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Auteur

Sujet : Description de l'omme, prologue/ jacques rebotier

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : janvier 30, 2012  11:10


Poète, écrivain, musicien ,dramaturge, philosophe , un peu tout ça à la fois même ,Jacques
Rebotier a de quoi en surprendre plus d'un par son parcours, avec parfois une vision des choses à
la fois pleine d'humour et aussi très sérieuse et philosophique , ce joueur de mots ne peut
vraiment laisser indifférent n'importe lequel de ses lecteurs à venir et ils viendront j'en suis
bien persuadé.



Description de l'omme, prologue
Quelques extraits


5.
De la parole.

5.1.
Aux alentours de sa dix millionième respiration, l'idée vient à l'omme d'utiliser autrement cet
air qu'il rejette à regret.

5.2.
Ainsi lui vient l'idée de parole.

5.3.
L'idée est tellement insupportable à l'omme de perdre quelque chose, fut-ce du CO2.

5.4.
Ainsi lui vient la parole. Tout en rejetant l'air, l'omme s'exerce à le sculpter au moyen de sa
louche, mâchoire, langue, lèvres, de façon à émettre des sons.

5.5.
Serrer, desserrer, tourner, retourner, mâcher ce qu'il appelle ses mots, comme attendu l'omme
détourne les mouvements qu'il a appris dans l'astication.      

5.6.
La parole parasite le souffle, la parole est un parasite du souffle.
Ou, plus exactement, un commensal.
Et plus précisément, le commensal de l'expir.

5.7.
Il modèle comme une glaise sa parole.

5.8.
Pression, vitesse, débit, forme de l'échappement, volume de la caisse qui résonne, rien n'échappe
aux variations vives du robinet.

5.9.
Coucou dans le nid du souffle. Aigrette-oiseau sur le dos de l'hippotame.
La parole couche dans le lit du poumon.

5.10.
L'activisme de la langue, en particulier, est phénoménal, qui parvint même, dans certaines,
disons, langues, à donner son nom au langage.

5.11.
Constrictions, resserrements, brusques détentes, chuintements, grognements, sifflements, le
serpent ne retient plus sa joie.

5.12.
A force d'ouvertures et de fermetures, la louche et sa langue découpent dans le vent des
consonnes et des voyelles, qui sont le squelette et la chair.

5.13.
Le chant est le sang.

5.14.
Les consonnes sont les branches et le bois de l'arbre, les voyelles sont les feuilles.

5.15.
Les voyelles, légères, comme semelles dans le vent.

5.16.
Dans le chant l'omme étire la chair des voyelles, sa voix est un être liquide.

5.17.
Lorsqu'il chuchote, sa langue lisse et caresse les consonnes pour transformer les sonores en
sourdes, et les oreilles en muettes.

5.18.
Dans le murmure, il jette sur l'air un sac d'ombre.

5.19.
Tous ces sons, l'omme les utilise comme des signes, qu'il adresse aux autres de la main ; ou à
soi, lorsqu'il est trop tard.

5.20.
La pensée précède-t-elle la parole, ou bien la parole précède-t-elle la pensée ? En réalité elles
parlent toutes les deux en même temps sans jamais s'interrompre, et sans jamais s'interrompre.

5.21.
Don, vente, ou achat, on appelle langage l'échange de ces signes vocaux. La forme la plus usitée
en reste le troc.

5.21.
Parfois il se lance dans la pensée qu'il dépense en de longs monologues (potlatch).

5.22.
L'outil principal de la parole est la langue, qui ment toujours lorsqu'elle dit la vérité.

5.23.
Les ommes se servent de certains signes vocaux comme d'une carte de visite, ou à puce. Ils leur
sont personnels et leur permettent de se présenter les uns aux autres quand ils vont se visiter.
La femelle omme peut reconnaître au moins deux mille signes vocaux différents et s'en souvenir
pendant des années.

5.24.
Le territoire des ommes est plus vaste que celui des chèvres, et leur espérance de vie est de
trente-huit ans. Ils ont donc l'occasion de faire de nombreuses rencontres. En s'en souvenant,
ils augmentent leur réseau de relations et s'offrent ainsi un environnement vocal plus paisible.



Que dit cette marche ?
Qu'époumonne ce chant ?

5.25.
Dans la respiration, le corps marche et chante le chant de l'ici et de l'ailleurs.


Poésie.
Dans la respiration
Le corps marche et chante
Le chant
De l'ici et de l'ailleurs.

5.26.
Le poumon est plein, il regrette le vide; le poumon est vide, il est aspiré par le vent. La
parole est de même poussée par le vide et portée par le vent.


Son père est le vent
Sa mère est le sang
L'omme
Est un joli joli bateau

5.27.
En parlant, le corps cherche à se vider, et l'esprit vise le vide.

5.28.
Lorsqu'il réussit à se débarrasser de la parole, l'omme la mange en pleurant.

5.29.
La parole est le sang transparent.

5.30.
Conséquence.
Lorsque l'omme cesse de parler, il peut enfin respirer.

5.31.
Seuls les arbres ne meurent pas.

5.32.
Nous avons examiné plus haut d'où l'omme tire ses pensées.

Si vous le voulez, nous examinerons plus loin d'où l'omme tire ses pensées.


Chanson

A la différence du serpent
Qui dit toujours la vérité
La langue ment
Sans se lasser



Chronique.

