|
Epsilon 
Modérateur
France 
|
Date du message :
janvier 19, 2012 11:50
|

c’est trop vioque dans le phrasé presque édulcoré emmitouflé comme autour des couilles une belle paire de parenthèses
avec quels vocables frimer qu’il faut le dire de toute urgence qu’atteindre ce niveau et ne rien établir d’autre que dans la définition du définitif
certains ont des mots plein les fouilles qui sempiternellent la façon et c’est bien mis d’entre eux que le verbe bien ajusté c’est essentiel puisqu’il existe une règle à respecter
la poésie a ses ourses c’est pourquoi la plupart des poètes écrivent avec un tampax
j’ai pas mal d’écume dans le cigare c’est pas normal d’où les mots qui gerbent parfois ça peut se comprendre lorsque le temps est dur plutôt qu’aligner des mots qui mollusquent tellement souvent j’ai quelques écarts de langage comme de cracher au vent c’est un peu bravache mais tellement lénifiant
et puis par bribes de lancinances ébahi dans la tourmente comme une chanson d’abysses qui rôde autour de moi
c’est trop grand trop important toute cette flotte
j’arrive pas à toujours raidir de mon ventre c’est épuisant
j’arrive jamais à balancer toutes mes fusées dans le bon ordre
j’arrive pas à pinailler ma vie comme je le devrais c’est con trop entier
avec cette montée de moi qui remonte encore plus comme mortalité presque futuriste pour le causer m’établir fixe rêve calibré à outrance comme dans les revues
« j’arrive » disait Brel
aussi vioque dans ma peau que sous les lèvres sensuelles des sangsues c’est bandant de sentir et savoir toute cette ferveur amoureuse autour du gland mais ça ne lessive que la chair et la chair c’est tellement triste après quand le cerveau reprend son lest
c’est peut-être mal aussi que de fournir à la postérité de tels états d’esprit avec tous ces gravats dans l’âme c’est presque pardonnable cependant mal jugé qu’il faut être louffe pour insister qui persiste et vit malgré ce qu’ils en pensent
faudrait pourtant pas croire qu’il suffit de dire certaines choses pour faire preuve du plus parfait équilibre
comme dans la force des mots qu’il y a tellement de nébuleux qui fait naître la nausée
Alain JÉGOU 
échec sur toute la ligne pour les poètes visionnaires les aventuriers déjantés les jouisseurs effrénés peu soucieux de s’éterniser une fois la date de péremption du produit perso outrepassée la vie plombée recta le rêve écrabouillé le délire hors-la-loi plus qu’une obsession dans le crâne collectif prendre bien soin de son corps museler toutes ses envies et fantasmes débraillés pour battre tous les records de plate longévité ramer morfler suer se punir pour décrocher le bonheur de vioquir cuisses fermes et ventre plat toutes fuites maitrisées et pattes d’oie colmatées zombis légumes gâteux cadavéreux mais survivants agrippés à toutes forces ultimes contre vents et diarrhées au chiche plaisir d’être là et d’étaler leurs carnes en frimant du clapier démodés répudiés les destins fulgurants fichés fichus les allumés karchérisés les renégats excommuniés les révoltés écartés diabolisés entaulés les clopeurs les picoleurs les baiseurs les viveurs jogging aérobic roller bouffe light et WeightWatchers’ hygiène de vie salubrité mentale indispensables pour palier aux carences et dégradations booster ses miches et brider ses pulsions pour résister au temps
(Extraits De Alain Jégou (extrait de T-B 22) de CASH, aux éditions l’Autre rive, collection la Frange Atlantique), livre disponible chez l’auteur pour 16,30 €, 33 bld de l’Océan, Le Fort-Bloqué 56270 PLOEMEUR (chèque à l’ordre de L’Autre Rive)

Alain Jégou est un poète français né le 7 octobre 1948 à Larmor-Plage dans le Morbihan en Bretagne. Ancien marin pêcheur à Lorient, il traquait autant les poissons que les mots. Proche des poètes de la Beat Generation et des Amérindiens, sa poésie fleure les vents du large et les chairs salées des territoires affranchis. Alain Jégou a obtenu le Prix Livre et Mer Henri Quéffelec 2008 au festival Livre et Mer de Concarneau, pour Passe Ouest et Ikaria LO 686070, publiés aux Éditions Apogée. Alain Jégou est également lauréat du Prix Xavier Grall 2008 pour cet ouvrage.
|
|
Epsilon 
Modérateur
France 
|
Date du message :
février 22, 2009 10:42
|
Plus que nos dents pour pleurer
L'océan déprime sous les nuages grossiers qui lui masquent l'empyrée flaque flasque ondulante geignant à l'aveuglette dans le silence ouaté
ça fait un bruit étrange dans les esgourdes des anges mélopée branque qu'ils perçoivent plus que niquedouille que des froufrous de lune dans le boxon lacté
les chicots d'ombre mordent dans le cul de la nuit et nous qui n'avons que nos dents pour pleurer à quel cul bienveillant pourrions-nous les montrer
Alain Jégou . Cash suivi de Dérives et Ombres furtives . L'Autre Rive, 2007
********
Tempête de sensualité
au hasard un corps où poser les doigts parcelle de chair accidentellement dénudée dérobée à la chaleur du chandail ouvrir grands ses yeux et chalouper du regard sur l'onde frissonnante béatement recevoir sans hâte cette ovation de peau et en faire un souvenir inoubliable
Alain Jégou, Couleurs d'étreintes.(chez l'auteur, 1991)
|
|
Yannaelle 
France
Messages : 1724
|
Date du message :
février 24, 2009 15:33
|
La mer et lui ne font qu'un........Un univers que je découvre ici.... Merci Epsilon pour cette nouvelle fenêtre ouverte.... 
