitare amoureuse..
La guitare amoureuse et l'ardente chanson Pleurent de volupté, de langueur et de force Sous l'arbre où le soleil dore l'herbe et l'écorce, Et devant le mur bas et chaud de la maison.
Semblables à des fleurs qui tremblent sur leur tige, Les désirs ondoyants se balancent au vent, Et l'âme qui s'en vient soupirant et rêvant Se sent mourir d'espoir, d'attente et de vertige.
Ah ! quelle pâmoison de l'azur tendre et clair ! Respirez bien, mon coeur, dans la chaude rafale, La musique qui fait le cri vif des cigales, Et la chanson qui va comme un pollen sur l'air..
Anna de Noailles.
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
mai 28, 2010 08:13
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Il est encore temps
Il arrive parfois que nous refusions les occasions de progresser que nous offre la vie.
Nous les refusons parce que nous croyons que nos ressources sont limitées, nous avons peur de manquer de temps, d’énergie, d’argent.
Nous avons peur de trop en faire, d’être bernés. Nous sommes méfiants.
Nous justifions nos réactions en proclamant que nous connaissons nos limites, que nous devons nous protéger, que nous sommes vulnérables et fragiles.
Après avoir réfléchi à notre attitude, nous pouvons admettre avec simplicité que nous croyons en nos peurs et nos faiblesses.
Il peut alors arriver que nous regrettions notre décision et que nous aimerions bien revenir en arrière pour faire un autre choix.
Nous le pouvons.
Mentalement, nous pouvons le faire et confier à l’intelligence universelle le soin d’annuler les conséquences de notre réaction négative.
Si, dans les faits, il se révèle difficile de revenir sur notre décision, encore là, ne nous fions pas aux apparences et laissons la vie organiser les circonstances qui nous permettront de grandir et de nous renforcer.
Aucune erreur n’est irréparable. Tout problème a une solution.
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Lady_orchidee 
Canada
Messages : 2978 
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Date du message :
mai 29, 2010 14:32
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Souvenirs oubliés
Éphémères nuées, D'un passé adulé, Et qu'un souffle léger, Supprime indifférent... Souvenirs solitaires, Précaires, Amers... Avenir piétiné, Sans pitié... Mon premier dit je veux, Mon deuxième chantonne adieu, Mon troisième s'écrie reviens, Et dans mon quatrième, on entend le mot fin... Sans toi je suis si bien... Tais-toi, ne dis plus rien, Jamais ! Souvenirs de papier Léger, froissé, souillé Emportés tout là-bas, broyés par les grands vents, Au creux de l'horizon gourmand... Évanescence d'un passé, Grotesquement truqué ! Veille bien sur ta paix, Tu pourrais l'égarer ! Et ne reviens jamais Déranger ce silence... Dont les rythmes m'enchantent et tendrement m'encensent Et m'étreignent et m'emportent en leur douce cadence... Là où le temps enfin nous offre enfin le temps... Les yeux dans les étoiles, et éternellement, Je danse !
Texte site de Chez Mélia
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
mai 31, 2010 07:56
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Paix et fraternité.
vesperal2 Ma voix pleure ses vers comme un chagrin de brume... Je suis face à la mer, debout, fixant les cieux, Fouetté par les embruns et les perles d'écume, Les vagues de lumière éblouissent mes yeux.
Que le vent les emporte, au loin, au bout du monde, Ces élans fraternels chargés d'humanité... Vers ces pays lointains et qu'à chaque seconde S'élève un chant d'amour et de fraternité.
Je perçois vos douleurs, vos peurs et vos souffrances, Ô vous autres moi-même en mon coeur je ressens Vos printemps déchirés, le poids de vos silences, Ces cris de désespoir des peuples innocents.
Je souffre où vous saignez, je saigne à vos blessures, Ô vous frères humains vos chagrins sont mes pleurs... Votre enfer est le mien et miennes les morsures Du froid mordant vos corps, exorbitant vos peurs.
Mais je n'aurai de cesse, en toutes circonstances, D'être aux abois toujours, de crier au secours, Et d'envoyer au ciel mes sonnets et mes stances Qui valent mieux pour moi que mes pauvres discours.
Ô vous, rompus, brisés par le poids de vos chaînes, Je suis là, enchaîné, dans l'immense prison... Comme un soleil blessé qui suinterait ses peines Je rougis dans vos yeux dénués d'horizon.
Vos enfants sont les miens, vos mains sont mes prières, J'ai votre foi en moi comme unique destin... Et vos chemins de paix, où vous marchiez, naguères, J'y marche empli d'amour depuis le clair matin.
Je suis là, près de vous ! Comme un parent vous aime Je partagerai tout jusqu'au moindre frisson... J'espère au fond de moi qu'au su de ce poème Votre coeur et le mien seront à l'unisson.