Aujourd'hui, Gabriel-Désiré Redondant a utilisé à la manière d'une pelleteuse-malaxeuse ce rose
instrument pour s'alimenter, pendant près de 57 minutes ; il a, quasi une heure, détourné
subtilement ces mouvements jadis appris dans la mastication, de manière à sculpter direct-live ce
jet d'air qu'il rejette en continu alternatif de sa bouche, et ceci à seule fin de communiquer
avec ses dissemblables ; et il a consacré quelques six minutes à titiller, voire lécher, pour pur
plaisir, des muqueuses variées. Il tente enfin douze secondes d'un usage itératif et pointu, dans
l'espoir de déloger d'un entre-deux D. un détritus fibreux. (Il aurait tout de même pu le faire
avant!)

Cet omme, dans ses meilleures positions, se trouve être une bébébête à deux dos, à deux langues,
et à voix. Sa langue elle-même, dans sa meilleure disposition, a un dos, une pointe, une ou
plusieurs veines bleues, et, à la commande, un peu de salive, qui le sauve d'être sec. Il ne sait
plus la bouger. Il est épuisé. Mais de quoi parlez-vous ? Il s'allonge sur le dos. Il ne parvient
plus à boucher sa bouche, fusse avec son langage. Il ne sait pas davantage bouger. Il pense à cet
organe en lui qui est le plus métonymique et le moins à lui, du moins en français, ou tout autre
langue latine.

                        À présent il récapitule mentalement la chaîne des mouvements
qu'aujourd'hui il a effectué, à seule fin d'en déduire demain, léger accéléré, mais grossi plus
de    dix fois, quoi ? Une petite danse.



22.
Organisation sociale, ploutocratie, loto.



De la liberté de l'égalité. Un projet de constitution.

Article 1.

Tout omme a le devoir impératif d'être libre.

Article 2.

La liberté est obligatoire pour chacun, sauf lorsqu'elle vient entraver l'exercice libre de ses
devoirs.

Article 3.

Tout hindividu a le devoir d'avoir le droit de travailler en tant qu'esclave.

« Le travail rend libr' ». (H'egel, Goebbel's, fazendeiros...). Il est dans l'obligation de la
liberté de rendre travailleur.

Article 4.

Le travail rend ivre.

Article 5.

L'intérêt général s'arrête là où il dérange l'intérêt des particuliers (et en particulier de
certains particuliers).

Article 6.

L'exercice de la pensée hindividuelle est libre et souveraine mais, pour des raisons pratiques,
les médias seront la propriété de particuliers.

Article 7.

Tout hindividu aura droit à confier son intérêt particulier à la BIG, Banque d'Intérêt Général,
qui gérera au mieux de leur intérêt l'intérêt des particuliers.

Article 8.

L'hindividu a tout intérêt à souscrire pleinement à l'intérêt général de certains particuliers.

Article 9.

Il conviendra ainsi de distinguer avec soin entre particuliers-particuliers et particuliers.

Article 10.

Cas particulier de la femme.

Le droit-de-l'omme de la femme à être librement contrainte est inaliénable. (Voir décret
d'application « voile »).

Article 11.

L'intérêt général de masse ne pourra pas excéder 0,005 %.

Article 12.

L'intérêt général des particuliers-particuliers est de l'intérêt de tous et ne peut être limité.

Article 13.

Celui qui est plus égal et plus général que les autres a le droit-devoir de les conduire au mieux
de son propre intérêt général.

Article 14.

L'intérêt général-général n'a pas grand intérêt.

Article 15.

Tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire (Ussolini).

Article 16.

Si l'application de la présente constitution vient à présenter des difficultés, des pouvoirs
pleins et spéciaux pourront être conférés au général Intérêt.

Article 17.

La fraternité sera remplacé par la paternité.

Article 18.

Le général Pierre-François-Georges Intérêt exercera l'exercice de ses pleins pouvoirs dans
l'intérêt de l'intérêt général.

©jacques rebotier 2004



Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 12, 2009  02:47


L'adieu aux rochers / de Jacques Rebotier

coute ça, Monica. L'homme est le seul animal dont la société dépende d'un loto. Pour organiser sa
jolie société, les hommes s'en remettent à la tenue d'un loto, c'est pas beau, ça ?
Mon loto : Dao-djaune, Naze-de-dak, Claque 40, Niquez les Ï ! D'accord, Jones ?


Est-ce que les crapauds organisent des lotos? Non. Crapauds organisent des raves-parties.
Crapauds dépendent leur vie de choses
comme taux d'humidité des mares et qualité des moustiques à bouffer, c'est encore plus bête. A
pus, crapauds !
Crapauds n'avaient qu'à jouer à bourse du loto.


Le politique dépend de l'économique, l'économique dépend du financier, le financier dépend : du
loto. C'est pas du sens du jeu, ça ? Homme est un animal ludique, on vous l'avait déjà dit.
Est-ce que les orchidées ont le sens du jeu ? Pas du tout. Les orchidées jouent à rien. Les
orchidées sont des planquées. Niquez les orchidées !