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Des mots Seulement des mots Pour contrer les courants Les assauts ravageurs Du flot intransigeant Des mots et des phrases Venus d'ailleurs Ourdis par d'autres coeurs Soufflés par d'autres lèvres Quelques poèmes pirates Affalés en sourdine Sur l'huis clos des tympans Ressassés à pleines paumes Lors des quarts solitaires Les heures lentes empêtrées Dans les bourrasques obscènes Morsures des ciels de traîne Dans le charnu confus Des fureurs besogneuses
Trop éprouvé Ereinté Abattu Pour se défendre Se colleter avec le flux Des hordes exaspérantes Esprit lardé Dérivant solitaire Au coeur des dépressions Et convulsions démentes Minus sursaut de flamme Chahuté par les vents Et cadences hystériques Le souffle grégaire Des foules en mouvement Houles et furies Déferlements de rage Dans la cinoque Réalité des espaces méprisants
Oeil pour oeil Haine pour haine Vieux relents obsédants Qui tiennent bon la marée Et participent fringants Aux défoulements des temps
Alain Jégou Extraits de "Juste de passage" 2005, Citadel Road Editions
*Ce message a été édité le 24-Feb-2009 3:36 PM par Yannaelle*
|
|
Epsilon 
Modérateur
France 
|
Date du message :
mars 2, 2009 07:34
|
Dans le creux de ses reins brûle le feu sacré de l'univers L'hystérie fauve et les émois feutrés de la nature changeante Le chant de l'océan et la rumeur des vents Le bruissement des forêts et la paix des déserts Cargués accros à son arche amazone Rutilants d'aise vers les rives vanillées et les moiteurs exquises Toutes fièvres effrontéeq des désirs en partance Tous les points cardinaux et lignes imaginaires Tatoués sur son envers au relief muscadin La fascinante beauté des hémisphères et le ton anodin Des étendues marines aux sautes d'humeur sagouines En son aval lustré par l'afflux des marées Somnolent les boussoles sextants et autres instruments Qui font bouger les hommes et changer leur destin
Alain Jégou
|
|
-grimalkin- 
Admin famille
France 
|
Date du message :
juin 26, 2009 04:51
|
Eclaircie soulèvement des effluves marines déchirure d'un couchant de granit les ports aversent des brumes bleutées opaque des gencives sous l'étreinte d'alcool ça sirupe de boucaille dans les regards immobiles ça détrône du vif dans l'irrespirable de psaumes à dégrossir des furies de houle des écarts de vents sous les lambeaux d'un ciel d'angoisse les pétales de lune voisinent avec les voiles dans les torpeurs de calmes plats où faseyent les coeurs où murmurent les grèves dénudées les feux du large clignotent comme ceux d'un claque bondé coeur embrumé qui en partance sous la gîte du crâne s'estompe dans l'espace mauve du couchant lui reviennent litanies parcelles d'attouchements étreintes au ventre d'une poulie coupée les images frisées dégoulinent en plein silence des nuages courent sur la mélasse du crâne un grain creuse dans la nuit une douce hemorragie sous le scalp des vents portants de suroît soudaine réalité de trime fièvre la mer querelle les étoiles l'urine fraîche des vagues lessive la douleur du partir brûlure enfouie sous la poudre d'écume il reste de l'exil à parfaire le sillage les geste de survie sont minoritaires
Alain Jegou (De l'errance ordinaire 1979)
*Ce message a été édité le 26-Jun-2009 4:58 AM par -grimalkin-*
|
|
-grimalkin- 
Admin famille
France 
|
Date du message :
juin 26, 2009 04:57
|
Un chrysanthème dans le pif A Claude Pélieu et Mary Beach
Aujourd'hui le ciel de Bretagne à le sourire qui fuit Mélanco naze flottant sur la houle des clavaires Marée bigote lécheuse de traditions Le pays a le chrysanthème louche Foi de convenances et recueillements chroniques D'Amérique les mots que je relie ont meilleure attitude Et la saine amplitude des raz-de-marée impies Illuminations verbales loin la boucaille d'ici Qui embourbe tragiquement l'espace et les esprits Quelques pincées de vie soigneusement enveloppées Arrimées aux clameurs de tripes et sentiments Quelques tons survivants superbement poignants Rétifs à toutes niaiseries et convenances à la con Quelques tons survivants superbement poignants Renouer avec l'ampleur des envolées sublimes Recouvrer l'énervance et les envies qui priment En ce jour gris et glauque de tapineuse langueur et Pieuse hypocrisie Les vents chagrins de suet déballent leur attirail Susurrent leur mélopée à nos souilles méningées Morbides et suicidaires en l'affligeante ambiance Ces vents sont si troublants et fourbes et angoissants Ceux qui ouvrent la voie aux plus fortes dépressions Ravageuses émérites et naufrageuses notoires Cartes postales-collages-poèmes comme poignées de coeur Pour conjurer le sort et son mauvais lagad Contrecarrer le flux de céleste nausée Percer la sale couche de nuages effrontés Moucher les hargnes et frimes tempétueuses Redonner vie à toutes les humeurs et chaleurs baladeuses