Que mes mots partent au loin, ô brise passagère, Sur ton aile emportés vers tous les malheureux ! Des lendemain d'espoir, ma douce messagère, Dans la clarté du jour déposerez pour eux.
Ma voix pleure ses vers dans un chagrin de brume... Je suis face à la mer, debout, fixant les cieux, Fouetté par les embruns et les perles d'écume, Les vagues de lumière éblouissent mes yeux.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 6, 2010 11:18
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aujourd'hui 6 juin Le D.DAY, souvenir du débarquement des alliés en Normandie..
Pour les seize ans d'Anne-Marie.
Anne-Marie, le jour de tes seize ans, Souviens-toi que tu es née sous les bombes, mon enfant. Oui, souviens-toi, Marie, que tu naquis pendant L'abominable guerre Sous les courtines de la terreur Sur un sommier de chair saigneuse. Souviens-t'en, souviens- t'en, Marie au nom de mère, De pleureuse qui prend la mesure de son fils En allongeant son corps troué sur ses genoux. Souviens-t'en, souviens-t'en le jour de tes seize ans Et ne l'oublie jamais, Et qu'il y ait toujours du pain dans ta balance Pour annuler le sang, le désastre, la honte Et l'injustice Qui vers le bas, si lourdement, tirent le monde. Anne-Marie née sous les bombes Avec ce nom de mère, avec ce nom d'amour, Avec ce nom de paix et de perpétuité. Souviens-t'en, souviens-t'en Quand tu iras dans les autres mondes, en week-end, Et que je serai mort depuis longtemps. Ces étoiles, là-haut, ressemblent aux mitrailles Qui crevaient les plafonds la nuit de ta naissance. Retiens-les de pleuvoir sur l'homme des labours et des garages, Des usines et des fumées, Toujours le même, mon enfant, Dans le chef d'oeuvre si vulnérable de sa peau, Dans le miracle de sa pensée à chaque instant sauvée des eaux. Sois tout amour, Marie, toi qui naquis pendant L'abominable guerre.
Jean Rousselot; "Les Moyens d'existence" 1976
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
juin 7, 2010 07:48
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La nature se réveille
Saintongeaise Rouge-gorge de mon jardin Sautille et volète, Patiemment trouve du grain Au milieu du gazon. Pour le plaisir des mirettes, Au chaud dans ma maison, J'attends le printemps tout Attendrie par l'oiseau Qui bouscule tout caillou Pour dénicher tantôt Un insecte ou un ver, Alors que je suis sur terre Dans un nid bien douillet, Lui évite le minet.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 10, 2010 09:22
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Souhait.
Avec lenteur coulent mes jours Multipliant au fond de l'âme Les maux d'un malheureux amour, Des rêves fous, de tristes flammes ;
Moi, devenant silencieux, Je pleure, les pleurs me consolent, Et mon âme qui se désole Y trouve un goût délicieux.
Que de la vie il ne demeure Rien... Je n'aime que mes tourments... Disparaissez, ö tristes heures, Je veux mourir, mais en aimant !
Alexandre Pouchkine.
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Lady_orchidee 
Canada
Messages : 2978 
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Date du message :
juin 11, 2010 18:08
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Sois toi-même... Être soi-même, en fait, est d’abord un devoir, une manière de rendre hommage au don qu’est la vie... Sois toi-même pour affirmer ta dignité d’homme ou de femme... Être soi-même, c’est pour le croyant se souvenir de l’existence de vérité et de respect que Dieu impose à l’homme... Être soi-même, c’est montrer la volonté de faire surgir ce miracle et cette divinité qu’il y a dans la vie... Affirmer qu’il faut être soi-même, c’est reconnaître à l’âme, et donc à la personne, son caractère sacré... Sois toi-même, par volonté d’honorer et de remercier Dieu, si tu es croyant... Sois toi-même, par volonté d’affirmer la grandeur de l’homme, si tu ne crois qu’en l’homme... Sois toi-même, par souci et désir de liberté... Sois toi-même, parce que c’est ainsi que tu seras le plus efficace... Sois toi-même, parce qu’il n’y a pas d’autre manière de créer et de laisser une trace... Sois toi-même car, à la fin des fins, c’est la seule manière que tu as d’être fidèle, et d’honorer les tiens... Sois toi-même, ainsi tu seras HOMME. « Martin Gray »
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Lady_orchidee 
Canada
Messages : 2978 
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Date du message :
juin 13, 2010 10:00
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N'ABANDONNEZ PAS
Quand tout va mal, comme c'est parfois le cas. Quand la vie semble dure et pleine de tracas. Quand l'argent manque et que les dettes s'accumulent. Quand vous voulez sourire mais que les larmes perlent. Quand demain semble loin et que le moral est bas. Reprenez votre souffle, mais n'abandonnez pas!