Qui passe là au dessus de nos têtes ? C'est loto. Loto peut rapporter petit. Loto peut et doit
rapporter petit à petits et gros aux gros, sinon pas loto. Qui passe et manque au dessus de nos
têtes ? C'est Loto-casino, Loto-nuages, Loto-météo.
Tiens, mais c'est qu'il fait vent aujourd'hui, force quarante ! C'est la faute à Météo. Jean-
Antoine Séisme et Raphael Raz-de-marée sont passés. Catastrophe naturelle, on vous dit. Légère.
C'est la faute à L'air-du-temps, Volatilité des marchés volatils, moral des ménages de ménagères
à la berne de moins de cinquante-cinq ans, avis de grand frais sur mer aux bourses pleines par
manque de confiance en.
Résultat : feux de forêt monétaires planétaires. Fallait ranger vos billets.


Milliards partis en fumée.


Nécessité krach ? Non, non, petit à petit. Ecoutez, petits, comme l'oiseau fait son nid ! Petit,
petit… Crash du crunch du krach, ça c'est ancienne méthode. Une petite claque 10 ou 20 de temps
en temps : amplement suffisant. On s'en aperçoit moins.


Dites, partis vraiment en fumée ?


Qui organise loto ? Pêche au gros. Jamais petits qui pêchent sur territoire de mer des gros.
territoire-merritoire est fait pour pêche de pêche des gros. Belle pièce, non ? Ça fait deux cent
ans que vous nous la jouez, c'est pas un peu trop long ? Pas du tout ! Plus ça joue longtemps du
bras et plus ça nous fait le bras long. C'est la brasse. N'aviez quà apprendre à nager. On a
aussi crawl appuyé, brasse coulée, surf sur meufs et batô beau, tout ça sous pavillon qui nous
plaisent. Vous en commandez un ?


Ecoutez je comprends pas bien. C'est feu de forêt ou mer de liquidité, vous pouvez répéter. ?
C'est comme on veut. C'est les deux. C'est l'important c'est qu'on pense catastrophe naturelle,
c'est pas nous c'est nature, ça dépend pas de nous, surtout pas de toi en tout cas, conséquence :
rien à faire, vous voyez ? Alors, convaincu ? Pas de quoi.


Mais dites, vraiment partis en fumée ? Pas plutôt dans des poches ? Des autres poches ?
   
Quand la mer monte, grosses et petites poches remplissent. 1, petites : un peu. 2, grosses :
grossement.
Et Pas-de-poches ? Remplissent jamais pas. Mais aussi, elles se vident pas, hein ! Pas de
poches : pas de problèmes. Tenez-le vous pour heureux !
Papa-Pas-de-poches pas trop content, mon enfant. Apprends à dire content, petit. Bien… Bien pour
chéri pas bien dans son corps mais bien dans son esprit. Installez-vous dans rien qu'on vous dit.
Bien c'est bien. C'est bien-bien de rien. Vivez moins que rien !


Casino ? Ya !
Bourse qui monte… qui monte… qui monte… qui monte… qui monte, ffllloup ! Casino-yo et yo ? Ya,
ya… Ya… Est-ce que possibilité ya de faire monter ya-ya la bourse ? Yes. Bourse qui monte… qui
monte… qui monte… qui monte qui monte, t'achète-je-vends, ffllloup ! Achetez, achetez, achetez,
achetez, hop je vends, achetez, plouf. Vendez, achetez, vendez, achetez, vendez, vendez, vendez,
j'achète-j'achète, plouf. Bon j'arrête parce que votre confiance, j'ai plus trop confiance.


Diabolo ? Ya-ya-ya. Mais attention, faut pas diaboliser le diabolo, hein ! Diabolo crée des
emplois. Diabolo crée croissance. Diabolo crée confiance. Pas diabolise la reprise qui crée la
confiance qui crée la croissance qui crée la confiance qui crée tout. Diabololo crée
conconfiance. Et faudrait pas casser le thermomètre avec l'eau du bain. Noyer la reprise dans le
temps des cerises. Pas bouger, hein ?
Pas citoyen : consommateur. Pas usager : client. Pas salarié : technicien de société-surface.
T'es content ?

...


L'adieu aux rochers / de Jacques Rebotier

Jacques Rebotier est poète, homme de théâtre et compositeur.
calendrier des représentations à consulter sur le site de l'auteur

TROUVE SUR INVENTAIRE-INVENTION, MERCI a EUX!   



Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 12, 2009  03:05

le moment que




   extrait 1   

Depuis tout ce temps, mon poussin, je me bats avec mes idées, mon amour, je me bats avec mes
idées contre d'autres idées, je me bats avec mes idées contre les autres, mon amour, avec les
autres, je me bats avec mes propres Idées, contre mes idées, je me bats contre l'idée même d'une
idée de moi, mon amour-poussin, je me bats avec mes idées, avec toi, avec les autres, je me
combats au moyen de mes idées, aidé de toi, et contre des poussins, je me bats avec l'énergie
comme un malpropre, avec le désespoir, je me débats avec mon amour-propre,, poussin l'énergie
comme un malpropre, avec le désespoir, je me débats avec mon amour-propre, poussin : c'est
décidé, je vais me battre contre la propreté, avec l'énergie, contre le mal, et contre le
désespoir.   
      