Alain Jégou
|
|
Celyes 
Modérateur
France
|
Date du message :
juin 26, 2009 18:10
|
Un extrait de "Juste de passage" Alain Jégou
Des mots
Seulement des mots Pour contrer les courants Les assauts ravageurs Du flot intransigeant Des mots et des phrases Venus d'ailleurs Ourdis par d'autres coeurs Soufflés par d'autres lèvres Quelques poèmes pirates Affalés en sourdine Sur l'huis clos des tympans Ressassés à pleines paumes Lors des quarts solitaires Les heures lentes empêtrées Dans les bourrasques obscènes Morsures des ciels de traîne Dans le charnu confus Des fureurs besogneuses
Trop éprouvé Ereinté Abattu Pour se défendre Se colleter avec le flux Des hordes exaspérantes Esprit lardé Dérivant solitaire Au coeur des dépressions Et convulsions démentes Minus sursaut de flamme Chahuté par les vents Et cadences hystériques Le souffle grégaire Des foules en mouvement Houles et furies Déferlements de rage Dans la cinoque Réalité des espaces méprisants
Oeil pour oeil Haine pour haine Vieux relents obsédants Qui tiennent bon la marée Et participent fringants Aux défoulements des temps
2005, Citadel Road Editions
|
|
Celyes 
Modérateur
France
|
Date du message :
juin 27, 2009 02:17
|
PROSODIE LOUCHE
Gestes obscurs Déplacés Dans les vapes de peaux Et les parfums diffus Paumes tristes Et paupières lâches Caresses distraites Lèvres flapies Endormies à l'orée De l'évasé pourpre Souffle incarné Dans l'enclave chiffonnée Fait doucement sourdre Bruire Quelques gouttes égarées Dans la clarté chenue De friche vaporeuse Espace endolori Chamboulé meurtri Où chaque pore se mérite Chaque frémissement Se vit sans mesquinerie
Alain JEGOU
Korn Loc'h est extrait de Ikaria LO686070 de Alain JEGOU aux éditions Blanc Silex
|
|
-grimalkin- 
Admin famille
France 
|
Date du message :
février 7, 2010 12:22
|
Totems d'ailleurs à Belle-île à Georges Le Bayon
Un ciel nous enlumine dans la tiédeur d'un matin d'été. les mots sont simples qui dévalent, se dévoilent ou s'écoulent avec fièvre et ferveur des reflets, des tein- tes, des paysages, qui nous environnent.
D'une île qu'il nous est permis d'étrein- dre, pleurèquent les champs et nostalgient des senteurs trop vite évaporées, enfuies, enfouies, dans les vapeurs d'échappe- ments qui meurent nos saisons froides.
Des espaces où nous fûmes qu'il nous est permis de caresser encore et encore du regard et de l'espoir.
Les sens s'ébouriffent et l'imaginaire adhère au rituel d'un spectacle d'une gran- diose simplicité, au délit de vie paisible, au défi de lumière qui s'offre, au délire d'une nature seconde microcosme de sa création et de sa créativité latente. ....
Alain Jégou
|
|
-grimalkin- 
Admin famille
France 
|
Date du message :
aout 30, 2010 12:27
|
Passe Ouest A chacun sa zone d'ombre. A chacun sa dose de silen- ces, de reserve et de repli, son lot de sentiments troublants ou accablants, son jardin ou son cloaque secret. A chacu, son Eden ou son Enfer, son univers de mots, d'images et de pensées sauvages. A chacun ses mrsures, morflures et éraflures. A chacun ses pulsions, passions et vibrations. A chacun sa déprime ou son fantasque élan. ... Une ondée martèle l'océan, aussi bruyante, intempestive que les semelles ferrées d'un canasson égaré sur le zinc d'un bistringue au décor suranné. Les gouttes, lourdes et rondouillardes, explosent au contact de l'onde et giclent en milliers de bulles cristallines sur le miroir figé. Certaines s'éclatent, dégoulinent sur nos visages, puis s'immiscent lascives dans nos cols pour s'aller réfugier loin entre la peau et la toile rêche des cirés. ... Alain jégou
(facile de trouver des poèmes quand il s'agit d'un grand poète, j'espère que vous aimerez ô public inconnu...)
|