La vie n'est pas facile si l'on veut réussir, c'est un combat sans fin qui ne fait que grandir. Certains baissent les bras fatigués de lutter, quand en persévérant ils auraient pu gagner. Gardez toujours l'espoir et le succès viendra! Reprenez votre souffle, mais n'abandonnez pas!
Le but est souvent plus proche qu'on ne le croît. Celui qui capitule apprend toujours après, qu'en s'acharnant encore une dernière fois, il aurait pu se voir couronné de succès. Rien ne s'obtient jamais sans en payer le prix, Le succès ne dépend que de la volonté. C'est le fruit du labeur et de l'assiduité. Persévérez toujours, envers et contre tout. Gardez la tête haute au plus dur du combat. Reprenez votre souffle, mais n'abandonnez pas.
(Auteur inconnu)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 13, 2010 10:02
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Ombres.
Quand mes pensées s’arrêtent Et figent les instants
Quand en moi se répètent D’autres lieux d’autres temps
Quand d’un mot d’une phrase S’estompe le décor
Et quand un ange passe D’ennui ou de remords…
Je cours après mon ombre Et nul ne sait
Quand la folle nature Me fait de grands cadeaux
Quand d’une fleur d’un murmure Me vient comme un écho
Quand soudain souvenances Vont s’accrochant aux heures
Et quand réminiscences M’emplissent de langueur
Je cours après mon ombre Et nul ne sait
Quand mes pensées s’arrêtent Et figent mes pensées
Quand en moi se projettent Appréhensions rentrées
Quand le temps et ses traces Me gavent de frayeurs
Et quand je les ressasse Ricanant de mes peurs…
Je cours après mon ombre Et nul ne sait
Quand les jours en dérive Se taisent infiniment
Quand l’image s’esquive Et se couvre d’un blanc
Quand les anges s’éloignent Et n’en ai chaud ni froid
Et quand regrets me gagnent D’en être sans émoi…
Je cours après mon ombre Et nul ne sait
Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981.
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
juin 14, 2010 08:27
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Chaque mot murmuré
benino2
À l’ombre de ton corps Je tisse avec mes doigts Dans le silence de nos ors Les perles de nos émois.
Vertiges de mes sens Corps dans la pénombre. Ton âme en transparence S’animent nos ombres.
Chaque mot murmuré, Souffle court du désir Nos corps enfin délivrés Toi et moi en devenir.
À l’ombre de ta vie J’écoute chanter le vent Et la rose endormie Entrevoit son printemps.
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Angeline58 
Modérateur
Belgique 
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Date du message :
juin 15, 2010 05:02
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Poèmes merveilleux de Jacques Brel
Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir, et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer, et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous. Jacques Brel
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 15, 2010 10:34
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Ce jour-là, quand je t'ai vue,
Ce jour-là, quand je t'ai vue, j'étais comme quand on regarde le soleil ; j'avais un grand feu dans la tête, je ne savais plus ce que je faisais, j'allais tout de travers comme un qui a trop bu, et mes mains tremblaient.
Je suis allé tout seul par le sentier des bois, je croyais te voir marcher devant moi, et je te parlais, mais tu ne répondais pas.
J'avais peur de te voir, j'avais peur de t'entendre, j'avais peur du bruit de tes pieds dans l'herbe, j'avais peur de ton rire dans les branches ; et je me disais :"Tu es fou, ah ! si on te voyait, comme on se moquerait de toi !" Ca ne servait à rien du tout.
Et quand je suis rentré, c'était minuit passé, mais je n'ai pu m'endormir. Et le lendemain en soignant mes bêtes, je répètais ton nom, je disais : "Marianne..." Les bêtes tournaient la tête pour entendre ; je me fâchais, je leur criais :"Ca vous regarde ? allons, tranquilles, eh ! Comtesse, eh ! la Rousse." et je les prenais par les cornes
Ca a duré ainsi trois jours et puis je n'ai plus eu la force. Il a fallu que je la revoie. Elle est venue, elle a passé, elle n'a pris garde à moi.
Charles Ferdinand Ramuz "Le Petit village".
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Angeline58 
Modérateur
Belgique 
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Date du message :
juin 16, 2010 13:33
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BEAUTE DU MONDE
La beauté du monde s’enveloppe dans la clarté, se révèle par l’interstice entre l’apparence et le vrai. La fluidité dans le vol, dans l’élan, dans le ruissellement des formes ; le chatoiement du soleil sur la vague ou bien sur l’horizon fantasque ; les fractures dans le roc, les craquelures de la terre ; le chevauchement des couleurs ou des sons qui s’enchantent ; le corps et puis la vie ; ce regard qui soulève au cœur d’un ciel de traîne un envol de drennes et de nuages. La beauté convulse. Dans un chant stellaire. L’opacité du monde.
( Daniel Leduc)
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