litanie du coup de la foudre   


1 je...
2 c'est lui
3 j'en suis sur
4 c'est lui,c 'est lui
5 aussitôt j'ai su
6 à l'instant même où il
7 mon sang a fait son grand tour
8 'a l'instant même où je l'ai vu
9 dès que je vous ai vu, tu m'as plu
10 dès qu'il m'a regardé, je n'ai plus pu
11 dès ce moment je n'ai eu de cesse de
12 il a suffi que vous, il a fallu que tu (oui)
13 mon cœur l'a reconnu au premier coup de son œil
14 c'était en bas, dans la rue, chez des amis, au café (il pleuvait)
15 son âme toute entière vaut le regard, détour, voyage
16 le vous aime depuis que je vous ai vu avec vos cheveux
17 je vous aime depuis que tous ces yeux que vous m'avez balancé
18 je vous aime pour cette façon dont vous m'avez dit je vous aime
19 je vous aime sur mon coeur, sans les mains, sous les pieds, plus si affinités
20 je vous aime pour c'est comme si nous nous étions toujours déjà rencontré
21 dès qu'il est apparu, tout de suite il m'a sauté aux yeux et il m'a fait les poches
22 je vous aime pour ce moi qui m'aimais toi qui t'aimais et nous qui n'avons vu que nous
23 j'aime votre tète, j'aime votre bec. et les plumes, et les ongles, j'aime ton tronc
24 à l'instant où, sitôt que, aussitôt que dès cet instant dorénavant (c'est pas ça du tout)
25 je vous aime pour ma gorge s'est renouée, mon sang n'a fait qu'un, mes veines sont devenues
bleues
26 vous m'avez donné le goût des larmes, des chaudes larmes, du sel dans la bouche, du petit salé
27 je vous aime pour tour ce sang que vous avez retourné jusqu'à ce que mon plus grand silence
apparaissse
28 c'était chez des organes, Il pleuvait, c'était au café, dans une salle d'attente, c'était,
c'était là
29 quand je pense que je nous attendais depuis tant de temps, depuis tout le temps, depuis tout
de suite, depuis là
30 pour ma sécurité ne tentez pas de monter en voiture au moment de ma fermeture et du chant du
départ
31 pour votre félicité entrez sur vos mains courantes en marchant dans ma vie essuyez-vous les
pieds (c'est pas ça non plus) (non)
32 pour ce qu'avant de quoi je n'existais pas, je ne vivais pas, je n'existais pas auparavant, le
n'existais pas vraiment (non, non vous ne pouvez pas dire cela, Rosalie)
33 je ne pense qu'à vous, je ne mange plus, je ne dors plus, je ne pense plus, je ne pense qu'à
nous, je ne pense plus qu'à moi
34 quand je pense, quand je pense que vous (pensez-vous ) quand j'y pense, je me rappelle tant de
choses, mais je n'y pense pas souvent. /...

JACQUES REBOTIER
   

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 13, 2009  03:27


Description de l'omme. Extrait

41.1
Brin d’istoire.
Le meilleur ami de l’omme fut, selon époque et circonstance : le bœuf (trait, bidoche), la vache
(boisson nutritive), le cheval (guerre, transport), le mouton (vêture), la chèvre (services
sexuels).
Le dernier meilleur ami de l’omme fut le chien (garde, défense et compagnie…).

41.1.1
Le chien, produit dérivé du loup. (Voir le chat, produit dérivé du tigre.)

41.2
Voir aussi : bœufs coiffés d’une toque blanche faisant l’article de leur propre menu, impatients
d’être mangés ; cochons hilares, persil touffant leurs oreilles et narines, etc.

41.3
Aujourd’hui, le meilleur ami de l’omme n’est plus le chien, mais son meilleur ennemi : la puce.

41.3.1
Bancaire, sanitaire-sécuritaire, codes d’accès divers…

41.4
La puce, qui fut le meilleur ennemi du meilleur ami de l’omme, est aujourd’hui le meilleur ami de
l’omme et, croyez-moi, elle le restera.

41.5
Le dernier meilleur ami de l’omme adorait se frotter à son enveloppe extérieure, lui lécher les
mains, câlin collant, la peau, l’ensemble de son sac.
Le meilleur ami dernier de l’omme aime lui aussi sa peau, il raffole de lui faire des trous
dedans (piqûres), voire de se glisser dessous, et d’y rester (implant).

41.6
Ils m’aiment tellement, ils m’ont eu, ils m’ont, ils m’auront dans la peau !

41.7
Ma compagnie, mon compagnon.

41.8
La puce sous-cutanée, de forme circulaire, est le meilleur meilleur ami de l’omme.

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Passez partout où vous devez passer
Sans avoir à mémoriser vos codes d’accès
Passez devant aux caisses du
Soyez superman à supermarché
Au cinéma, au boulot, au métro-dodo
Marchez sur autrui-inframan
Soyez fou, soyez happy few
Faites partie de l’élite numérique
Soyez passe-muraille
Soyez passe-partout double tour !

41.9
La multiplication des meilleurs meilleurs amis de l’omme permettra, permet maintenant à chacun
d’entre nous de bénéficier de l’implant d’une micro-boîte noire sous sa peau.
Maintenant.

41.9.1
Gentil petit disque dur sous mon écorce molle. Noir.

Hé, hé, hé !
On ne pourra plus m’arracher ma carte banquée
Ou alors faudra m’écorcher !
Un usagé

41.9.2
Dans ton cerveau.

41.10
Code génétique : base individuelle de données.
Code historique : l’histoire personnelle de chacun.

41.11
Mille milliards de petits risques sûrs de leurs écorces folles.
Noir.
(...)

41.18
Souhaitez-vous être traçabilisable ? Souhaitez-vous être labélisable ?
Avec joie.

VOTRE CODE D’ACCES :
376947583921153833945765342397959943126577
VOTRE CODE DE DECES : 0

41.19
Pour commodité de gestion, on confiera la gestion des boîtes à des boîtes de gestion, compagnies,
compagnons, elles-mêmes noires et privées.
(...)


© Jacques Rebotier, extrait de Description de l’omme, encyclopédie (Verticales)
Extrait publié dans tiers livre avec autres liens Rebotier.

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 13, 2009  03:30


La marche au blanc
J’aime la compacité des masses, de voix, ou d’instruments de même tessiture. L’Indien Neige est
en ce sens pour moi une continuation d’un travail sur les blocs, celui du Requiem par exemple,
avec ses sept voix et ses sept clarinettes.


Ici 32 cordes, et quelques autres, vocales. Les plus chauds des instruments, les cordes, le plus
chaud d’entre eux, le violoncelle. Et plus chaud que les plus chauds instruments : la voix. Au
coeur de cette extrême chaleur, réside pourtant une froideur extrême : celle du non-vibrato. Le
langage naturel de la voix de l’enfant. Qui parfois dans l’aigu soudain vous saisit, comme sait
aussi vous glacer l’aigu d’une harmonique, ou d’un accord d’harmoniques, des violoncelles.
L’Indien des neiges, ou pour moi “L’Indien Neige” – un indien nommé Neige – ; ou, plus loin
encore : “L’Indien neige”, – qui imposerait de penser ce court-circuit mental d’un indien qui
neigerait ! Une traversée, du personnel à l’ “impersonnel” au fond, qui est aussi l’itinéraire
même de notre méta-héros – un chanteur d’opéra héros d’un opéra pour enfants –, un ténor qui
détonne, apprenant à chanter juste, c’est-à-dire faux : initiation, ou éducation à rebours. Les
enfants, qui sont aussi des pingouins, les enfants blancs et froids sont les initiateurs, et
leurs voix non vibrées, parce que non placées, “déplacent” l’adulte, renverse d’un cri sa
perspective (de réussite sociale compulsive, quête infinie de pouvoir et d’argent, carrière), et
l’attire pas à pas vers le blanc. L’Indien Neige présente la face lisse d’une forme bien connue,
celle de l’opéra comique, avec son découpage ironique mais classique en récitatifs, airs (à
refrains, même), choeurs… Il obéit pourtant à une dramaturgie musicale lente et secrète, qui fait
l’œuvre glisser peu à peu ; dérive vers l’aigu, le froid, le blanc. De l’Ouverture de
violoncelles qui tentent de se prendre pour des contrebasses, en passant par les sables mouvants
des glissandos, qui réinitialisent en quelque sorte les fondements harmoniques utiles, aux
tissages d’harmoniques ascendants de l’Air de fin. Candidat au candide, le visage même du ténor
devient pâle, comme pâlissent les harmonies, instables, sur un tapis mouvant de tiers de tons.
Ténor finit en falsetto, s’évanouissant graduellement dans un aigu détimbré – dénudé de son
timbre –, voix blanchie, enfin blanche. Jacques Rebotier

jacques rebotier - compositeur

Né en 1950 à Paris, Jacques Rebotier a fait ses études musicales au Conservatoire National
Supérieur de Paris. Il enseigne l’écriture et l’*****yse musicale de 1974 à 1983 à la Sorbonne,
puis, de 1985 à 1989, est Inspecteur Principal de la musique au Ministère de la Culture. Il se
consacre exclusivement depuis 1989 à l’écriture et à la création. Sa sensibilité de compositeur
le porte vers une musique libre et expressive. Il s’intéresse particulièrement aux rapports de la
musique avec le texte, et pratique luimême la poésie orale. Ses oeuvres ont été jouées par des
ensembles tels que Aleph, 2E2M, l’Ensemble Intercontemporain, Ars Nova, Sillages, Accroche Note,
l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, l’Orchestre d’Ile-de- France, Courtcircuit, et par de
nombreux interprètes en France et dans le monde entier. Pages, qui l’a fait connaître, a été
créé en 1988 au Centre Pompidou par Michael Lonsdale et l’Ensemble2E2M. Son Requiem (1994), écrit
pour 7 voix, 7 clarinettes, 7 morts, accordéon, cymbalum, soprano solo et chœur d’enfants a été
donné à de nombreuses reprises sous la direction de Rachid Saphir, puis dans d’autres
productions. Trois tremblements (1995) pour accordéon a été créé par Pascal Contet et De rien
(1995) par l’ensemble Intercontemporain. Bonjour, pour petit choeur parlé-chanté, lui a été
commandé en 1995 par l’Institut Européen de chant choral au Luxembourg, Chants de ménage et
d’amour pour orchestre symphonique (1999) est une commande de Radio-France. Parmi ses oeuvres, on
peut encore citer Accidents de discours, Miserere, Soif d’aujourd’hui et D’ailleurs pour
clarinette, La musique adoucit les sons pour contrebassisterécitant, de nombreuses pièces voix
seules (La terre et son ombre, Todo bem, Litanie du Coup de la foudre, Litanie du désamour…), des
pièces pour ensemble vocal comme Keno-ko-an (1988) ou Tapez 1 (2005), et ses 66 Brèves pour 66
instrumentistes-récitants, qui déclinent les relations d’un instrument solo avec une diction
musicalisée portée par le musicien lui-même. Il a signé également plusieurs musiques de scène,
notamment pour Valère Novarina. Il est l’auteur et le metteur en scène de spectacles
théâtraux/musicaux tels que Aphorismes et périls, avec Michaël Lonsdale, La voix du tube, avec
Elise Caron et Pierre Charial, La musique adoucit les sons (Théâtre du Lierre, 1992), Réponse à
la question précédente (Théâtre de l’Athénée, 1993, Théâtre de la Bastille, 1998), Vengeance
tardive ( Théâtre National de Strasbourg, 1995 ), Quelques nouvelles du facteur (Quartz de Brest,
Festival Musica, Centre Pompidou, 1996), Eloge de l’ombre -de Tanizaki- (Théâtre des Amandiers de
Nanterre), (Voir plus haut) -cirque-théâtre -, Zoo-musique (38e Rugissants, Théâtre de Vitry
1999). Ecrivain, il a publié de nombreux textes aux Editions Brandes, Gallimard, Les Solitaires
intempestifs, Æncrages, Spectres familiers, Actes-Sud, Harpo &. Son travail de poésie orale, seul
ou en compagnie de musiciens (Elise Caron, Gérard Buquet, Louis Sclavis, Dominique Pifarely,
Alexandre Meyer, Frédéric Minière, Hélène Labarrière…) porte sur tous les aspects du phrasé, de
l’articulation, intonation, accentuation, rythme, et par là-même, rejoint son activité de
compositeur.
   
Discographie : L'INDIEN DES NEIGES -

PRESENTATION DE SON OPERA POUR JEUNE PUBLIC L'INDIEN DES NEIGES PUBLIE CHEZ SOUPIR!

Summertime
Suisse
Messages : 4692

Date du message : mars 13, 2009  10:28

JUBILATOIRE que la personnalité de Jacques Rebotier !
Epsi, merci de me l'avoir fait découvrir ici. Je n'ai pas encore eu le temps
de tout lire ce que tu as déposé de lui dans ce post,
mais je vais de toute manière me procurer un recueil de ses écrits
dans ma librairie...La "litanie du coup de la foudre" est un parcours
absolument jouissif !! "...Dès qu'il est apparu, tout de suite il m'a
sauté aux yeux et il m'a fait les poches". C'est d'un drôle...

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 15, 2009  03:14


Litanie : langue longue, se dit, et se redit elle-même. Sac et ressac des rues, scènes de
circulation, tours de piste, catalogues de poules, déballage de têtes, coups de la foudre et
autres désamours, oscillations diverses. Saluts. Chaque lundi, écrire litanie. Penser Whitman,
Notker le bègue, Rabelais le volubile, Hugo-plein-la-bouche. Livres d'heures. Chanter.
Litanique : idem langage, avec en sus, ce petit goût de naufrage sur le bout de la. Entre intime
et épopée, entre murmure et déclamé, ça mue, ça roule, ça rue, ça sasse et ça ressasse, ça nous
saoule et remue. Chaque matin, lire litanique, je veux dire : à voix dite, assez haute, et
entendue. Haleine longue, qui sur le métier, qui sur le souffle. Il est dangereux. Il est
dangereux de laisser son bras. Il est dangereux de laisser son bras dépasser, où ça ? Assez !
Déchanter.
[Jacques Rebotier, quatrième de couverture]

** *

Litanie du désir désiré

Ce que l’on désire on ne l’obtient pas
On ne peut obtenir ce que l’on désire
Ce que l’on désire pas on l’obtient
On l’obtient parce qu’on ne le désire pas
L’amour c’est quand ça laisse à désirer
Ce que l’on obtient on ne le désire plus
C’est ça qui laisse à désirer
Ce que l’on obtient on le désire plus
C’est notre ça qui nous laisse à nous nous désirer
On n’obtient pas ce que l’on obtient
(Laissez-nous...)



Litanies métonymiques

S’il vous plaît, pourriez-vous m’indiquer le siège ?
Où est le siège de la caisse, s’il vous plaît ?
Pourriez-vous m’indiquer le bureau du siège de la caisse ?
Au bureau, il y a un bureau
Dans le bureau, il y a un bureau
Où est le bureau du siège ?
Derrière le bureau il y a un siège
Où est le siège du bureau ?
A l’arrière du siège il y a un dossier
Devant le dossier il y a un dos
A l’avant du dos il y a un homme
Etes-vous donc venu au bureau de votre propre chef ?
Le reste d’un homme
Sur un coup de tête ?
Un homme moins son dos
De cœur ? De main ?
Un homme avec son dos de moins
De coude ?
Derrière, derrière, derrière...
S’il vous plaît, asseyons-nous là et causons
Derrière...
De quoi ? (ouvert toute éventualité)
A l’arrière du siège il y a un dossier je vous l’ai déjà dit
Sur mon bureau il y a un dossier
Votre dossier
De quoi ? (agressif-dissuasif)
Dans le dossier il y a une chemise
Cette chemise a un dos
Sur le dos il y a écrit un nom
Votre nom
Votre nom est écrit au dos
Dit l’homme
Votre chemise est inscrite sur votre dos
Dit l’homme
Sur mon dos j’ai mouillé votre chemise
Dit l’homme
Cet homme est Robert K.
Robert K. est son propre chef
Robert K. a son dossier dans son dos
Il est chef de bureau de siège de chemise de caisse
Chef buraliste, chef siégeur, chef caissier, chemisier, casseur.
Il est adossé au dossier et assis sur le siège, non
Il se lève
Il se penche en avant, Robert K.
Robert K. Robert K. Robert K.
Il enlève sa chemise, non-non
Il la pose sur la chaise
Il branle le chef (= il hoche la tête)
J’ai votre dossier sous le coude
Je m’appelle Robert
Je l’examinerai plus tard.



Rien à comprendre

"La vie c'est comme quand on comprend rien d'abord on comprend rien ensuite on comprend rien la
vie j'y comprends rien la mort j'y comprends rien l'amour j'y comprends rien Quand est-ce que tu
as commencé à y comprendre rien ? à rien n'y comprendre ? tout de suite."

Jacquers Rebotier .Litaniques

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 15, 2009  03:24


Jacques Rebotier / Litanie des certitudes

Rien n'est moins sûr que la certitude
Rien n'est pas moins sûr que l'absence de certitude
Rien n'est pas moins sûr que l'incertitude
L'absence est moins sûre que la certitude certitude
Rien n'est-il pas moins sûr que l'inincertitude ?
L'absence d'incertitude ?
Rien n'est moins sûr que l'absence
L'absence c'est la certitude
Rien est moins sûr que l'absence
L'absence est moins sûre que l'absence de certitude
Rien n'est moins sûr
Rien n'est sûr
La certitude n'est ni plus ni moins que l'incertitude l'incertitude
La certitude n'est rien moins que l'incertitude
L'inincertitude c'est l'absence de l'absence
Sur l'incertitude, rien à dire
Rien à penser
L'absence de certitude c'est la pensée à rien
Rien est sûr
La certitude ce n'est pas rien
La certitude c'est moins que rien
L'incertitude n'a peur de rien
La certitude a peur de Rien
L'incertitude c'est la certitude + rien
L'inincertitude c'est : plus rien
La certitude c'est la peur

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 15, 2009  03:26

Jacques Rebotier / Litanie de la résolution 34

La commission extraordinaire
réunie en session extraordinaire


guidée par les principes consacrés
consciente de la responsabilité
soucieuse de la nécessité d'appliquer

se déclarant atterrée
profondément préoccupée
consciente du grave danger
définitivement consternée

fermement résolue à exprimer sa résolution
à rappeler ses résolutions
affirmer sa résolution
faire part de sa répulsion

déterminée interminablement à tout mettre en oeuvre pour trouver une solution
prenant en outre acte de la déclaration du
note de l'engagement pris par
et saluant les efforts de

exige que 2
con*****e de manière absolue 3
con*****e sans la moindre ambiguité
exige également que 4 et 5
con*****ent dans les termes les plus énergiques
exige en outre que 7
demande expressément à 8
con*****e solennellement 9
demande fermement, à toutes les parties, 10, 11, et 12

13 affirme
14 rappelle
15 rappelle en outre
16 demande instamment
17 propose

18 propose également
19 prie
20 suggère
21 se déclare solidaire

22 prie aussi
23 assure de sa sympathie
24 envisage
25 évoque
26 diligente une enquête
27 prie
28 prie
29 prie
30 prie
31 prie
32 prie de plus, également, et enfin

33 déclare rester vigilante
34 décide de demeurer saisie de la question


Epsilon
Modérateur
France

Date du message : mars 15, 2009  03:27


11. Modes de vie. Vie sociale.

11.1.
Les ommes se divisent en pauvres et en riches. Les pauvres nourrissent les riches.

11.2.
Mouvements de opulation.
Les riches se déplacent vite. Les pauvres lentement.

11.3.
Autre observation.
Les riches se déplacent assez souvent pour leur plaisir. Les pauvres, pour leur malheur.

11.4.
On peut avancer l’équation :

plaisir *****XX malheur
=
vitesse *****XX lenteur

11.5.
Pauvres riches.

11.6.
Dans son immense folie, l’omme a eu la sagesse de concentrer toute la richesse au nord, c’est-à-
dire au haut de la boule numéro 2, sans quoi la boule basculerait sous le poids (du bien-être).
D’aucuns tiennent que le nord est en réalité en bas, et le sud en haut. Aussi les pauvres sont-
ils riches, et n’ont aucune raison de se plaindre.

11.7.
Les ommes tiennent leurs cartes dans le mauvais sens.

11.8.
Après leur mort, on suppose que les ommes ont une autre vie ( = une seconde chance). On suppose
encore que les pauvres alors deviennent riches, et les riches pauvres. Mais ce ne sont que des
suppositoires.

11.9.
Lorsqu’on montre à l’omme une carte dans le bon sens, il ne se retrouve plus.

11.10.
Le pli mauvais a été pris dès la première invention de la première carte.

11.11.
Lorsqu’on remet, remettra, les choses à l’endroit, on très bien voit que Le Nouveau York est côte
ouest, et Les Anges, à supposer qu’ils n’aient pas disparus, côte est.

11.12.
Ainsi, lorsque la France existe, ou exista (existera ? ), on a l’océan sur sa droite, Brest est à
l’est, la ville du Strass à main gauche, et la Corse en haut, comme il se doit.

11.13.
Aussi les Patagons et leur absence d’ours blancs vivent-ils au sommet, de la banquise, et du lobe
errestre, pour l’éternité.

11.14.
Mais combien habitent la boule numéro 2 ? Autant qu’il en loge dans la boule numéro 1: en an
2000, il y a, il y avait, il y aura six milliards d’habitants sur la erre, et autant de neurones
dans votre pot.

11.15.
Autant que de globules rouges dans un des centimètres cubes de votre sang.

11.16.
En an 2000, il reste, a resté, ne restera pas plus d’environ 500 lions et 3. 000 hippopotames.

11.17.
Il y a sur l’erre 5, 5 milliards d’erriens dans le besoin, et 500 millions hors de besoin. Le
nombre cinq est la figure la plus aboutie de l’injustice.

11.18.
De l’erreur, des erreurs (cinq cent millions).
Il y a autant de riches sur erre que de spermatozoïdes dans une émission de foutre (jaculat). De
riche.

11.19.
Pour ramener ces chiffres mauvais à la raison trois, il suffit de changer:

11.19.1.
le moment (attendre).

11.19.2.
le nombre (voir massacre).

11.19.3.
le mode de comptage.

11.20.
Pour modifier le mode de comptage, il suffit de changer d’unité. Ainsi, par le simple fait
d’adopter une nouvelle équivalence : 1 errant = 1, 833333 habitant(s ?), les 5,5 milliards
d’erriens deviennent 3 milliards d’errants.
Et les 500 millions de riches, 272 millions 727272 erreurs.

11.21.
Avantage : la diminution de l’errienne population.

11.22.
L’opulation des riches n’a pas cessé de vivre dans l’opulence.

11.23.
L’erre est errible, erratique, errifiante, errifique.

Jacques Rebotier / description de l'omme / chapitre 11 (inédit)

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : juillet 24, 2009  04:57

Fatrasie

AABAAB, BABAB

J'étais en peignoir
Fonction lustratoire
Je tourne la tête
C'était sans le vouloir
Je croise un miroir :
Voilà, c'est ma fête
Alors c'est ça, un poète !
Vous préférez pas savoir ?
Arrêtez les bêtes enquêtes !
Sortez pas de la baignoire !
Vivez-vous à la sauvette !


Jacques Rebotier

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : février 9, 2010  04:53



Description de l'omme de Jacques Rebotier

Paru le : 30 Octobre 2008


Extrait :

1 CORPS. SAC, POT, MEMBRES. OUVERTURES. CONSISTANCE, ODEURS, GOUTS,
COULEURS.
1.1 L’omme est un animal constitué d’un gros sac, surmonté d’une boule, appelée pot.
Des coins du sac sortent des excroissances allongées, quatre, qui pendent
généralement vers le bas.
1.2 Dans le sac est enroulé un tuyau, que l’omme utilise pour badigeonner le monde de
diverses matières verbales et fécales.
1.3 Le pot est pourvu d’ouvertures, marchant par paires, 2 + 2 + 2, plus une = 7.
L’ouverture solitaire est située en bas du pot. Elle est appelée “louche”, ou “trou-du-pot”.
1.4 Observation.
Le sac et le pot peuvent ne peuvent pas être séparés.
1.5 Consistance.
Le sac est mou-mou, le pot est dur-dur.
1.5.1 Le fond du sac est pourvu d’un trou, ce qui permet de le vider.
1.6 Les quatre excroissances allongées sont prolongées d’autres excroissances
allongées, mais plus petites, au nombre de cinq. Qui font 20. Vingt.
1.7 Précisions consistance.
Le sac est majoritairement mou, mais dur en certaines parties. A l’inverse le pot est
majoritairement dur, mou en certaines parties. Dont acte.

Jacques Rebotier




-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : aout 30, 2010  12:16


Jardins de Barbirey-sur-Ouche (Côte d'or), 27 et 28 août 22h00


"Pourtant j’aimais bien la nuit…
J’aimais bien les lucioles. Nuit noire, petites étoiles traçantes, les vols nuptiaux des lucioles…
J’ai éclairé tout ça. Passer leurs nuits à forniquer dans l’obscurité immense des backrooms !
Tiens : mirador, lumière, partout, full ! On les paye quand même pas pour se payer toute la nuit
des partouses géantes, non !? J’ai su arrêter ça.
Maintenant elles se cherchent, mais elles ont arrêté de se trouver, les lucioles. Les lucioles sont
en voie d’extinction, parce que j’ai éclairé ! Et voilà le travail.
Elles ont qu’à s’adapter. Elles sont pas très flexibles, je trouve, les lucioles, c’est tous des
assistés. Les lucioles servent à rien, les lucioles foutent rien, les lucioles sont des planquées, elles
pensent rien qu’à baiser, elles pensent qu’à bouffer.
Vers luisants, pareil.
Ils comptent un peu trop sur l’univers-providence, je dis. Les lucioles et les vers luisants, c’est pas
des gagnants."


Jacques Rebotier, Contre les bêtes, extrait (Ed. Harpo &)

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : janvier 16, 2012  03:50

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